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Du XVe au XIXe siècle ─ Lots 1 à 49

Sand, George

Manuscrit autographe signé de la préface pour "Rimes neuves et vieilles", premier recueil poétique d'Armand Silvestre.

Lot Closed

December 18, 01:43 PM GMT

Estimate

1,500 - 2,000 EUR

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Lot Details

Description

Sand, George

Manuscrit autographe signé.

10 mars 1866.


8 pages in-8 (208 x 134 mm), à l’encre bleue, sur 4 bifeuillets, avec une vingtaine de corrections.

 

Texte complet de la préface accompagnant le premier recueil d'Armand Silvestre, paru chez Dentu en avril 1866 : Rimes neuves et vieilles.

"Voici de très beaux vers. Passant arrête-toi et cueille ces fruits brillants, parfois étranges, toujours savoureux et d'une senteur énergique. [...] Jamais la scission entre le rôle de l'esprit et celui de la matière n'a semblé plus prononcée en philosophie et en littérature. Donc l'homme est encore trop jeune pour se comprendre et se connaître lui-même. Tant mieux ! C'est un grand avenir ouvert pour les poètes et les artistes. Les chants que voici sont des cris d'appel jetés sur la route. Ils sont remarquablement harmonieux et saisissants, ils ont l'accent ému des impressions fortes, et le chantre qui les dit est un artiste éminent, on le voit et on le sent de reste. Souhaitons-lui longue haleine et bon courage. Nous avons lu ses vers en épreuves ; nous ne savions pas encore son nom : notre admiration n'est donc pas un acte de complaisance".

 

Devenu un ami proche de la dame de Nohant, Silvestre témoigna de leur relation : "C'est en 1866 que je vis George Sand pour la première fois. Sans me connaître, elle avait écrit, pour moi, la préface d'un livre de vers dont elle avait trouvé et parcouru les épreuves chez Eugène Fromentin. [...] Il y eut plusieurs George Sand [...]. Il y eut la jeune femme qui, d’un grand essor littéraire, surgit éblouissante de beauté, de vigueur et de poésie, enivrée de nature et jetant aux échos les accents les plus passionnés qu’oreille humaine ait jamais entendus ; il y eut la femme plus recueillie déjà, que les souffrances du siècle avaient touchée au cœur, dont les rêves généreux avaient couronné le front et dont Thomas Couture a laissé un magnifique portrait aux deux crayons : il y eut enfin la femme vieillie qui sut entourer la fin de sa vie d'une souveraine dignité, l'aïeule sainte qui, des tendresses du foyer, fit à ses derniers ans une auréole, l'ouvrière obstinée d'une tâche de dévouement. C'est celle-là que je préfère à toutes, sans doute parce que c'est celle-là que j'ai connue et aimée !"

 

[On joint :]

SAND, George. Lettre autographe signée à une chère enfant. Non datée [été 1864]. Une page et demie in-8 (217 x 134 mm) sur un bifeuillet à son chiffre gaufré.

Après la mort du petit Marc-Antoine, premier enfant de Maurice Sand et de sa femme Lina, décédé des suites d'une dysenterie, à l’âge de un an. "J’ai été bien frappée, mais je ne suis pas malade. Seulement une grande fatigue de ce voyage si prompt, si loin, et si douloureux ! Je n’ai pu suivre mes pauvres enfans dans le voyage où je les ai poussés pour se distraire. Il m’a fallu revenir ici pour reprendre ma chaîne de travail arriéré qui ne me permet pas encore de vous donner rendez-vous".

Après l’enterrement du petit garçon, à Guillery, George Sand avait envoyé son fils et sa belle-fille passer quelques jours à Nîmes chez l’ancien précepteur de Maurice, Jules Boucoiran. 

Collection américaine.