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Vilmorin, Louise de

Manuscrit autographe. Le Cœur de la soirée. 1945. Exemplaire unique, calligraphié.

Auction Closed

May 11, 05:00 PM GMT

Estimate

3,000 - 4,000 EUR

Lot Details

Description

Vilmorin, Louise de


Le Cœur de la soirée. Manuscrit autographe signé. Chateaubriant, 20 juin 1945.


47 pages petit in-8 (210 x 135 mm), à l’encre noire, couverture titrée peinte à l’aquarelle, chaque feuillet orné d’un trèfle à l’encre rouge. Bradel maroquin bleu nuit, dos titré en long, tête dorée (Jean Duval). Dos passé.


UNIQUE EXEMPLAIRE DE CE RÉCIT AMOUREUX.


Manuscrit soigneusement calligraphié de la nouvelle que Louise de Vilmorin offrit à Diana Cooper, l’épouse de l’ambassadeur britannique Duff Cooper avec lequel elle eut une liaison à la fin de la guerre. En tête, Louise de Vilmorin a indiqué la liste de ses œuvres précédentes : Sainte-Unefois, La Fin des Villavide, Fiançailles pour rire, Le Lit à colonnes et Le Sable du sablier, et a précisé à la fin du manuscrit : "Droits de reproduction, traduction, interprétation cinématographique réservés pour tout pays y compris Mars, Saturne, Vénus, la Lune, Jupiter et la Laponie". Ce Cœur de la soirée, ne sera pas publié de son vivant, mais recueilli dans les Carnets posthumes (Gallimard, 1970).


"Des feux comme celui-ci ne s’allument que l’hiver, au creux de cette nuit toujours présente qui déjà hante l’aube. Le pays devint clair et lumineux, la forêt était rose et chaude, les chevaux, tout fumants, ne couraient pas assez vite, et le vent qui nous brûlait nous parlait de voyages, de fuite, de repos enlacés. L’ivresse et la douleur nous jetaient l’un contre l’autre et nous cherchions l’ombre, au revers des montagnes sous les pins, comme deux assoiffés cherchent l’eau pour s’y plonger et s’y perdre. Cet incendie dura tout un hiver, et, soudain, au premier passage des bécasses, s’éteignit".


Heureusement marié à Diana Manners (dont le buste et le prénom figurent sur son ex-libris), Duff Cooper eut cependant de nombreuses liaisons, ses maîtresses devenant parfois des amies de son épouse, à l’instar de Louise de Vilmorin, rencontrée lors de son ambassade à Paris en novembre 1944. C’est une soirée donnée à l’occasion du premier anniversaire du débarquement en Normandie, le 6 juin suivant, qui inspira à Louise ce récit, à la fois poétique et cruel, de ses amours heureuses ou meurtries. "L’univers de Louise mêle le saugrenu au tragique […] À travers ces images discordantes, c’est son intimité qu’elle livre" (G. Haroche-Bouzinac). Durant l’été 1945, Louise de Vilmorin passa plusieurs semaines à Chateaubriant, auprès de son frère André hospitalisé. C’est d’ailleurs Diana Cooper qui sauva la vie d’André en procurant à ses médecins de la pénicilline prélevée dans les stocks de l’armée anglaise. Cet événement ne compta pas pour rien dans le trio quasi inséparable que Louise forma avec le couple Cooper lors de leurs années parisiennes, et dont la complicité se poursuivit jusqu’à la mort de Duff en 1954.


Provenance : Duff et Diana Cooper (ex-libris).


Référence : Louise de Vilmorin, Duff et Diana Cooper, Correspondance à trois, Gallimard, 2008. -- Geneviève Haroche-Bouzinac, Louise de Vilmorin. Une vie de bohême, Flammarion, 2019.

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