
Auction Closed
May 16, 02:17 PM GMT
Estimate
70,000 - 100,000 EUR
Lot Details
Description
A Louis-Philippe ebony veneered, gilt-bronze mounts and hardstones plaques cabinet, stamped Alexandre Bellangé, the plaques workshop of the Médicis, Florence, 17th century
opening with a door decorated with eleven plates representing fruits, birds and bunches of flowers framed, the sides applied with gilt-bronze allegories of Spring and Autumn, the interior with four shelves, stamped on the back Bellangé n°33 rue des Marais / Fb St martin à Paris
Height. 57 ½ in, width. 37 in, depth. 20 in
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Grand cabinet en placage d’ébène, plaques de pierres dures et monture de bronze doré d’époque Louis-Philippe, estampille d’Alexandre Bellangé, les plaques atelier des Médicis, Florence, XVIIe siècle
ouvrant à un vantail, orné de onze plaques représentant des branches fruitées, des oiseaux et des bouquets de fleurs encadrées de frises de fleurs, la ceinture bordée de feuillages, dessus de placage d’ébène,les côtés appliqués d'allégories du Printemps et de l'Automne en bronze doré, l’intérieur avec quatre étagères, estampillé Bellangé n°33 rue des Marais / Fb St martin à Paris au dos en haut à gauche
Haut. 146 cm, larg. 94 cm, prof. 51 cm
This piece of furniture was probably one of the two mentioned in the inventory after the death of Alexandre Bellangé's mother in 1847:
"In a large shop to the left of the courtyard: [...] 68., two other pieces of furniture with a single door trimmed with bird mosaic, in hard stone, bronze, estimated at four hundred francs."
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Ce meuble faisait probablement partie des deux mentionnés dans l'inventaire après-décès de la mère d'Alexandre Bellangé en 1847 :
"Dans un grand magasin à gauche de la cour: [...] 68., deux autres meubles à une seule porte garnis de mosaïque à oiseaux, en pierre dure, bronze, estimé quatre cents francs."
(1) Archives Nationales, inventaire après décès de Marie-Madeleine Pignault de 1847, MC/RE/CX116
(2) A. Pradère, Les Ébénistes français de Louis XVI à la Révolution, 1987, p. 312
(3) S. Cordier, Bellangé, ébénistes, une histoire de goût au XIXe siècle, Paris, 2012, p. 374, fig. 250 et p. 642.
Alexandre Bellangé (1799-1863) took over from his father Louis-François, probably in 1823. He continued to make furniture decorated with hardstones after his father's retirement, working with the merchant Delahante.
This piece of furniture was probably part of the pair of "furniture with a single door decorated with mosaic birds, hardstone, bronze". This pair is listed under number 68 in the inventory after the death in 1847 of Marie-Madeleine Pignault, Bellangé's mother (1). This theory is confirmed by the presence of gilt-bronzes on the theme of Autumn and Spring on each side of the furniture presented. It evokes that there was a piece of furniture provided with the figures of Summer and Winter. It seems that this pair accompanied an even larger three-door piece of furniture with the same kind of decoration.
After the considerable success at the 1844 exhibition of industrial products, these gilt-bronze wall-lights on the sides of the furniture also represent the return of the Louis XVI spirit. The allegorical repertoire present here is associated with a certain modernity. These bronzes present modern tools such as a shotgun, they announce the "Louis XVI-Impératrice". It is interesting to mention a model of wall-lights symbolizing the Summer, very similar to the one presented, which was placed on a bed by François Linke, dated circa 1900 (see Sotheby's, Amsterdam, 29 October 2008, lot 271). The extraordinary quality and diversity of the gilt-bronze forms allow to date our piece of furniture after the Restoration period. The frieze of acanthus leaves on the upper part can be compared to furniture attributed to Boulle, such as the pair of sheaths kept in the Frick Collection in New York (inventory number: 1916.5.06). The wide frieze framing the front leaf is inspired by a design by Levasseur (2).
These pieces of furniture that Sylvain Cordier (3) qualifies as "curiosity cabinetmaking" are more in line with English taste than French taste in the 19th century. Still according to the same author, the current rarity of Bellangé furniture in France and, conversely, their overrepresentation in English collections, such as the Royal Collection of Windsor Castle and that of the Duke of Northumberland, would be proof that the Bellangé's primary clientele came from England. The French favor for furniture decorated with hardstones died out under Louis XV and returned only briefly during the reign of Louis XVI, before disappearing completely at the fall of the Ancien Régime. The hardstone plaques then come, most often, from furniture of the seventeenth century that is skinned or paintings that are imported directly from Florence. On our cabinet, the panels would be the remains of a box, skilfully reused by the cabinetmaker.These pieces of furniture come back to fashion under the Empire and the Restoration but in a very tenuous way. The current presence of furniture decorated with hardstones from this dynasty of cabinetmakers in France, of this quality, is therefore all the more exceptional.
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Alexandre Bellangé (1799-1863) prend la suite de son père Louis-François, vraisemblablement en 1823. Il poursuit la réalisation de meubles ornés de pierres dures après le retrait de son père, travaillant alors avec le marchand Delahante.
Ce meuble faisait probablement partie de la paire de « meubles à une seule porte garnis de mosaïque à oiseaux, en pierre dure, bronze ». Cette paire est inventoriée sous le numéro 68 dans l'inventaire, après le décès en 1847 de Marie-Madeleine Pignault, la mère de Bellangé (1). Cette théorie se confirme par la présence des bronzes dorés sur le thème de l'Automne et du Printemps de chaque côté du meuble présenté. Il évoque qu'il existait un meuble pourvu des figures de l'Été et de l'Hiver. Il semble que cette paire accompagnait un meuble à trois portes, encore plus large, revêtu du même genre de décor.
Après le considérable succès à l'exposition des produits de l'Industrie de 1844, ces appliques de bronze doré disposées sur les côtés du meuble représentent aussi le retour de l'esprit Louis XVI. Le répertoire allégorique présent ici est associé à une certaine modernité. Ces bronzes présentent des outils modernes comme un fusil de chasse, ils annoncent le « Louis XVI-Impératrice ». Il est intéressant d'évoquer un modèle d'appliques symbolisant l'Été, très similaire à celui présenté, qui décorait un lit de François Linke, vers 1900 (voir Sotheby's, Amsterdam, 29 octobre 2008, lot 271). L'extraordinaire qualité et diversité des formes en bronze doré permettent de dater notre meuble après l'époque de la Restauration. La frise de feuilles d'acanthe de la partie supérieure peut être rapprochée des meubles attribués à Boulle, comme par exemple la paire de gaines conservées à la Frick Collection à New York (n° d'inventaire : 1916.5.06). La large baguette encadrant le vantail en façade est, quant à elle, inspirée d'une frise de Levasseur (2).
Ces meubles que Sylvain Cordier (3) qualifie « d'ébénisterie de curiosité » relèvent plus, au XIXe siècle, du goût anglais que du goût français. Toujours selon le même auteur, la rareté actuelle des meubles des Bellangé en France et, à l'inverse, leur surreprésentation dans les collections anglaises, comme la collection Royale du château de Windsor et celle duc de Northumberland, serait la preuve que la clientèle première des Bellangé provenait alors d'Angleterre. La faveur française pour les meubles ornés de pierres dures s'éteint sous Louis XV et ne revient que brièvement sous le règne de Louis XVI, avant de disparaître totalement à la chute de l'Ancien Régime. Les plaques en pierres dures proviennent alors, le plus souvent, de meubles du XVIIe siècle que l'on dépèce ou de tableaux que l'on fait directement importer depuis Florence. Sur notre meuble, les panneaux seraient les vestiges d'un coffret, habilement réutilisés par l'ébéniste. Ces meubles reviennent quelque peu à la mode sous l'Empire et la Restauration mais de manière très ténue. La présence actuelle de meubles ornés de pierres dures de cette dynastie d'ébénistes en France, de cette qualité, n'en est donc que plus exceptionnelle.
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