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Livres et Manuscrits des XIX & XXe siècles (lots 99 à 171)
Lettre à un ami. [Juillet 1916]. 4 p. in-12 . Il cherche à placer un jeune homme comme valet de chambre
Lot Closed
June 22, 02:40 PM GMT
Estimate
3,000 - 5,000 EUR
Lot Details
Description
Livres et Manuscrits des XIX & XXe siècles (lot 99 à 171)
PROUST, MARCEL
Lettre autographe signée à un ami.
[Première quinzaine de juillet 1916].
PROUST RECOMMANDE CHAUDEMENT ANTOINE BERMOND : "IL N’Y AVAIT PAS DE VALET DE PIED MURAT OU AUTRE QUI FIT PLUS D’EFFETS".
LETTRE INCONNUE DE KOLB.
4 pages in-12 (175 x 112 mm), sur un bifeuillet filigrané "Waterford". Signée "Marcel Proust".
Trace d’onglet. Papier légèrement jauni et très discrète déchirure à la pliure centrale et petit tache brune dans la marge inférieure de la dernière page.
Ayant omis de communiquer certaines informations sur un jeune homme qu'il cherche à placer comme valet de chambre (Corr., XV, n° 87, "Je n’ai jamais eu Antoine Bermond à mon service mais je l’ai souvent employé pour une chose ou une autre et je n’ai jamais eu qu’à me louer de lui"), Proust envoie ce long post-scriptum. Il lui redit tout le bien qu’il pense de lui malgré son apparence parfois trompeuse.
"Ainsi je ne sais si je vous ai dit que Bermond a beaucoup de cœur, je crois par ex. que si vous étiez souffrant (plaise à Dieu que cela ne vous arrive pas) il vous soignerait avec dévouement. Il est très travailleur, les directeurs d’hôtel où il a travaillé en ont toujours parlé avec éloges. Il me semble qu’il a une certaine instruction […] Je ne sais même pas s’il ne fait pas des vers !"
Il poursuit en donnant force détails sur son apparence qui, au premier regard, semble ne pas faire bonne impression. "Cela tient à ce que c’est un garçon qui peut ‘représenter’ extrêmement, ou au contraire marquer [?] fort mal, mais c’est à son maître à lui apprendre. Quand il était valet de pied à Cabourg et à Cannes, il n’y avait pas de valet de pied Murat ou autre qui fit plus d’effets. Mais il était astreint à la livrée. S’il est livré à lui-même ce sera un négligé voyant qui personnellement m’est égal mais lui fait perdre 100 %".
Proust fait ici allusion à Paul Vernet ou George Pollenuis, valets de pied du prince Joachim-Napoléon Murat, dont les noms figurent dans l’agenda 1906 : "Dans une lettre inédite de juillet 1916 […] Proust, qui cherche à placer un jeune homme comme valet de chambre, insiste sur sa ‘tenue extérieure’ et le compare à un ‘valet de pied Murat’, comme si c’était l’étalon de référence" (Marcel Proust, l’agenda 1906, f. 49).
"Proust remarquait souvent un raffinement et une élégance inattendues dans la classe populaire. Agostinelli allait en donner un autre exemple, comme Céleste Albaret, que Proust allait finir par considérer, en dépit de son ignorance sur un certain nombre de sujets, comme une sorte de génie." (W. Carter, Proust in Love, Denoël, p. 140).
LITERATURE:
Bulletin d'informations proustiennes, n° 28, p. 137 (extraits avec quelques erreurs de transcription).
Nathalie Mauriac Dyer, Françoise Leriche, Pyra Wise et Guillaume Fau, Marcel Proust, l’agenda 1906, Édition génétique et critique, Paris, BnF, 2015, f. 8v (https://books.openedition.org/editionsbnf/1466#tocto2n2).
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