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XV-XVIIIe siècles (lots 1-67)

Sade, Donatien-Alphonse-François, marquis de

Le début des affaires et la fuite en italie. 4 lettres ou pièces autographes dont une signée à Gaspard Gaufridy.

Lot Closed

June 17, 12:55 PM GMT

Estimate

5,000 - 7,000 EUR

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Lot Details

Description

Sade, Donatien Alphonse, marquis de

4 lettres ou pièces autographes dont une signée à Gaspard Gaufridy.

[1773-1776].

 

8 pages petit in-4 sur bifeuillets (200 x 155 mm) et 2 pages sur un onglet in-8 oblong (50 x 160 mm).


Le début des affaires et la fuite en Italie. 

Aux prises avec la justice après les affaires d’Arcueil, de Marseille et de Lacoste, Sade compte sur le soutien judiciaire et financier de son ami notaire.

 

  • Lettre autographe [1773 ?]. 4 pages sur un bifeuillet in-8 (la première page de la main de Sade, les trois autres de celle de son épouse Renée Pélagie).

Protestations contre une menace de saisie de la part du nommé Vial, huissier à Aix. "Voici encore un autre train, votre Vial d’Aix est venu faire l’insolent ici et dire qu’il partait pour Aix afin d’obtenir une saisie escortée de cavaliers, et qu’il étoit sur de l’obtenir, ayez la bonté de parler à cet homme et d’écrire ou prévenir à Aix à qui de droit pour empêcher cela. Un beau matin il arrivera encor quelque tapage sur cela. […] Il est bien désagréable de se trouver soi-même dans l'embarras pour avoir voulu mettre le bon ordre et les ordonnances peuvent bien aller au diable si pour les faire exécuter, on risque d'être saisi soi-même". Mme de Sade poursuit cette lettre en insistant auprès de Gaufridy pour qu’il intervienne auprès de Vial, craignant que cette affaire n'alerte les créanciers. Elle lui demande d'en instruire sa mère, n’ayant pas encore eu le temps de lui écrire.

De décembre à avril 1773, Sade a été incarcéré au fort de Miolans après sa condamnation par le parlement de Provence. Le 30 avril, Mme de Sade l’avait fait évader, le marquis vivant dès lors clandestinement, parfois caché à Lacoste.

 

  • Lettre autographe [1775]. Une page in-8.

Après l’affaire dite de Lyon ou des "petites filles". Sade ayant fait venir au château de Lacoste de très jeunes gens, une plainte pour enlèvement a été déposée auprès du procureur de Lyon, et la Présidente de Montreuil tente d’étouffer le scandale.

"Il faut que la femme Desgranges se désiste mon cher avocat, (et cela vous me voyez autorisé à l’exiger par la lettre ci-jointe que je reçois de madame de Montreuil) des plaintes par elle portées au procureur du roi de Lion. […] Le jupon a fait le plus grand effet et on est aujourd’hui de la meilleure humeur du monde. […] Point de nouvelles de la Jeunesse [valet du marquis, impliqué dans les orgies et le "recrutement" des fillettes] seulement qu'il a disparu de Lion, y laissant beaucoup des dettes. Cela me prouve que ce garçon que j’aimais et estimais est un bien mauvais sujet". Il demande des aulnes de coutil et une serrure pour une des armoires de sa bibliothèque.

 

  •  Lettre autographe [Rome ? fin 1775]. 2 pages oblong in-12.

Pour échapper aux poursuites, Sade s’est enfui en Italie où il restera jusqu’en juin 1776. Il demande à Gaufridy une adresse sûre à Marseille pour envoyer ses achats et pour organiser un éventuel retour à Lacoste. "J'ai déjà acheté quelques morceaux de porfire [sic] et d'albâtre ; j'ai d'assez belles pétrifications ; à Naples j’aurai de tout cela pour rien et je me composerai un petit cabinet d'histoire naturelle à fort peu de frais. Tout cela quand c'est acheté n'est pas fort commode à porter avec soi et je les enverrai toujours à l'avance. Le 2e objet serait, en cas que la fantaisie me prenne un beau matin de m'embarquer, d'être dans la possibilité de descendre incognito chez cet ami, qui avec le même incognito le lendemain me ferait partir pour la Coste. […] Vous me connaissez assez pour scavoir que quand je voudrai partir, rien ne m'arrêtera, et alors au lieu de descendre chez un ami je descendrai à l'auberge ce qui sera infiniment plus dangereux".

 

  • Lettre autographe signée "Mazan" (nom d’emprunt de Sade). [Grenoble, début juillet 1776]. 3 pages sur un bifeuillet in-8 (au verso du second feuillet, notes au crayon illisibles et essais de plume).

Après une année passée en Italie, Sade donne ses instructions pour organiser les étapes de son retour "incognito". Il indique la route que va suivre son valet La Jeunesse partant de Grenoble le lundi 8 juillet pour arriver à Lacoste le vendredi suivant et remettra une lettre de plaintes à Mme de Sade. Une voiture et des chevaux devront être menés à l’auberge "vis-à-vis le bacq de Roquemaure". La Jeunesse sera muni d’une réponse de la marquise "qui m’expliquera les causes de son silence et de cinq louis d’or qui me sont absolument indispensables", mais il devra éviter de venir le chercher à l’auberge de l’Air [Hers], "c’est très essentiel pour l’incognito".

 

[On joint :]

Copie d’un procès-verbal établi par l’huissier Vial, Apt 22 mars 1773 (2 pages in-4). Annonce d’une assignation publique faite aux sieurs Chauvin, Beridon et Bonnaud, habitants de Lacoste, de se présenter sous huitaine aux autorités judicaires, suite au décret de prise au corps rendu le 21 janvier 1773, à la requête du procureur juridictionnel de Lacoste. Sade est à cette date incarcéré au fort de Miolans, en Savoie.