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Zola, Émile

Mes Haines. 1866. Demi-veau de l'époque. Envoi autographe signé à Édouard Manet.

Lot Closed

June 27, 12:53 PM GMT

Estimate

30,000 - 40,000 EUR

Lot Details

Description

Zola, Émile.

Mes haines. Causeries littéraires et artistiques.

Paris, Achille Faure, 1866.


In-12 (175 x 116 mm). Demi-veau fauve, dos à nerfs, pièces d'auteur et de titre rouge et verte, tranches mouchetées (Reliure de l'époque). Emboîtage moderne.


Zola, l'un des premiers admirateurs et défenseurs du jeune Manet. 


Le premier des livres connus de Zola présentant un envoi à Manet.


Édition originale.


Paru en 1866, Mes haines est un recueil de textes à propos d'auteurs et d'artistes tels que Gustave Courbet, Barbey d'Aurevilly "le catholique hystérique", les frères Goncourt, Victor Hugo ou Gustave Doré. La critique de Zola du Déjeuner sur l'herbe annonce déjà le naturalisme, dont il se fera le héraut. Pour l'écrivain, Manet a "réalisé le rêve de tous les peintres : placer des figures de taille réelle dans un paysage".


Envoi autographe signé à Manet, sur le faux-titre à l'encre brune :

"A Edouard Manet

témoignage de sympathie

Emile Zola".


Le premier des livres que Zola offrit à Manet, un mois après l'avoir rencontré. Six autres livres qu'il lui offrira ensuite sont répertoriés, revêtus de la même reliure : 

- Madeleine Férat (1868), sans envoi, car Manet est dédicataire de l'ouvrage.

- La Fortune des Rougon (1871) : " A Édouard Manet son bien dévoué Émile Zola".

- Le Ventre de Paris (1873) : "A Édouard Manet son tout dévoué. Emile Zola".

- Les Héritiers Rabourdin (1874) : " A Édouard Manet son bien dévoué Émile Zola".

- Thérèse Raquin (1875) : "A Édouard Manet son bien dévoué Émile Zola"

- Les Romanciers naturalistes (1881) : "A Édouard Manet son ami Émile Zola".

Édouard Manet (envoi).


Julien Bogousslavsky (ex-libris).

Le refus du Salon de 1866 d'exposer Le Fifre et L'Acteur tragique de Manet provoqua une vive réaction de la part de Zola, qui écrivait le 4 mai 1866 : "Nos pères riaient de Courbet, et maintenant nous sommes en admiration devant lui ; nous rions de Manet, et ce seront nos enfants qui s'extasieront en face de ses toiles". Pour le remercier de son soutien, Manet voulut le rencontrer, ce dont se souviendra Zola dans sa préface du catalogue des œuvres de Manet à l'École des Beaux-Arts en janvier 1884, peu de temps après la mort du peintre : "J'ai connu Manet en 1866. Il avait alors trente-trois ans et habitait un grand atelier délabré de la plaine Monceau. Il était déjà en pleine lutte, des tableaux exposés chez Martinet et surtout son envoi au Salon des refusés de 1863, avaient ameuté contre lui toute la critique. On riait sans comprendre. […] qu'ils le confessent ou non, les jeunes artistes qui sont à la tête de notre art ont tous subi l'influence de Manet ; et s'ils prétendent qu'il y a simplement rencontre, il n'en reste pas moins évident qu'il a le premier marché dans la voie, en indiquant la route aux autres. Son rôle de précurseur ne peut plus être nié par personne. Après Courbet, il est la dernière force qui se soit révélée".


L'année suivante, alors que se préparait l’Exposition universelle de mai 1867, Zola lui consacra un long article dans la Revue du XIXe siècle, "Une nouvelle manière en peinture. Édouard Manet", pour défendre l'Olympia qui avait fait scandale au Salon de 1865. L'article se conclut par cet hommage : "le destin avait sans doute déjà marqué au musée du Louvre la place future de l'Olympia et du Déjeuner sur l'herbe". Manet espéra que cette première monographie allait "mettre le feu aux poudres". L'article sera réédité chez Dentu, orné d'un portrait de l’artiste par Félix Bracquemond avec, en frontispice, Olympia gravée à l'eau-forte. On sait que c’est Monet qui finira par obtenir qu'Olympia, qu’il jugeait essentielle dans l’histoire de l’art, fut acceptée au Louvre.


Dans le célèbre portrait de Zola qu'il réalise en 1868 en hommage au critique auquel il devait tant, Manet fait figurer la brochure à couverture bleue que l'écrivain lui a consacrée et, au mur, une reproduction en noir de son Olympia, autant de clins d'œil à son ami de la première heure. Ce portrait scella définitivement leur amitié qui devait prendre fin à la mort de l'artiste en 1883. Cette même année, 1868, Zola lui dédia Madeleine Férat.

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