View full screen - View 1 of Lot 61. 2 lettres de prison, écrites de Vincennes [1782] et de la Bastille [1788]. .

XV-XVIIIe siècles (lots 1-67)

Sade, Donatien-Alphonse-François, marquis de

2 lettres de prison, écrites de Vincennes [1782] et de la Bastille [1788].

Lot Closed

June 17, 12:57 PM GMT

Estimate

5,000 - 7,000 EUR

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Lot Details

Description

Sade, Donatien Alphonse, marquis de

2 lettres autographes, à Gaspard Gaufridy et à sa femme.

Sans date [1782 et 1788].

 

2 pages in-8 (187 x 137 mm) et 1 page petit in-4 (200 x 155 mm).

 

Deux lettres de prison, à propos de livres et de l’aménagement de sa cellule à la Bastille.

 

Arrêté en février 1777 et incarcéré à Vincennes, Sade est transféré à la Bastille en 1784, puis à Charenton au début du mois de juillet 1789 avant d’être libéré en avril 1790, suite à l’abolition des lettres de cachet.


  • À son cher avocat.

Il indique deux livres (De l’usage des statues chez les Anciens et Lettres de Pline le Jeune) complétant une liste précédente. "Vous y joindrez les prix si vous les scavez ou attendrez pour les joindre que le libraire de Paris ait répondu et tout de suite après je vous fairai passer le montant". Il lui demande de faire envoyer une lettre et de l’argent à un certain M. Brun à Grenoble, et ajoute : "Votre encre est toujours un peu trop blanche. Il faudrait tâcher de contrarier la lettre écrite à Grenoble pour presser l'homme à la caisse qui vient de me l'envoyer".


  • À sa femme [octobre 1788].

À la Bastille, Sade a fait aménager la nouvelle chambre qu’il a obtenue et demande à son épouse d’en régler les frais. "Je suis bien fâché, ma chère amie, de vous coûter aussi cher dans un temps surtout où vous êtes malade, mais, quand j’ai commencé cette dépense, j’ignorais votre incommodité. Je me suis bien trompé sur l’article de mon déménagement. Il va beaucoup plus haut que je ne l’avais cru, non qu’assurément j’ai fait la plus petite dépense inutile et qu’il y ait seulement un louis donné en luxe ; tout est de première nécessité et tout se réduit à une vieille tapisserie, un lit de camp, du sapin et du papier […] il me faut encore vingt louis […] Si tu désires mon bien être dans la malheureuse position où je suis, n’y aie pourtant pas de regret car au moins je serai aussi bien qu’on peut l’être en prison et sainement ce qui est le plus important. Je t’embrasse et te supplie de te bien ménager. […] Il faut absolument que tu accuses sous peu de jours la réception de celle-ci, sans quoi je serai contraint à prier les officiers de te faire part de ce qu’elle contient. Adieu, des nouvelles de ton état, je t’en conjure".