
XXe siècle ─ lots 145 à 228
Paludes. Paris, Librairie de l'Art indépendant, 1895. Édition originale, avec envoi à Stéphane Mallarmé.
No reserve
Lot Closed
October 28, 04:00 PM GMT
Estimate
10,000 - 15,000 EUR
Lot Details
Description
Gide, André
Paludes. (Traité de la Contingence).
Paris, Librairie de l'Art indépendant, 1895.
Grand in-8 carré (202 x 188 mm). Broché, couverture grise rempliée. Sous chemise et étui.
Exemplaire de Stéphane Mallarmé, père d’élection de toute une génération de jeunes écrivains.
Édition originale.
Le premier des 6 exemplaires sur Chine non mis dans le commerce (justifié "a"), justifié et signé "A[ndré] W[alter]", d’un tirage à 409 exemplaires, dont 9 hors commerce.
Envoi autographe signé, à l’encre, au faux titre :
"à Monsieur Stéphane Mallarmé
notre maître très vénéré
André Gide
‘Sit Tityrus Orpheus’
Virgile".
Bel hommage au maître qu’il avait rencontré quelques années plus tôt, en février 1891, lorsque Maurice Barrès le présenta au sortir du banquet donné en l’honneur de Moréas et présidé par Mallarmé.
On connaît les formidables remerciements que Stéphane Mallarmé lui avaient adressés par une lettre du 21 juillet 1895 :
"Le premier de tous, avant personne au monde, j'aurais du répondre, cher ami, à l'offre de l'exemplaire a de Paludes : puis je préférais déployer cela dans le loisir. Je ne fais pas allusion d'abord à votre goutte aigrelette et précieuse d'ironie qui tient cent pages, elle est d'essence unique ; mais, autrement, l'affabulation spirituelle approche la merveille et vous avez trouvé, dans le suspens et l'à côté, une forme, qui devait se présenter et qu'on ne reprendra pas. Je crois que c'est bien de vous, Gide, ou génial ; ce discret, terrible badinage à fleur d'âme.
Merci de l'affectueux honneur qu'y soit mon nom. A vous toujours,
Stéphane Mallarmé".
(Stéphane Mallarmé, Correspondance, éd. B. Marchal, n° 2436 ; Henri Mondor et Lloyd James Austin considéraient l'exemplaire de Paludes comme perdu, cf. t. VII, p. 241, note 2).
En écrivant "Merci de l'affectueux honneur qu'y soit mon nom", Mallarmé faisait allussion à un vers de "Brise marine" (mal) cité dans Paludes, avec le nom de l'auteur.
Gide et Mallarmé. Après lui avait déposé un exemplaire des Cahiers d’André Walter, Gide reçut une lettre du poète l’invitant à ses Mardis, ce qu’il fit, plus ou moins régulièrement, pendant deux ans, parfois en compagnie de Pierre Louÿs. Il lui offrit également un exemplaire des Poésies d’André Walter en 1893 ainsi que Le Voyage d’Urien, l’année suivante (Bibliothèque Stéphane Mallarmé, Sotheby's, 2015, n° 47 et 48).
"On ne parle plus assez de Gide [...] Il y a au moins un grand livre, et un grand livre moderne de Gide : Paludes qui, sans aucun doute, devrait être réévalué par la modernité." (Roland Barthes, Le Plaisir du texte, p. 30).
Pour un autre livre provenant de la bibliothèque Stéphane Mallarmé, voir lot 81 (Gautier).
Stéphane Mallarmé (envoi).
Pierre Bergé (ex-libris ; I, n° 114).
A. Naville. Bibliographie des écrits d'André Gide, n° 24.
H. Nakahata, Bibliothèque de Stéphane Mallarmé, Kobé, éd. Tiré-à-part, 2014, p. 105.
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