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Mallarmé, Stéphane

MALLARME. Lettre à Stuart Merrill (mai 1887) et carte à Jules Bois, Valvins (octobre 1894). Sur leurs oeuvres.

Lot Closed

June 25, 02:00 PM GMT

Estimate

1,500 - 2,000 EUR

Lot Details

Description

Mallarmé, Stéphane


Lettre autographe signée à Stuart Merrill.

8 mai 1887.

[Avec :]

Carte autographe signée à Jules Bois.

Valvins, 17 octobre [1894].


MALLARMÉ FÉLICITE DEUX JEUNES POÈTES.


Figure de proue de la poésie contemporaine, Mallarmé recevait de nombreux recueils de ses confrères, et s'efforçait de répondre à tous, même avec retard...


Lettre autographe signée à Stuart Merrill8 mai 1887.

7 pages in-8 (178 x 158 mm), sur deux bifeuillets de papier vergé. Signée "Stéphane Mallarmé". Légères fentes aux plis, petit trou au centre sans atteinte au texte.


Longue et magnifique réponse au jeune poète symboliste qui lui avait adressé Gammes (1887), recueil dont les première et dernière pièces, "La Flûte" et "Refrains mélancoliques", lui sont dédiées.


Mallarmé n'a pas pu tout de suite répondre à son jeune admirateur qui lui a envoyé ce "recueil de début", et lui adresse, "obsédé de remords", cette merveilleuse lettre : "Je vous remercie tard, bousculé ces temps-ci de travail et aussi parce que votre livre hante à ce point qu'on peut, sans en épuiser le charme, attendre ; au risque de se montrer ingrat. Ce sont plus que des Gammes allez ! Il y a longtemps que vous possédez votre doigté et vous trouvez de définitifs accords. Peut-être, pour la première fois, ai-je rencontré un recueil de début doué : presqu'aucun poëme, mis dans l'œuvre de maturité, n'y apporterait de dissonance, tant vous êtes d'abord un poëte, intuitif et exact. Je vous dis cela du fond de ma pensée". Ravi par la qualité "subtile et fluide du chant [...] avec ce qu'il charrie subitement de richesse", il cite deux vers qui lui restent particulièrement à l'esprit et le félicite de son "art suprême" et de sa capacité "à dissimuler les jeux allitératifs, que trop de saisissable extériorité trahiraient jusqu'au procédé, pour que le miracle du vers demeure, un instant, inexplicable. Allez dans ce sens. Maintenant, par quelle merveille, autre encore que ce qu'apporte chaque semaine à la maison l'ami Ghil et qui vous rend mon familier (ceci d'analyse), êtes-vous arrivé de votre côté à vous pénétrer à ce point de tout ce que tente ici une fin de siècle curieuse : je m'en étonnerais s'il m'était aisé de comprendre que l'essence de tout se reçoit peut-être, volatile et plus pure, de loin". Il invite le poète à lui rendre visite : "Venez enfin un jour, mais je vous connais déjà".


Lors de la réédition de son recueil en 1897, Stuart Merrill adressera un exemplaire "à Stéphane Mallarmé, l'Initiateur" en hommage de sa respectueuse amitié.


Carte autographe signée à Jules Bois, Valvins, 17 octobre [1894].

2 pages in-12 oblong (88 x 113 mm), sur papier fort. Signé "Stéphane Mallarmé".


Au poète, romancier et dramaturge Jules Bois (1868-1943), dont les deux ouvrages parus en 1894, L'Éternelle poupée et La Porte héroïque du ciel, l'ont "charmé" et "séduit". L'Éternelle poupée portrait cette dédicace : "À Stéphane Mallarmé au maître des symboles".


"Que je suis en retard ; mais vous êtes de ceux qui savez, et la conviction d'avoir charmé un silencieux ne vous fait pas défaut. Jusqu'à quel point : je ne veux, cependant, quitter la campagne où vos livres ont été souvent dans mes mains, sans vous le dire en toute vérité. L'Éternelle Poupée est un superbe cri, avec tout son accompagnement fastueux spirituel et vous y parûtes à jamais un maître et originel écrivain de prose. La Porte Héroïque du Ciel, un de ces Drames, qui sont leur propre Musique si rare, riche, significative : desquels je m'éprends plus que de tout. Ne voyez ici, cher ami, qu'un pressement de mains, séduit. Votre Stéphane Mallarmé".


Comme dans sa lettre à Merrill, Mallarmé s'excuse de n'avoir pas répondu plus rapidement.


Référence : Correspondance, éd. B. Marchal, Gallimard, 2019, n° 806 et 2239. ─ H. Nakahata, Bibliothèque de Stéphane Mallarmé, Kobe, 2014, p. 180-181 et p. 31 (n° 191).

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