
Le Mythe de Sisyphe. Gallimard. 1953. Exemplaire sous cartonnage de Mario Prassinos, avec un envoi à René Char.
Lot Closed
June 27, 01:09 PM GMT
Estimate
4,000 - 6,000 EUR
Lot Details
Description
Camus, Albert
Le Mythe de Sisyphe.
Paris, NrF, Gallimard, 1953.
In-12 (175 x 115 mm). Cartonnage de l’éditeur d'après la maquette de Mario Prassinos.
Char et Camus une amitié sans faille.
Exemplaire de René Char avec envoi.
Nouvelle édition augmentée d’une étude sur Franz Kafka.
Exemplaire sur vélin labeur des Papeteries Navarre de Voiron (n° 1021).
Envoi autographe signé, à l’encre noire, au faux-titre :
"Pour vous, cher René
cette petite porte que j’ai
essayé de tailler vers des
domaines alors inconnus, pour moi,
et où je sais maintenant que
vous vous trouviez, pour ma joie
et mon courage,
de tout cœur
A.C."
René Char (envoi).
"Dès la lecture de Feuillets d'Hypnos [...], l'admiration d'Albert Camus pour René Char est constante. Chaque nouveau recueil la confirme ou la renforce. Au moment de la remise du prix Nobel, en décembre 1957 à Stockholm, c'est de son ami qu'il parle spontanément, de Char, qu'il considère comme le plus grand poète français depuis Apollinaire. Dans cette relation, l'attachement de Camus pour le Vaucluse, où il souhaita très vite acquérir une maison, les étés passés à Palerme près de L'Isle, ses liens avec les Mathieu, facilitèrent les échanges. Comme l'a noté Char, 'c'était certainement une chance que nous nous soyons approchés l'un de l'autre, puis affectionnés dans les meilleures conditions, celles où la lenteur heureuse est promesse de durée, où la connaissance de soi se fait à l'insu de chacun'. Plus tard, Camus eut un logement au 4 rue de Chanaleilles, dans le même immeuble que son ami. [...] Outre Feuillets d'Hypnos, Camus a soutenu Char en publiant dans la collection qu'il dirigeait Lettera amorosa, puis Recherche de la base et du sommet, en encourageant son ami dans des lettres chaleureuses, en présentant ses poèmes à la radio dès 1949, en lui dédiant, en 1950, Actuelles I, en donnant sur l'homme et sur son œuvre, en 1953, un texte limpide, illuminé d'amitié.
Leurs échanges, le soutien du poète, furent d'une importance toute particulière pour Camus lors de l'écriture de L'Homme révolté, longue épreuve solitaire, prolongée après la publication du livre par un affrontement avec Les Temps modernes, où il se trouva, une fois de plus, isolé. Char fut à ses côtés, mais en privé, ne polémiquant dans la presse que sur des points secondaires. Leur communauté de vue ne suscita du vivant de son ami qu'un court billet dans Le Figaro littéraire au moment du prix Nobel. Deux autres textes, postérieurs à la mort de Camus, ne disent mot de son œuvre. Alors qu'il s'était même engagé à préfacer le volume Théâtre, récits, nouvelles dans la 'Bibliothèque de la Pléiade', Char y renonça en mai 1962, expliquant à Gaston Gallimard que 'l'affection fraternelle' qu'il éprouvait pour Camus faisait encore écran à ses 'possibilités de libre jugement touchant son œuvre grand ouverte'." (Antoine Coron).
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