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Du XVe au XIXe siècle ─ Lots 1 à 49
Deux lettres autographes signées à l'avocat Adolphe Crémieux. Hauteville House, 29 janvier 1857 et 28 juin [1867]. Belles lettres d'exil.
No reserve
Lot Closed
December 18, 01:47 PM GMT
Estimate
1,500 - 2,000 EUR
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Description
Hugo, Victor
2 lettres autographes signées à Adolphe Crémieux.
Hauteville House, 29 janvier 1857 et 28 juin [1867].
2 pages in-8 chacune (210 x 137 et 181 x 113 mm) sur des bifeuillets, souscription au verso avec la signature de Hugo répétée pour la première lettre.
Deux très belles lettres à son ami, avocat et orateur.
29 janvier 1857. À propos des représentations de l’opéra de Verdi, Rigoletto (d’après Le Roi s’amuse) au Théâtre Italien, alors que le théâtre de Victor Hugo est officiellement banni des scènes parisiennes. Paul Meurice l’ayant alerté, Hugo a demandé à son éloquent et admirable ami d’intervenir. "Vous avez parlé du droit en législateur, de la poésie en artiste, de l’exil en homme. C’est que des hauteurs où vous êtes on domine tout, on embrasse tous les horizons, on jette un rayon dans toutes les sphères. Je suis heureux de ce procès, perdu ou gagné, il est gagné pour moi ; vous avez parlé, et quel langage ! […] Cela m’a rappelé ce jour où je luttais à côté de vous, à la fois ébloui et attendri de vous entendre, sentant dans l’éclat de votre parole, la chaleur de votre cœur, vous admirant et vous aimant. Vous assistiez alors le fils, vous défendez aujourd’hui le père [allusion aux poursuites contre Charles Hugo et le journal L'Événement en 1851]".
28 juin [1857]. Hugo remercie à nouveau son ami de son éloquence électrique pour louer la reprise d’Hernani qui a remporté un immense succès : "Votre lettre m’a fait battre le cœur. Elle vibrait en moi comme votre voix même. […] La grande poésie orientale, le grand art grec, le grand art latin relèvent de la nature. C’est la nature seule qui est reine de l’art, comme la liberté est reine de la cité. Le 17e siècle est fatalement monarchique ; de là son infériorité, Corneille et Molière mis à part. Nous, fils de la révolution, déployons le drapeau de l’idéal, et aux philosophes comme aux artistes, crions : En avant !".
À l’occasion de l’Exposition universelle qui se préparait à Paris, les amis de Victor Hugo avaient obtenu, malgré les craintes de censure et de troubles politiques, que la proscription qui frappait le théâtre de Hugo soit levée. La reprise d’Hernani avait eu lieu le 20 juin 1867, au Théâtre Français.
La lettre que Crémieux avait adressée à Hugo pour lui rendre compte de ce triomphe, ainsi que cette réponse du poète, furent publiées dans Le Temps du 4 juillet suivant. Mais quelques mois plus tard, le soutien apporté par Hugo à la cause républicaine, après la condamnation de Garibaldi, provoqua un revirement de la part du gouvernement : le 27 décembre, malgré le succès remporté, les représentations d’Hernani étaient interrompues.
Collection américaine.