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Livres et Manuscrits des XIX & XXe siècles (lots 99 à 171)

Céline, Louis-Ferdinand

3 lettres autographes signées à Albert Naud, son avocat, 1947-1950. 9 p. Sur Denoël et son procès.

Lot Closed

June 22, 01:47 PM GMT

Estimate

3,000 - 5,000 EUR

Lot Details

Description

Livres et Manuscrits des XIX & XXe siècles (lots 99 à 171)


CÉLINE, LOUIS-FERDINAND 

Trois lettres autographe signées à Albert Naud.

[Korsør], 1er décembre [1947], 10 [?] décembre [1947] et 20 [janvier 1950].


À PROPOS DE SES RELATIONS AVEC LES ÉDITIONS "NEO-DENOËL" ET LE PROCÈS QUI LE CONDAMNERA EN FÉVRIER 1950 À LA PRISON ET À L’INDIGNITÉ NATIONALE.


9 pages petit in-folio (340 x 208 mm), cachet encre rouge à la date de réception sur les deux premières lettres. Signées "L F Céline".


Il se méfie des intentions de Mme Voilier [Jeanne Loviton] qui dirige désormais les éditions Denoël et malgré la visite de Guy Tosi [directeur littéraire de Denoël] au Danemark, rien de sérieux ne se profile : "ce qu’il voulait surtout c’est emporter le manuscrit de Féerie… il se fiche pas mal de rééditer mes 3 livres, Voyage, Mort et Guignol. Il leur faut un coup de bourse pour remonter leurs finances plus que mal parties […] La maison néo-Denoël ne tient en ce moment que par voltiges, mensonges, hypothèses, espoirs, etc… […] J’ai toujours été le cheval courageux qui a tiré toute sa cargaison de navets et Dieu sait s’il en accumulait, stockait, engrangeait à plaisir".


Ayant demandé la résiliation de ses contrats chez Denoël, il fait part à son avocat de la visite d’un jeune émissaire chargé de le tâter "au sujet de la réédition de mes livres, non plus chez Denoël mais dans une autre maison… que je suppose être un diverticule de retraite, de repli où Mme Voilier voudrait bien m’offrir asile, la maison Denoël déconfite par une raison ou une autre". Mais il a confirmé ses conditions : "réédition immédiate de Mort à crédit, Guignol’s et Voyage. Droits d’auteurs sur X exemplaires à payer d’avance en Suisse ─ en francs suisses ─ pas de contrat d’une durée de plus d’une année ─ option pour celui qui me rééditera sur Féérie. Contrat renouvelable chaque année".


En janvier 1950, il s’insurge avec véhémence contre la traque dont il se dit la seule victime. Il demande à son avocat qui doit bientôt voir le "Rabbin pour synagogue riche" [René Mayer, garde des sceaux] et attirer son attention sur la persécution qu’on lui inflige. Il se compare à d’autres "seigneurs" et collaborateurs qui n’ont guère été inquiétés, comme Paul Morand ou le Dr. Robert Soupault. "Pourquoi moi seul le monstre qu’on traque ? Indéfiniment. Jamais tous ces gentilhommes n’ont fait un jour de prison ! Et pas indignes du tout !! C’est fort ! C’est du Robert Houdin !".

Et il poursuit ses invectives contre les Français qui n’idolâtrent que "la situaaation"et n’ont foi que dans la mauvaise foi. "Et puis l’amnistie en France n’est jamais populaire. La France a le cœur dur. En 1880, on sonnait encore et sec, les cocos de 71 ! […] À force de ne pas parler des choses, par élégance, on ne dit plus rien, et on l’a dans le cul !".


LITERATURE:

Lettres, Pléiade, p. 985 (lettre du 1er décembre 1947).

Lettres à son avocat, 118 lettres inédites à maître Albert Naud, éd. D. Monnier, Paris, La Flûte de Pan, 1984, p. 49-50, 53, 111-112.

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