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Livres et manuscrits anciens

Racine, Jean

Athalie. Paris, 1691. In-4. Reliure de l'ép. Édition originale avec ex-dono autographe de Racine.

Lot Closed

December 8, 01:24 PM GMT

Estimate

6,000 - 9,000 EUR

Lot Details

Description

Livres et manuscrits anciens


Racine, Jean


Athalie. Tragédie.

Paris, Denis Thierry, 1691.


In-4 (251 x 1814 mm). Veau moucheté, dos à nerfs orné de fers dorés (Reliure de l’époque). Emboîtage moderne de maroquin ébène doublé de faille rouge.

Petites rousseurs éparses, tache brune traversant les pages 15 à 22. Cahier G uniformément bruni. Coins et mors habilement restaurés, charnières un peu frottées.


EX-DONO AUTOGRAPHE DE RACINE.


PRÉCIEUX EXEMPLAIRE DE PIERRE MANSEAU, INTENDANT DE LA MAISON ROYALE DE SAINT-CYR.


Édition originale de la dernière pièce de Racine, ornée d'un frontispice gravé sur cuivre par Jean Mariette d'après Jean-Baptiste Corneille, d'un fleuron sur le titre et d'initiales et bandeaux gravés sur bois.


Exemplaire offert à Manseau avec ex-dono autographe de Racine :

"pour Monsieur Manseau",

au verso du second feuillet de garde.


Pierre Manseau (1654 ?-1716) fut l’intendant de Madame de Maintenon à la maison royale de Saint-Louis à Saint-Cyr avant d'entrer, en 1694, au service du roi. Il occupa la charge de porte-écritoire ordinaire du roi puis de valet de chambre ordinaire de Louis XIV. Ses mémoires ne seront publiés qu’en 1902 par Achille Taphanel.


Très touché par Esther, Louis XIV demanda à Racine une autre pièce à sujet religieux pour la maison de Saint-Cyr. Racine s'exécuta, y ajoutant des chœurs par Moreau, maître de musique du roi. Le spectacle fut de ce fait jugé comme un divertissement, impropre à l'éducation des jeunes filles. Le rigorisme religieux régnait désormais à la Cour ; le roi l'autorisa à condition qu'elle fût représentée par les pensionnaires, à Saint-Cyr, sans costumes ni décors, et en privé exclusivement, devant lui-même, le Dauphin, Madame de Maintenon, Fénelon et quelques rares invités. Ce n’est que sous la Régence qu’eut lieu la première représentation publique de cette tragédie spectaculaire que Voltaire considérait comme "peut-être le chef-d'œuvre de l'esprit humain" (Discours historique et critique, 1772, p. 191).


Provenance : Pierre Manseau (ex-dono). – Ex-libris en partie effacé non identifié au recto du premier feuillet blanc. ─ Docteur Lucien-Graux (ex-libris au contreplat ; deuxième partie, 26 janvier 1957, n° 103. Le catalogue indique que l’exemplaire avait appartenu à André Peraté, conservateur du musée de Versailles, qui y avait joint une note précisant l’avoir acheté chez Rahir).


Référence : Tchemerzine, V, 350. ─ Vérène de Diesbach, Bibliothèque Jean Bonna, XVIIIe siècle, II, n° 256 ("[…] sur les cinq exemplaires consultés à la BnF […] aucun ne possède un feuillet blanc liminaire") ─ Guibert, p. 109-110 (annonce à tort un feuillet blanc liminaire).