
Poésies. Paris, 1931. Broché. Exemplaire unique annoté par Breton, Eluard et Valentine Hugo.
Auction Closed
May 11, 05:00 PM GMT
Estimate
3,000 - 5,000 EUR
Lot Details
Description
Valéry, Paul
Poésies. Paris, Gallimard, 1931.
In-12 (188 x 120 mm). Broché. Chemise demi-maroquin bordeaux et panneaux de papier-bois, et étui (Devauchelle). Papier jauni. Couverture un peu salie.
QUAND BRETON, ÉLUARD ET VALENTINE HUGO S’EN PRENNENT À PAUL VALÉRY.
Mention de treizième édition.
Exemplaire unique annoté en 1930 par un trio sans pitié, peu de temps après la virulente réponse de Breton et Éluard aux Notes sur la poésie par l’auteur de Monsieur Teste.
Une longue note autographe d’André Breton explique leur démarche (2 p. sur un feuillet in-12). "Cet exemplaire des Poésies de Paul Valéry – peu présentable et auquel manquent les pages 13-14 – offre l’intérêt de comporter sous forme de notes scolaires (de -20 qui exprime la totale désapprobation à +20 qui traduit la dilection parfaite en passant par le zéro d'indifférence ou d'ennui) l'appréciation comparée d'Éluard et de la mienne quant au contenu et à la forme – inséparables de chacun des poèmes suivants [...] Les annotations au crayon sont de la main d’Éluard. Nos initiales respectives nous désignent lui et moi. Le V qui s’y joint le plus souvent désigne Valentine Hugo qui se trouvant auprès de nous – c’était en 1930 – fut conviée à donner son avis […] Les poèmes "Hélène" et "Au Bois dormant" sont surchargés par Éluard du texte qu’il oppose spontanément à celui de Valéry".
Fortement influencé à ses débuts par Paul Valéry, rencontré en 1914, Breton se détache de lui en 1927, lorsqu’il est reçu à l’Académie française. En 1929, Valéry publie ses "Notes sur la poésie" dans Les Nouvelles littéraires du 28 septembre, auxquelles Breton et Éluard vont répondre violemment. À l’instar d’Isidore Ducasse corrigeant les maximes des moralistes des XVIIe et XVIIIe siècles, tous deux s’acharnent à détourner le texte de l’académicien et, le 15 décembre suivant, publient dans La Révolution surréaliste leurs propres Notes sur la poésie. À la conclusion de Valéry : "l’idole du nouveau est contraire au souci de la forme", Breton et Éluard opposent : " l’idée du nouveau est donc conforme au souci du fond".