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Lettre autographe signée à Tourgueniev avec un poème [vers 1883]. Avec 5 lettres au critique italien Vittorio Pica et une lettre à Lucie Le Poittevin.
No reserve
Lot Closed
June 27, 12:39 PM GMT
Estimate
2,000 - 3,000 EUR
Lot Details
Description
Maupassant, Guy de
7 lettres autographes signées : à Ivan Tourgueniev (1), au critique italien Vittorio Pica (5) et à Lucie Le Poittevin (1).
[1883 ?], Cannes ou Etretat, 1884-1887.
[1]. À Tourgueniev, avec un poème autographe. [Vers 1883 ?]. 2 pages grand in-8 (232 x 182 mm).
Belle lettre à celui qui, comme Flaubert, fut son mentor.
Maupassant répond à une curieuse "commande" de son maître et ami : "J’ai eu grand peine à venir à bout de votre affaire, les poëtes de ma connaissance n’ayant rien voulu exécuter sur un sujet donné". Souffrant des yeux, il n’a pu écrire qu’avec difficulté les quelques vers qu’il lui envoie : "je me hâterai de terminer la chose si vous trouvez ce début dans le ton et dans la forme qu’il vous faut".
Suivent une quarantaine de vers, dont deux avec corrections, évoquant une ondine troublée par la vision d’un couple d’amoureux :
"La nappe des mers tout à coup frissonne
Et la jeune Ondine émergeant des eaux
Regarde au rivage et ne voit personne
Ni sur le côteau ni dans les roseaux.
Sur le sable d’or, blonde et toute nue
Elle va traînant son corps souple et lent"…
Puis, dans la marge : "Je terminerai en 8 vers ? Je vous serre bien cordialement les deux mains. Et votre opération ?"
Maupassant fait probablement ici allusion à l’opération que Tourgueniev dut subir en janvier 1883 et qui révéla la présence d'une tumeur qui allait causer sa mort le 3 septembre 1883.
[2]. 5 lettres au critique et journaliste italien Vittorio Pica. 6 pages 1/2 in-12 (formats divers), 4 enveloppes à l’adresse napolitaine de Pica conservées.
Il le remercie pour différents articles, dont un paru dans Fantasio. Il lui annonce l’envoi des Contes de la bécasse, de Miss Harriet, de Clair de Lune – lorsque ce recueil sera réédité – ou encore d’Yvette et de Mont-Oriol.
En mars 1885, il a l’intention de venir lui serrer la main à Naples, avant de se rendre en Sicile.
En 1887, il se plaint de ses yeux malades, n’ayant pas pu lire ni se faire lire les articles de son correspondant : "on ne me montre que la moitié des choses".
Sur Vittorio Pica, voir infra.
[3]. À Lucie Le Poittevin. [Antibes ou Cannes, fin 1886]. 2 pages in-12, sur un bifeuillet à son chiffre et à en-tête Yacht Bel-Ami.
Plaisante lettre à l'épouse de son cousin et ami Louis Le Poittevin, le fils d'un des plus proches amis rouennais de Flaubert. Maupassant donne quelques instructions concernant la construction d’une serre [à La Neuville-Chant-d'Oisel] et d’un treillage en cas de neige. Il annonce l’envoi d’une caisse contenant divers objets pour elle et pour lui-même. "Je navigue beaucoup, je fais de l’escrime avec rage, je marche, je me livre donc à tous les exercices, sauf à… l’affection. Mais je m’en passe. [...] Je vous embrasse, à la barbe de Louis, dont je serre la main". Il signe "Guy dit Capitaine Tellier ; cmt le Bel-Ami".
Lettre à Tourgueniev : Collection Viardot (timbre humide).
À propos de Vittorio Pica
Critique littéraire francophile, Vittorio Pica (1864-1930) est le principal défenseur du symbolisme français en Italie. En 1882, à l’âge de 18 ans, il publie un essai sur les frères Goncourt, ce qui lui vaut une certaine reconnaissance en France. Edmond de Goncourt l’introduit auprès d’Édouard Dujardin et de Félix Fénéon grâce auxquels il collabore à La Revue indépendante.
Il contribue à faire connaitre Verlaine et Rimbaud en Italie, entretient une importante correspondance notamment avec Huysmans (lot 34), Maupassant (lot 38), Monet (lot 43), Rodin (lot 47), ou Mallarmé (lot 35), assistant à quelques Mardis en 1886 et consacrant au poète un important article, traduit en français dans La Revue indépendante.
Également critique d’art, il est un des co-fondateurs de la Biennale de Venise. Collaborateur régulier de la revue italienne Emporium, il est
l’auteur de nombreuses monographies sur les artistes de son temps.
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