View full screen - View 1 of Lot 35. 2 lettres autographes signées au critique italien Vittorio Pica, 1869 et 1888..

Mallarmé, Stéphane

2 lettres autographes signées au critique italien Vittorio Pica, 1869 et 1888.

Lot Closed

June 27, 12:35 PM GMT

Estimate

2,000 - 3,000 EUR

Lot Details

Description

Mallarmé, Stéphane

2 lettres autographes signées à Vittorio Pica.

1888 et 1896.


Lettres inédites au défenseur italien des symbolistes.


Critique littéraire francophile, Vittorio Pica avait assisté à quelques Mardis lors d'un séjour à Paris en 1886. Devenu un relais pour les poètes français en Italie, il consacra à Mallarmé un important article, traduit en français dans La Revue indépendante.


Valvins, 1er septembre 1888. 5 pages in-12 (173 x 111 mm) sur 2 bifeuillets.

"Votre lettre m’est bien parvenue mais au moment où je montais en wagon, pour me rendre à Royat. Excursions, bains et chambre d’hôtel pendant dix jours et plus, vous voyez si j’étais en train d’écrire". À son correspondant qui lui demandait probablement un exemplaire des Poèmes publiés par Deman, Mallarmé répond : "j’ai, croyez-le, pensé à vous, mais l’éditeur Deman ne m’a remis que le nombre strict d’exemplaires à envoyer à la presse contre certitude d’article. J’en ai mis deux ou trois de côté chez Dujardin : voulez-vous que je donne ordre qu’on vous en expédie un, il ne portera pas de dédicace, ne passant par mes mains." Sinon, il fera cet envoi à son retour à Paris. Il remercie aussi Pica de lui avoir proposé de collaborer à une revue italienne : "ce ne seraient que des notes, pas des articles, je veux dire une appréciation en cent lignes au plus, régulière, est-ce hebdomadaire ?" Pica ne pouvant le traduire en italien, Mallarmé trouve son idée d'annoter ses éventuelles participations "ingénieuse". "Étudions ce projet […] j’accepte en principe. Je joins à ma lettre le Whistler [probablement sa traduction du Ten O’Clock paru en mai], dont vous êtes friand".

Quelques jours plus tard, le 23 septembre 1888, Pica allait publier un article sur Mallarmé "Poemucci in prosa (Aloysius Bertrand Charles Baudelaire, Stéphane Mallarmé)" dans la revue romaine Fanfulla della domenica (Correspondance, p. 742).


Paris, [3 mars 1896]. 2 pages in-16 (114 x 89 mm), enveloppe autographe, cachet postal du 7 mars [18]96.

"Je suis très pris, voici plusieurs jours, par une délicieuse et magistrale exposition de notre amie Berthe Morisot. Je vous en adresse le catalogue, qui contient une préface que j’y fis." L’exposition Berthe Morisot (Madame Eugène Manet) eut lieu du 5 au 23 mars 1869 à la galerie Durand Ruel.

Mallarmé remercie Pica de "trompeter […] au ciel de l’Italie et cela avec la ferveur et la voix, vraiment, d’un d’ici." À cet ami qui lui demande quelques renseignements biographiques, il répond : "mon portrait ne l’avez-vous pas, par Nadar ? c’est le meilleur. Une caricature, vous devez posséder celle-ci, de la Plume. Je n’ai rien publié, ou vous l’auriez reçu, depuis la Musique et les lettres, que mes vers ici et là, une série que vous avez lus dans La Revue Blanche, peu de chose. Je n’en possède aucun double, par ennui et, quant à copier, outre que j’ai horreur de cela comme d’écrire une lettre, voici que de pressants travaux m’attendent aussitôt". 


Nous remercions M. Bertrand Marchal de nous avoir confirmé le caractère inédite de ces deux lettres.


 

À propos de Vittorio Pica

Critique littéraire francophile, Vittorio Pica (1864-1930) est le principal défenseur du symbolisme français en Italie. En 1882, à l’âge de 18 ans, il publie un essai sur les frères Goncourt, ce qui lui vaut une certaine reconnaissance en France. Edmond de Goncourt l’introduit auprès d’Édouard Dujardin et de Félix Fénéon grâce auxquels il collabore à La Revue indépendante. Il contribue à faire connaitre Verlaine et Rimbaud en Italie, entretient une importante correspondance notamment avec Huysmans (lot 34), Maupassant (lot 38), Monet (lot 43), Rodin (lot 47), ou Mallarmé (lot 35), assistant à quelques Mardis en 1886 et consacrant au poète un important article, traduit en français dans La Revue indépendante. Également critique d’art, il est un des co-fondateurs de la Biennale de Venise. Collaborateur régulier de la revue italienne Emporium, il est l’auteur de nombreuses monographies sur les artistes de son temps.