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Char, René

Les Matinaux. 1950. Demi-maroquin bleu de P.L. Martin. 1/28 exemplaires sur vélin de Hollande. Joint : poème manuscrit "Antonin Artaud".

Lot Closed

June 27, 01:10 PM GMT

Estimate

3,000 - 5,000 EUR

Lot Details

Description

Char, René

Les Matinaux.

Paris, N.r.F., Gallimard, 1950.


Antonin Artaud et René Char.


Avec un poème autographe.


In-12 (185 x 110 mm). Demi-maroquin bleu foncé à bandes et papier décoré de filets dorés brisés, tête dorée, couverture et dos (P.L. Martin).


Édition en partie originale, "Fêtes des arbres et du chasseur" avait été publié à part chez GLM en 1948, sans l’Abrégé.


Un des 28 exemplaires sur vélin de Hollande Van Gelder (n° XII), second papier après 6 exemplaires sur Madagascar.


Long poème autographe de René Char, titré "Antonin Artaud", signé et daté 12 mars 1948, à l'encre noire (un feuillet in-4 sur papier pelure, monté en tête) :

"Je n'ai pas la voix pour faire ton éloge,

Grand frère. Si je me penchais sur ton corps

que la lumière va éparpiller,

Ton rire me repousserait" (...).


Ce poème du recueil présente une variante par rapport au texte imprimé (p. 67-68).

"Le cœur, entre nous, durant ce qu'on appelle, "faute de connaissance", un bel orage" [...], devient "improprement" un bel orage".


En juin 1945, une exposition avait été organisée par Char, Balthus, Gide, Picasso, Paulhan et d'autres, destinée à venir en aide à Artaud.


Le 19 janvier 1948, René Char lui écrivait "Cher Antonin Artaud, J'ai pris, évitant les intermédiaires hilares, l'habitude de penser à vous dans l'inconnu et l'absence de propos ainsi se maintiennent intacts l'attachement que je voue à votre œuvre et l'affection que j'éprouve pour votre personne. Les circonstances m'ont appris "l'économie" des très rares volcans et aussi le pouvoir d'évaporation de tout ce qui a du prix, pour peu qu'on veuille l'appréhender. Je verrai, désormais, brisant le crâne des horloges, l'apocalypse de Van Gogh s'universaliser à travers vous. Votre charrue laboure ce monde perdu! soulève et remet à leur course passionnée les inextinguibles météores que les bourreaux de toujours tentent d'enfouir dans leur fumier. Merci, cher Antonin Artaud de vivre dans le feu de ces blés".


Et, le 17 février 1948, Artaud lui fit cet envoi sur un exemplaire de Ci-git précédé de La Culture indienne : "au cher grand, violent et emporté, mais qui m'emporta, René Char".


Antonin Artaud allait mourir, quinze jours plus tard, le 4 mars 1948 dans la maison de santé du docteur Delmas à Ivry-sur-Seine, où il était interné depuis deux ans.

Exposition des reliures décorées de P.-L. Martin, Librairie Jean Hugues, 1955 (étiquette au contreplat).

Marie-Claude Char. Char, dans l'atelier du poète, Gallimard, Quarto, 1996, p. 540-541.