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[Rimbaud, Arthur]

[Fragment de la couverture rapportée d’Éthiopie par Rimbaud.
Pièce en tissu de laines de trois couleurs].

A VERY MOVING RELIC OF RIMBAUD’S PAST IN ETHIOPIA: A FRAGMENT OF THE BLANKET FROM ABYSSINIA HE USED ON HIS DEATH BED IN MARSEILLES.
Estimate
10,00015,000
LOT SOLD. 24,000 EUR
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[Rimbaud, Arthur]

[Fragment de la couverture rapportée d’Éthiopie par Rimbaud.
Pièce en tissu de laines de trois couleurs].

A VERY MOVING RELIC OF RIMBAUD’S PAST IN ETHIOPIA: A FRAGMENT OF THE BLANKET FROM ABYSSINIA HE USED ON HIS DEATH BED IN MARSEILLES.
Estimate
10,00015,000
LOT SOLD. 24,000 EUR
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Details & Cataloguing

100 Books, Manuscripts, Documents and Objects from the Pierre Leroy Collection

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Paris

[Rimbaud, Arthur]

[Fragment de la couverture rapportée d’Éthiopie par Rimbaud.
Pièce en tissu de laines de trois couleurs].

A VERY MOVING RELIC OF RIMBAUD’S PAST IN ETHIOPIA: A FRAGMENT OF THE BLANKET FROM ABYSSINIA HE USED ON HIS DEATH BED IN MARSEILLES.
Dimensions du fragment : 340 x 230 mm, sous plaque de verre moderne.
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Provenance

Isabelle Rimbaud.--Paterne Berrichon.--Marie Dufour.--Henri Matarasso.--Jean Loize. 

Exhibited

Présentée à l'exposition du Centenaire, également avec la malle et les livres, à la Bibliothèque nationale, Paris, 1954, sous le n° 440.

Literature

- Paris Match n° 277 du 17 juillet 1954, en illustration d'un article de 8 pages consacré à Rimbaud par Georges Reyer, à l'occasion de l'inauguration du Musée Arthur Rimbaud de Charleville, annoncée pour le 17 octobre. La couverture y est photographiée en couleurs avec la malle et les livres.
- Arthur Rimbaud par Frédéric Musso, collection "Les Géants", Edition Pierre Charon 1972 (en couleurs). - Passion Rimbaud - L'Album d'une vie par Claude Jeancolas, Ed. Textuel, 1998 (le fragment lui-même, en noir et blanc). - Arthur Rimbaud, par Jean-Jacques Lefrère, Fayard , 2001 (reproduit en couleurs sur la couverture de l'ouvrage).

Catalogue Note

En 1938, Madame Veuve Marie Dufour, née Marie Saulnier, seconde femme de Pierre Dufour alias Paterne Berrichon, - qui, décédé en 1922, avait épousé en premières noces en 1897, Isabelle, soeur d'Arthur Rimbaud, décédée en 1917 -, décida de vendre la valise ayant appartenu au poète, et qui contenait tout ce que la famille avait gardé de lui. Madame Dufour, ancienne femme de chambre d'Isabelle avait auparavant gagné une bataille juridique au sujet de l'héritage de Rimbaud, au terme d'un procès intenté par Mmes Emile Tessier et Nelly Lecourt, filles du frère de Rimbaud, Frédéric, dont le jugement indiquait : « Attendu que jamais la dame Rimbaud mère, pas plus que Frédéric Rimbaud, ne se sont immiscés dans la succession de leur fils et frère et n'ont, de leur vivant, réclamé quoi que ce soit ... [le Tribunal] ... condamne les deux demanderesses aux dépens » (Jugement du Tribunal Civil de la Seine en date du 22 février 1930). Dans la valise en question, vendue au libraire rimbaldophile Henri Matarasso – « sans l'ouvrir » dit la légende – figuraient de nombreux documents et correspondances de Rimbaud et reçues par lui mais aussi par Paterne et Isabelle, le journal intime de Vitalie, la sœur aînée décédée à l'âge de dix-sept ans, des livres ayant appartenu à Rimbaud, ainsi que la couverture qu'il avait avec lui à son retour d'Abyssinie.

« Il est difficile de décrire l'émotion ressentie en ouvrant cette valise vieille d'un demi siècle... la valise même qui avait accompagné Rimbaud dans ses voyages aventureux sur les côtes de la Mer Rouge et sur les plateaux éthiopiens », indiquera Enid Starkie, biographe de Rimbaud, à la disposition de laquelle Henri Matarasso avait tout de suite mis les éléments recueillis (Arthur Rimbaud, par Enid Starkie, Londres, Faber and Faber, 1938, réédité en 1947 et 1961. Traduction française par Alain Borer, Flammarion, 1982, rééditée en 1989 et 1991). Ces trouvailles lui permirent, de son côté, de publier avec Henri Bouillanne de Lacoste, en 1939, une étude intitulée « Nouveaux documents sur Rimbaud » (Mercure de France, 15 mai). Il sera, plus tard, avec Pierre Petitfils l'auteur d'une biographie de Rimbaud (Hachette, 1962), ainsi que de l'Album Rimbaud de la Pléiade (Gallimard, 1967).

De la valise et d'éléments importants de son contenu, Henri Matarasso prit l'initiative de faire une donation officielle qui permit, en 1954, de donner naissance au Musée Arthur Rimbaud de Charleville. La couverture faisait partie de ce don, mais il en avait, plusieurs années auparavant, prélevé un morceau - le nôtre - pour le transmettre à son confrère et ami Jean Loize, libraire parisien installé rue Bonaparte, et connu pour les expositions d'écrivains qu'il organisa dans les années 40 et 50. Jean Loize, dans une note qu'il a laissée avec le fragment de la couverture, indique : « ... dans la fameuse valise, cédée sans l'ouvrir à Matarasso par la veuve Dufour-Berrichon (remplaçante d'Isabelle Rimbaud), il y avait, entre autres « trésors » ceci, ramené d'Abyssinie par Rimbaud. Avec quelques photos et dessins, un bon morceau m'en fut cédé. Le reste est au Musée de Charleville avec d'autres dons futurs. Jean Loize ». A la date du 7 avril 1942, Paul Léautaud, dans son Journal, note : « Déjeuné chez Loize, chez lui, rue de Sèvres. Sa femme, sa mère à lui, et leur fils, à Paris, pour les vacances de Pâques. Un joli appartement. De jolis meubles anglais du XVIIIe. Des livres. Des tableaux peints par Mme Loize. Quel taudis me paraît mon domicile quand je vois ces intérieurs ! Un morceau d'étoffe provenant de Rimbaud à son retour d'Abyssinie. Un portrait de lui au crayon par sa sœur à ce moment, vrai visage de moribond. » (Mercure de France, tome III, p. 553).

La succession Jean Loize fut vendue aux enchères, à Marseille, le 14 décembre 1986. Le fragment d'étoffe, dont la photographie illustre la couverture du catalogue, est présenté sous le n° 48, parmi divers souvenirs littéraires, avec ce commentaire de l'expert Robert Michel : « L'étoffe complète d'où avait été détaché ce fragment, est maintenant au Musée de Charleville. Rimbaud s'en couvrait dans son lit d'hôpital à Marseille. Elle se trouvait dans la fameuse valise (aussi au Musée de Charleville) cédée sans l'ouvrir (vers 1940) au libraire Matarasso par la veuve Dufour-Berrichon. »

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