
III. De la bibliothèque Alain Schimel (lots 54-100)
Rome, Naples et Florence. 1817. Édition originale, avec envoi à Félix Faure. Le premier ouvrage paru sous le nom de Stendhal.
Lot Closed
July 4, 01:21 PM GMT
Estimate
2,000 - 3,000 EUR
Lot Details
Description
Stendhal, Henri Beyle dit
Rome, Naples et Florence en 1817.
Paris, Delaunay, Pélicier, 1817.
In-8 (195 x 125 mm). Demi-basane brune, dos lisse orné de filets et fers dorés, tranches mouchetées bleues (Reliure de l’époque).
Stendhal en Italie.
Exemplaire de son ami Félix Faure.
Édition originale.
Premier ouvrage signé du nom de Stendhal. "Pour la première fois, H. Beyle utilisait le pseudonyme à consonance germanique à l’abri duquel il pouvait, en ‘hussard de la liberté’ multiplier les critiques sur les fâcheuses conséquences du Congrès de Vienne pour le destin de l’Italie" (Stendhal et l’Europe, catalogue de l’exposition à la BnF, 1983, n° 162).
Annoncé par La Bibliographie de France le 13 septembre 1817, l’ouvrage est entre les mains de Félix Faure moins d’un mois plus tard, ainsi que semble en témoigner la date manuscrite inscrite au titre.
Sur le faux-titre, à l'encre, une annotation manuscrite "Au / as sev th. Edinburgh Review" suivi de la référence de deux articles parus dans ce magazine, l'un dans le n° 64 du vol. 32 [octobre 1819] consacré à l'Histoire de la peinture en Italie, et le second dans le n° 57, vol. 29 [novembre 1817-février 1818] à Rome, Naples et Florence, p. 237 à 246, où il est notamment reproché à cet ouvrage de suivre un plan trop hasardeux et de présenter quelques approximations et parfois des erreurs.
(Pour un autre exemplaire de Félix Faure, voir lot 92).
Félix Faure (cachet humide).
Alain Schimel.
Cordier, 24-1.
Félix Faure (1780-1859), premier président à la cour de Grenoble de 1830 à 1836, pair de France en 1832, était le fils d’un propriétaire de Saint-Ismier. À cette date, Faure il est encore proche de Stendhal et les deux amis partagent des intérêts communs comme la lecture de The Edinburg Review, revue britannique des plus influentes au XIXe siècle que Stendhal a fait connaître à son compatriote.
Amis depuis leurs études à l'École centrale de Grenoble, Stendhal et Faure devaient peu à peu s'éloigner l'un de l'autre. Entre l'écrivain désenchanté et le haut serviteur de l'État menant une brillante carrière, la distance s'installa et l'aigreur également si l'on en croit Félix Faure qui écrit, vers 1840 : "Éviter de parler du Beyle d'aujourd'hui, irrité, aigri, détrompé parce qu'il a été trompé ; mais beaucoup du Beyle primitif, si loyal, si bon, si franchement bienveillant." De son côté, Stendhal, qui le considéra longtemps comme un "best friend", n’hésita pas, des années plus tard, à dresser de ce compagnon de jeunesse un portrait sans indulgence : "l’égoïsme et une absence complète de la plus petite étincelle de générosité, réunis à un caractère triste à l’anglaise et à la peur de devenir fou comme sa mère et sa sœur, forment le caractère de ce mien camarade. C’est le plus plat de mes amis et celui qui a fait la plus grande fortune" (Vie de Henry Brulard).
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