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113

[Hugo, Victor] -- Juliette Drouet

Bel ensemble de 14 lettres autographes à Victor Hugo. 1848-1871.

Estimate:

7,000

to
- 10,000 EUR

[Hugo, Victor] -- Juliette Drouet

[Hugo, Victor] -- Juliette Drouet

Bel ensemble de 14 lettres autographes à Victor Hugo. 1848-1871.

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3 days, 21 hours

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[Hugo, Victor] -- Juliette Drouet


14 lettres autographes à Victor Hugo28 janvier [1848]-29 janvier 1871.


12 pages in-8 et 42 pages in-16 (206 x 133 et 102 x 61 mm). Une lettre incomplète.


AVANT ET APRÈS L’EXIL.


Dévouée et amoureuse, Juliette sert de secrétaire à Victor Hugo réclamant à leur retour d’exil de pouvoir enfin vivre à ses côtés, tout en s’inquiétant de l’atmosphère qui règne à Paris, à la veille du siège de la capitale.


28 janvier [1848] vendredi matin 10 h. (4 p.). "C’est tonique ! c’est tellement tonique que la plume me glisse des doigts et que je fais sauter ma chaise pardessus ma tête à force de grelotter". Elle le met au défi de lui aménager sa salle à manger en échange de l’argent qu’elle lui fait gagner en lui servant de secrétaire, copiant ses livres, gracieusement, et corrigeant les "pataquès" : "Je vous fais mon héritier bigre et n’est-ce pas de la m…armelade de chien. Je ne comprends pas que vous vous exposiez pour quelques misérables mètres de tapisserie à perdre mon héritage tout entier".

19 mai dimanche matin 10 h. (4 p.). Elle l’attend, n’étant pas allée à Saint-Germain avec ses amis Montferrier, espérant que son doux adoré pensera au jour de sa fête, ou tout au moins se décidera à venir travailler auprès d’elle. Elle précise qu’elle va commencer son traitement le lendemain, fermant sa porte à tout le monde sauf à lui, "ce qui n’est peut-être pas très logique ni très prudent au point de vue de la coquetterie et de l’amour […] demain donc j’endosse l’affreux masque de toile priant Dieu de me guérir ou de me tuer tout de suite".

5 mai samedi matin 16 h. ½. (4 p.). Évoquant la promenade faite avec Hugo dans l’île Saint-Denis, elle supplie le dieu des cœurs fidèles de lui procurer à nouveau une telle aubaine, regrettant de ne pas habiter plus près de son bien-aimé et espérant avoir l’occasion de déménager : "jusque là, il faut que je me contente de t’aimer dans mon coin".

Bruxelles 29 août 1870. Lundi matin 10 h. (4 p.). La famille Hugo a quitté Guernesey, s’apprêtant à rejoindre la France. Il est question de la santé des petits-enfants de Victor Hugo, de Louis [Koch], neveu de Juliette, qu’elle craint d’envoyer à Brest "pays du fanatisme religieux et impérialisme à outrance, lui protestant et suspect de républicanisme".

Paris 7 septembre 1870, mercredi 1h. ½ après-midi. (4 p.). Juliette est de retour dans la capitale après 20 ans d’exil. Elle a vu le triste Dulac [le républicain Jean-Baptiste-Clément Dulac] et son fils, compte aller sur la tombe de sa fille Claire, et sans doute rendre visite à Mme Paul Meurice, ainsi qu’à ses amis Luthereau et Lanvin.

Paris 8 septembre 1870 jeudi matin 10 h. (4 p.). Après la défaite de Sedan, Juliette est consciente du labeur formidable qui incombe à Hugo "dans ce lugubre chaos des choses et des hommes", inquiète également de loger dans une maison "qui semble un repaire de mouchards enragés, surtout contre toi".

Paris 11 septembre 1870. Dimanche matin 8 h. (4 p.). Les rumeurs patriotiques agitent Paris, des bureaux de recrutement pour la garde nationale se mettent en place : "Les crieurs crient à qui mieux mieux le fait terrible de Laon [l’explosion de la citadelle lors de la signature de reddition de la ville] sans se douter, hélas, des représailles non moins terribles que cela nous vaudra peut-être si les Prussiens continuent d’avoir l’horrible chance de la guerre pour eux".

Paris 13 septembre 1870. Mardi matin 10 h. (4 p.). En ces temps troublés et dangereux, elle le supplie de lui laisser prendre place à ses côtés : "réclamation de mon droit que je te formule gravement, honnêtement et pieusement comme il convient au culte que je t’ai voué depuis bientôt trente-huit ans".

Paris 14 septembre 1870. Mercredi 2 h. après-midi. (4 p.). Le cœur plein de son amour pour lui, Juliette s’inquiète pour la santé de Hugo qui loge avenue Frochot, chez les Meurice.

Paris 15 septembre 1870. Jeudi matin 11 h. (2 p.). Elle exprime son regret ne pas vivre à ses côtés, mais remplira la mission à mener auprès d’Hetzel.

Paris 21 septembre 1870. Mercredi midi. (4 p.). Elle a été réveillée à une heure du matin par une troupe d’artillerie prenant position devant chez elle "avec trois monstrueuses mitrailleuses ad hoc", et cela lui prouve encore une fois la nécessité de se rapprocher de son cher bien-aimé.

Paris 24 septembre 1870. Samedi matin 10h. ½. (4 p.). Elle ne sait pas si les nouvelles de la guerre sont si bonnes qu’on le crie dans les rues et s’inquiète toujours de savoir Victor Hugo éloigné d’elle et de Charles.

Paris 7 octobre 1870. Vendredi matin 10 h. (4 p.). Elle a décidé d’aller lui rendre visite, espérant pouvoir se promener un peu avec lui. "Je médite une sournoiserie à doubles tranchants, celle de vous surprendre en flagrant Enjolras et celle de rendre à madame P. Meurice la visite que je lui dois depuis long-temps".

Paris 29 janvier 1871. Dimanche 5 h.1/2 du soir. (4 p.). Logeant désormais au Pavillon de Rohan, ainsi que Charles Hugo et sa famille, Juliette peut donner des nouvelles de la petite Jeanne et toujours, redit son impatience de voir son amant : "j’espère, mon inéffablement grand, doux et bien aimé adoré que tu vas venir tout de suite". 


[On joint :]

Photographie de Juliette Drouet par Arsène Garnier. Tirage sur papier albuminé, découpé en médaillon (30 x 25 mm), contrecollé sur un carton imprimé à décor de chérubins (modèle déposé Ch. D.).

Une lettre incomplète.


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