
Auction Closed
May 16, 02:17 PM GMT
Estimate
40,000 - 60,000 EUR
Lot Details
Description
A Louis-Philippe ebony veneered with gilt-bronze mounts and Italian hardstones plaques cabinet, by Alexandre Bellangé, circa 1840, the four musicians plaques, grand dukal workshop, Florence, late 18th century, the two plaques of the elegant couples, mid 18th century
opening with a door set with six plates after Jacques Callot's engravings, lined with laurel and oak leaves, the interior with three shelves, with a black marble top, a label " JC Webber & Sons ltd " and with inscriptions " Pierre " 451 " on the back
Height. 46¾in, width. 32 in, depth. 21 in
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Cabinet en placage d’ébène, monture de bronze doré et plaques en pierres dures d’époque Louis-Philippe, par Alexandre Bellangé vers 1840, les plaques des quatre musiciens, atelier grand-ducaux, Florence, fin du XVIIe siècle, les deux plaques du couple élégant, milieu du XVIIIe siècle
ouvrant pas un vantail serti de six plaques représentant des personnages d’après les gravures de Jacques Callot, les pans à chutes de feuilles de laurier et chêne, la ceinture bordée de larges feuilles et d’une frise d’oves, dessus de marbre noir, l’intérieur à trois étagères, au revers étiquette de transporteur « JC Webber & Sons ltd » avec inscription au crayon papier « Pierre » « 451 » à l’encre
Haut. 119 cm, larg. 82 cm, prof. 53 cm
REFERENCE BIBLIOGRAPHIQUE
S. Cordier, Bellangé, ébénistes, une histoire de goût au XIXe siècle, Mare & Martin, Paris, 2012
This beautiful piece of furniture is a perfect example of the eclectic taste of the first half of the 19th century. At that time, the desire to regenerate the decorative arts encouraged artists to draw inspiration from the styles of the past, from Antiquity to the end of the 18th century, using materials and techniques of the past. Thus, furniture such as ours became clever and clever mixtures of periods, adapting them nevertheless to the requirements of functionality and comfort wanted in the nineteenth century.
Excelling in the "historicist field", the Bellangé dynasty of cabinetmakers stretched from the end of the Ancien Régime to the middle of the 19th century. The father and son, Louis-François and Alexandre-Louis Bellangé, are the best known. They made some of the most original creations of their time. Most of the furniture of Louis-François Bellangé (1759-1827) shows a desire to highlight old decorations, sometimes going so far as to use elements from past centuries. He made a specialty of this from the reign of Louis XVIII. It is not a continuation of a past taste, as was the case for example for Bernard Molitor, who already made hardstone furniture under Louis XVI, but a recreation of 18th century furniture. The Bellangé recover old plates of pietra dura on older furniture to reuse them in their creations. For our furniture, it is about plates of the grand-ducal manufacture, Opificio delle pietre dure, founded in 1588 by the grand-duc Ferdinand I of Medici, which will be replaced.
The pietra dura motives are inspired by the engravings of Jacques Callot. His engravings, printed in 1622, show a troupe of grotesque dwarfs known as the Gobbi, who performed in Italy for the Medici court when Callot was working there. This singing and dancing entertainment troupe was a great novelty in the 17th century. Born in Nancy, Lorraine, Jacques Callot came to Italy to work under the direct patronage of the Medici in Florence, where he established his reputation as an engraver. Callot was a master at expressing the horrors and joys of 17th century life. Popular throughout Europe, he returned to Nancy in 1621 after the death of Cosimo Medici. The Gobbi series was copied a lot in France in the 19th century, especially in ceramics, like the series in the Victoria and Albert Museum in London (S.1015-1996).
A comparison with our piece can be made with a cabinet dated 1847 (illustrated by S. Cordier, op. cit., pp. 642-643, no. ALB 16) presented in this sale (lot 68). The unusual panels of the present lot can also be compared with two panels of a cabinet signed Bellangé, dated c. 1815-1818, now in the Royal Collections at Windsor Castle (ill. S. Cordier, Bellangé, ébénistes, Une histoire du goût au X/Xe siècle, Paris, 2012, pp. 581-583, LFB 2).
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Ce beau meuble à hauteur d’appui est un parfait exemple du goût éclectique de la première moitié du XIXe siècle. À cette époque, la volonté de régénérer les arts décoratifs incite les artistes à s’inspirer des styles du passé, de l’Antiquité à la fin du XVIIIe siècle, en utilisant des matériaux et des techniques du passé. Ainsi, des meubles comme le nôtre deviennent de savants et astucieux mélanges d'époques, les adaptant néanmoins aux exigences de fonctionnalité et de confort souhaitésau XIXe siècle.
Excellant dans le "domaine historiciste", la dynastie d'ébénistes Bellangé s'étend de la fin de l'Ancien Régime jusqu'au milieu du XIXe siècle. Le père et le fils, Louis-François et Alexandre-Louis Bellangé, sont les plus connus. Ils réalisèrent certaines des créations les plus originales de leur époque. La plupart des meubles de Louis-François Bellangé (1759-1827) montrent une volonté de mettre en valeur des décors anciens allant parfois jusqu'au remploi d'éléments des siècles passés. Il s'en fait une spécialité à partir du règne de Louis XVIII. Ce n'est donc pas chez lui une continuation d'un goût passéiste, comme ce fut le cas par exemple pour Bernard Molitor, qui réalise déjà des meubles en pierres dures sous Louis XVI, mais bien une recréation de meubles du XVIIIe siècle. Les Bellangé récupèrent donc d’anciennes plaques de pietra dura sur des meubles plus anciens pour les réutiliser dans leurs créations. Pour notre meuble, il s'agit de plaques de la manufacture grand-ducale, Opificio delle pietre dure, fondée en 1588 par le grand-duc Ferdinand Ier de Médicis, qui vont être remployées.
Les motifs de la pietra dura sont inspirés des gravures de Jacques Callot. Ses gravures, imprimées en 1622, montrent une troupe de nains grotesques connue sous le nom de Gobbi, qui se produisait en Italie pour la cour des Médicis lorsque Callot y travaillait. Cette troupe de divertissement, qui chante et danse, est une grande nouveauté au XVIIe siècle. Né à Nancy, en Lorraine, Jacques Callot se rend en Italie pour travailler sous le patronage direct des Médicis à Florence, où il établit sa réputation de graveur. Callot était un maître exprimant les horreurs et les joies de la vie au XVIIe siècle. Populaire dans toute l'Europe, il retourne à Nancy en 1621 après la mort de Cosimo Medici. La série des Gobbi fut beaucoup copiée en France au XIXe siècle, notamment en céramique, à l'image de la série du Victoria and Albert Museum de Londres (S.1015-1996).
Une comparaison avec notre meuble peut être établie avec un cabinet daté de 1847 (illustré par S. Cordier, op. cit., p. 642-643, n° ALB 16) présenté dans cette vente (lot 68). Les panneaux inhabituels du présent lot peuvent être aussi comparés à deux panneaux d'un cabinet signé Bellangé, daté vers 1815-1818, aujourd’hui dans les Collections Royales au Château de Windsor (ill. S. Cordier, Bellangé, ébénistes, Une histoire du goût au X/Xe siècle, Paris, 2012, p. 581-583, LFB 2).
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