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Pagaie cérémonielle, Buka, Iles Salomon | Ceremonial Buka Paddle, Solomon Islands

Auction Closed

June 5, 02:55 PM GMT

Estimate

8,000 - 12,000 EUR

Lot Details

Description

Pagaie cérémonielle, Buka, Iles Salomon


haut. 128 cm ; 50⅜ in


Ceremonial Buka Paddle, Solomon Islands

Collection Daniel Vigne, France

Galerie Meyer - Oceanic Art, Paris

Collection Michel Lequesne, Paris, acquis en 2007

KRAUSE F., Zur Ethnographie Der insel nissan in Jahrbuch des meuseums fur volkerkunde zu leipzig, vol. 1, 1906 : p. 148, fig. 120-122.

WAITE D., Art of the Salomon Islands, 1983 : p. 113, fig. 3.

Museo di antropologia e etnologia (Florence, Italie), Oceania Nera, 1992, p. 132-133.

Utilisées pour manœuvrer les pirogues, les pagaies des îles de Buka et de Bougainville fabriquées dans un bois particulièrement tendre permettaient de fendre l’eau à toute vitesse. Selon Béatrice Blackwood, si une pagaie présentait des ornements, la face décorée faisait face à son utilisateur, exclusivement masculin si des décorations étaient présentes[1]. Ces pagaies ornées étaient souvent exposées ou utilisées comme accessoires de danse lors de rituels ou de mariage[2].


Particulièrement décorée, l’étonnante pagaie de la Collection Michel Lequesne présente trois figures de part et d’autre. Figure anthropomorphe divine, le kokorra représenté sur cette pagaie est une entité mythique de la culture salomonienne. Au sens propre, « kokorra » signifie « homme » mais ces effigies humanoïdes étaient apparentées au monde des esprits. La double utilité des pagaies sur lesquels ils étaient représentés offrait une protection à leurs utilisateurs dans de nombreuses circonstances. Afin de montrer au monde leur appartenance à la société ruk-ruk, les initiés de cette dernière arboraient un chapeau distinctif, appelé hassebou, ressemblant fortement à la coiffe domatique des figures kokorra[3], symbolisant le lien entre l’entité surnaturelle et les initiés de cette société.


La longue pâle aplatie de cette pagaie permet une mise en exergue de la sculpture en bas-relief du kokorra, complétée par des motifs en chevrons soulignant la finesse de l’art usuel salomonien. La pagaie de la collection Lequesne présente un détail iconographique particulièrement rare : la figure principale est en position debout. L’un des bras de cette effigie étant plus court que l’autre, il est envisageable, selon Anthony Meyer, qu’il s’agisse alors non pas d’un kokorra mais de la figure d’une personne en particulier, individualisée et respectée au sein de la communauté.


[1] BLACKWOOD B., Both sides of Buka passage, 1935 : p.380.

[2] WAITE D. & CONRU K., Trésors des îles Salomon, La collection Conru, 2004.

[3] PARKINSON R., Thirty Years in the South Seas : Land and People, Customs and Traditions in the Bismarck Archipelago and on the German Solomon Islands, 2010 : p.285.