
XV-XVIIIe siècles (lots 1-67)
Le premier livre de l’histoire & ancienne cronique... Paris, Vincent Sertenas, 1549. In-folio. Maroquin rouge du XVIIIe siècle. Édition originale d'un des plus beaux livres illustrés de la Renaissance.
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June 17, 12:15 PM GMT
Estimate
10,000 - 15,000 EUR
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Description
[Euphrate, Gérard d’]
Le premier livre de l'histoire & ancienne cronique de Gerard d'Euphrate, duc de Bourgongne : traitant, pour la plus part, son origine, ieunesse, amours, & chevalereux faitz d'armes : avec rencontres, & avantures merveilleuses, de plusieurs chevaliers, & grans seigneurs de son temps : mis de nouveau en nostre vulgaire françoys.
Paris, Vincent Sertenas [imprimé par Étienne Groulleau pour Jean Longis et Vincent Sertenas], 1549.
In-folio (326 x 200 mm). Maroquin rouge, triple filet doré en encadrement, dos orné de fers dorés, tranches dorées (Reliure du XVIIIe siècle).
Signatures : ā6 A-Z5 (manque Z6, blanc).
L’un des plus beaux livres illustrés de la Renaissance.
Édition originale, tirage de Sertenas, de cette adaptation en prose d’un roman de chevalerie appartenant au cycle de Charlemagne et des douze pairs de France.
La traduction en langue vulgaire est attribuée par De Backer à Nicolas de Herberay, seigneur des Essarts. Il est toutefois aujourd’hui communément admis qu’elle serait l’œuvre du poète angevin, Jean Maugin, traducteur entre autres du Parangon de vertu, du Nouveau Tristan et de L’Amour de Cupido et de Psiché.
Elle est illustrée de 46 figures sur bois, peut-être issues de l’atelier de Geoffroy Tory.
La plupart proviennent de l’édition de 1540 de Denis Janot d’Amadis de Gaule et de son édition de 1546 de Palmerin d’Olive, à l’exception de cinq nouveaux grands bois gravés spécialement pour cette édition, dont la célèbre gravure des "Ethiopiens devant le Roi de l’Enfer". Trois d’entre eux, "d’une composition très originale et d’une facture prestigieuse" (Brun, p. 214), sont dignes du talent de Jean Goujon et Jean Cousin le vieux. Les deux autres sont signés d'une croix de Lorraine.
Lettrines gravées sur bois.
Le texte, divisé en 88 chapitres, a été mis en français d’après les vers d’un poète wallon anonyme.
Les premiers feuillets sont occupés par quelques pièces liminaires : "Epistre de l’Auteur, aux lecteurs" et une série d’épigrammes en vers latins, italiens, français; œuvre de Jean-Pierre de Mesmes pour les deux premières et de Jean Maugin, surnommé Le petit Angevin, pour la troisième.
"L’ancienne chronique de Gérard d’Euphrate, transcrite selon sa préface par un auteur anonyme, au début du XVIe siècle, est publiée tardivement à Paris en 1549 chez Vincent Sertenas, Étienne Groulleau et Jean Longis. Il reste difficile de savoir s’il s’agit du remaniement d’une ancienne chronique comme le pense François Suard, ou d’un travail d’éditeur suscité par le succès des Amadis. On remarque toutefois que ce texte composite par excellence se réfère à des ouvrages aussi divers que Valentin et Orson, le Roman de Mélusine, le Roland amoureux, les Amadis et emprunte amplement à l’ensemble de la matière arthurienne" (Alexandra Hoermel, "Réécriture(s) et réception du Perceforest au XVIe siècle, dans Perceforest. Un roman arthurien et sa réception, Presses universitaires de Rennes, 2019, p. 317-333).
L’auteur, à la fin de l’ouvrage, annonce une suite qui n’a jamais paru.
Bernard Malle (ex-libris au recto de la dernière garde).
Acquis auprès de ce dernier par l’actuel propriétaire.
Brun, 213.
Brunet, II, 1546 (tirage de Sertenas).
USTC, 47383.