
XXe siècle ─ Lots 72 à 108
Précieux ensemble de manuscrits autographes, parmi lesquels les brouillons d'une dizaine de chansons dont "Nantes", "La Dame brune", "La Solitude" ou "Le Bel âge". Avec des notes autographes, témoignage d'une liaison amoureuse de Barbara.
Lot Closed
December 18, 02:14 PM GMT
Estimate
15,000 - 20,000 EUR
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Description
Barbara
Manuscrits d'une dizaine de chansons avec notes autographes.
[Fin 1963-1964].
En deux cahiers à spirale in-4 ([I] et [2]), 13 feuillets volants et une enveloppe ([3], [4], [5] et [7]), un bloc-notes ([6]), et une photographie ([8]).
Précieux ensemble de brouillons et de manuscrits d'une dizaine de chansons, dont Nantes, Le Bel âge, Bref, Paris 15 août et Gare de Lyon, figurant dans l’album "Barbara chante Barbara".
S’ajoutent à ces manuscrits plusieurs notes éparses, témoignages de l'histoire d'amour de Barbara et d'Alain Perrin, alors administrateur du Théâtre du Cothurne à Lyon.
Cet ensemble est contemporain du cinquième album de la chanteuse sorti en octobre 1964 et récompensé par le Grand Prix du disque 1965 décerné par l'Académie Charles-Cros.
Au début de l’année 1964, Barbara donna plusieurs concerts à Lyon, au Théâtre du Cothurne dirigé par Marcel Maréchal et dont Alain Perrin assurait l'administration. De là naquit une amitié puis une relation amoureuse – dont témoignent les petits mots échangés sur le bloc-notes – entre la chanteuse et Perrin qui vécurent quelque temps ensemble, au 14 rue Rémusat à Paris. Lorsque leur histoire prit fin, Barbara remit au jeune administrateur ces manuscrits, soigneusement conservés par lui jusqu’à aujourd’hui.
[1]. 3 chansons. Cahier à spirale in-4 (270 x 209 mm), 23 pages, dont 3 ne présentent que quelques mots. Encre brune, feutre ou stylo à bille bleu. Plusieurs feuillets sont restés vierges (un déchiré). Couverture rouge.
Nantes. 14 pages. Les premier, deuxième et dernier couplets n’y figurent pas. Chanson mythique écrite au moment de la mort du père de Barbara. Plusieurs fois remanié, ce brouillon présente de nombreuses variantes par rapport à la version définitive. Les nombreux repentis et ratures ainsi que les remises au net témoignent de la genèse de cette chanson et de la difficulté de Barbara à traduire ses émotions et sa profonde douleur.
"Il se souvient du passé
Ce vagabond, ce mal aimé,
Et se réchauffant à l’espoir,
Qu’enfin nous allions nous revoir
[…]
Il me revenait en plein cœur
Son cri déchirait le silence
Ce vagabond, ce disparu ; voilà qu’il était revenu
Et qu’il venait faire naufrage
À Nantes, pour son dernier voyage
Et que pour son dernier voyage
À Nantes, il venait faire naufrage
[…] J’avais rêvé mais sans y croire
Qu’un jour je pourrai le revoir
[…]
Il surgissait de mon passé
Ce vagabond ce mal aimé
Voilà qu’il était revenu
Celui que je n’attendais plus
Ce vagabond ce disparu
Revenant le cœur en détresse
Se réchauffer à ma tendresse […]".
Ces deux dernières lignes, reprises plus loin ("Mais je sais qu’il est revenu / Maintenant qu’il a disparu / Se réchauffer à mon sourire / À l’heure de son dernier soupir") deviennent, dans la version définitive : " Il voulait avant de mourir / Se réchauffer à mon sourire"].
Bref. 2 pages et demie. Chanson complète, mise au net mais présentant quelques variantes par rapport à la version finale (notamment dans le premier refrain, le troisième couplet et le troisième refrain).
Gare de Lyon. Une page. Les deux derniers couplets seulement, sans rature ni correction. Avec une infime variante par rapport à la version finale ("derrière les rideaux" deviendra "derrière les créneaux").
À ces trois chansons, s’ajoutent quelques notes et fragments épars, parmi lesquels :
"C’est un nouveau magneto. Je ne connais pas très bien. Alors l’enregistrement n’est pas bon. Non je ne veux pas enlever mes lunettes ! J’ai dû apprendre le maniement très tard. J’en ai fait plusieurs. Vous êtes bête. Vous voulez boire".
"Décommander places 824
Adresse : Bâtiment L1 / appartement 24 / 8 allée des [?] / Aubergenville / S et O"
Quoi / bière / diabolo / j’ai pas de limonade / Non ne me touchez pas voleur !"
[2]. 5 chansons. Cahier à spirale"Glatigny" petit in-4 (215 x 165 mm), 14 pages dont 4 ne présentant que de très courtes notes (numéros de téléphone, dates, etc.). Encre noire sur papier rose à petits carreaux, couverture rouge.
La Dame brune. 2 pages plus deux lignes. Version vraisemblablement de premier jet. Barbara chanta cette chanson en duo avec Georges Moustaki. Ne figure ici que la partie interprétée par elle.
"Je suis la longue dame brune
Et je t’attends
Je suis la longue dame brune et je t’attends
Ta chanson au clair de la lune
M’a enchanté
Ta chanson au clair de lune
Me fait rêver […]
Je suis la longue dame brune
Depuis longtemps, chante encore au clair de la lune
Je viens vers toi.
Ta guitare de fortune me guidera […]".
[Chanson non identifiée]. Une page.
"Ce soir je suis lasse
J’ai comme une angoisse
Et ce ciel de plomb pèse sur mon front
[...] Je vois quand j’avance
Les pavés qui dansent […]".
Gare de Lyon. 2 pages et demie. Avec quelques variantes non retenues. Ratures.
"Je te téléphone
Près du métro Rome
Bien sûr que je t’aime
Non je n’ai pas de peine
Oui j’ai vu ma mère
[…]
Je te téléphone
Près du métro Rome
Paris sous la pluie
Me lasse et m’ennuie
Je te téléphone
Près du métro Rome
Paris sous la pluie
Du café terrasse
Au coin de la place […]".
J’entends sonner les clairons. Une page. Premier couplet-refrain de la chanson, avec une très infime variante ("les tambours" devient "le tambour"). Suivent quelques notes hâtives, sans lien particulier avec cette chanson.
Paris 15 août. Une page. Sans doute de premier jet.
"Paris Quinze août
Paris quinze août
Mon amour chéri
Reposez-vous,
Et n’ayez pas de souci de moi,
J’attends que tu rentres d’Espagne […]".
[3] Le Bel âge (sur feuillets volants). 4 pages à l'encre noire plus une ligne au verso, sur 4 feuillets in-4 (217 x 167 mm), provenant d’un cahier à spirale Séyès. Ratures et corrections. Manuscrits de travail, plusieurs passages repris avec variantes par rapport à la version définitive de cette chanson.
"Il avait presque vingt ans
Que Dieu me pardonne
Et j’ai fauché le printemps
Donne je te donne
Trente jours et tant de nuits
[…].
Je ne l’avais pas vu venir
Le gosse c’était une merveille
De le voir sourire
Voilà que timidement
Le Jésus me parle
De tout, de rien, de sa maman
Tu parles, tu parles
Il avait mon bel enfant l’esprit de famille ["J'aime beaucoup les enfants / j’ai l’esprit de famille" dans la version finale]
Mais je n’avais pas le temps de jouer aux billes ["j'ai dépassé le temps de jouer aux billes" dans la version finale].
[…]
Il fut mon dernier printemps
Juste avant l’automne […]".
Ces deux phrases n'ont pas été retenues.
[4]. La Solitude (sur feuillets volants). 3 pages in-4 (268 x 208 et 300 x 187 mm). Manuscrits préparatoires offrant deux versions de la chanson. Au verso de l’une des pages, une adresse "4 rue François Miron".
"Dans ta triste robe de moire
Avec tes cheveux mal peignés
Oh dis, ma sœur, faudrait pas croire
Que tu es belle à regarder
Allez, va t'en porter ailleurs
Ta triste gueule de l'ennui
Je n'ai pas le goût du malheur
Va t'en voir ailleurs si j'y suis !
[…]
Depuis tu as roulé des hanches
Et tu t’es saoulée de Printemps
Tu t’en es tapée des nuits blanches
À cœur qui bat, à cœur battant
Je sais que tes amours sont mortes […]".
["Je veux encore rouler des hanches / Je veux me saouler de printemps / Je veux m'en payer, des nuits blanches / À cœur qui bat, à cœur battant / Avant que sonne l'heure blême" dans la version finale].
[5]. "Au jardin de Collioure" (feuillet volant). Une page et demie petit in-4 (217 x 170 mm) sur un feuillet de papier à petits carreaux provenant d’un cahier à spirale. Encre noire et au verso, 5 lignes à l'encre bleue. Chanson non identifiée.
[6]. [Notes éparses] (bloc-notes). 22 pages sur 18 feuillets d'un bloc-notes in-12 (173 x 105 mm), quelques feuillets arrachés, au feutre (noir, bleu ou rouge). Notes éparses où se mêlent liste de courses, numéros de téléphone, titres de chansons et quelques griffonnages (comme ceux faits lors d’une conversation téléphonique). Papier jauni.
Parmi ces notes, jetées à la hâte par Barbara, on relève également quelques lignes de la main d’Alain Perrin.
"Chéri, reviens, je m’ennuie de toi et je suis malheureuse. Tu as voulu lire. C’est vraiment sans importance. Chéri. Je t’aime […]"
Réponse d’Alain Perrin :"Je suis quand même, très fâché de ce que j’ai lu, mais je vois que cela ne m’empêche pas de m’occuper de toi et de t’aimer".
[7]. [Notes personnelles] (feuillets volants et enveloppe). 9 pages in-12 (135 x 82 mm) sur 5 feuillets provenant d’un carnet à spirale, conservés dans une enveloppe portant des annotations autographes.
Notes éparses adressées à Alain Perrin. "Je te trouve quelque fois très intelligent et puis un peu familier (avec moi) enfin. Je te sais mieux que tu ne penses. Après ton départ j’ai dormi à ta place et j’avais bien chaud. Je m’en fou [sic] des gens de Bruzelles [sic] je m’en fou [sic]".
"Toi ce n’est pas la peine. Je sais bien ce que tu dirais. Fais bien attention je te guette. Non ce sont mes bulles à moi. Je te déteste et je deviens étrangère : tu es bête".
[8]. Photographie (140 x 90 mm). Barbara et Alain Perrin marchant côte à côte.
Alain Perrin.
Premier cahier :
Nantes. 14 pages (f1, f2r, f3, f4r, f5r, f6r, f10r et une ligne au verso, f11r, f20 et f21r).
Bref. 2 pages et demie (f8 et f9r).
Gare de Lyon. Une page (f21v).
Second cahier:
La Dame brune. 2 pages plus deux lignes (f1 et f2r).
[Chanson non identifiée]. Une page (f6v).
Gare de Lyon. 2 pages et demie (f7 et f11r).
J’entends sonner les clairons. Une page (f9r).
Paris 15 août. Une page (f12r).
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