
Auction Closed
June 28, 03:24 PM GMT
Estimate
50,000 - 80,000 EUR
Lot Details
Description
A pair of Louis XV gilt-bronze mounted Chinese blue enameled porcelain ewers, circa 1760
with cut-side porcelain, the mounts with scrolling foliages
(2)
Height. 12 ½ in
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Paire d’aiguières en porcelaine de Chine émaillée bleu turquoise, monture de bronze doré d’époque Louis XV, vers 1760
la porcelaine à pans coupé, la monture à décor rocaille de rinceaux et feuillages
(2)
Haut. 32 cm
Ancienne collection des barons Roslin d’Ivry
Vente de la collection du baron Roslin d’Ivry (1801-1883), petit-fils du fermier général Jean-Baptsite Roslin, seigneur d'Ivry (1721-1790), le 7 mai 1884, vraisemblablement le lot 208
Ancienne collection de la duchesse de Fezensac (1845-1913)
Ancienne collection de la comtesse H. Gontaut-Biron (1891-1963)
Ancienne collection des marquis de Laguiche puis par descendance à l'actuel propriétaire
A taste for celestial blue porcelain in the 18th century
With or without mounts, this type of celestial blue porcelain was particularly sought after throughout the 18th century. Queen Marie-Antoinette owned several pieces, which she entrusted to the marchand-mercier Dominique Daguerre - who was most likely her supplier - after she left Versailles in October 1789. After the Queen's death in 1793, they were transferred to the Louvre by the Arts Commission, where they are still kept today.
In the cabinets of porcelain connoisseurs, these objects also attracted the envy of marchand-merciers, who transformed them into luxury items.
In 1767, Charles-François Julliot, a famous merchant, commented on the appeal of porcelain: "Les porcelaines anciennes …ornent avec un ton de noblesse, aussi remarquable par la singularité des formes, que par la beauté du grenu de la pâte, le tact flou & séduisant des couleurs ce qui leur a maintenu la préférence chez ceux qui ont encore aujourd’hui le goût du vrai beau ». Le « tact flou » est défini dans une note par « On entend par tact flou, une certaine sensation que les Connaisseurs ressentent à la vue des Porcelaines ". The "fuzzy tact" is defined in a note by "On entend par tact flou, une certaine sensation que les Connaisseurs ressentent à la vue des Porcelaines ". It is Julliot's name, moreover, that regularly appears as the buyer for the celestial blue porcelain in the annotated sales catalogues.
Some mounted pieces, as in this case, are the result of the creativity and imagination of the merchant, who uses and transforms rare and precious materials with the help of craftsmen from different guilds to create wonder and seduce a clientele eager for novelty. He chooses the porcelain, favoring spectacular shapes and colours, has it cut, designed and collaborates with the bronze makers to adapt a frame that reflects the taste of the moment, and finally gives birth to an even more desirable object. Acting as intermediaries, advisors, suppliers and, of course, merchants, they contributed to the development of the art of gilded bronze and the great vogue for mounted objects.
The Baron Roslin d'Ivry family is renowned for its extensive collections of works of art and paintings housed in its château at Hénonville in the Oise department. The interior is adorned with paintings by François Boucher, such as Les Lavandières, which is kept at the Metropolitan Museum of Art in New York. Jean-Baptiste Roslin d'Ivry died in 1790, following in the footsteps of his son, Jean-Marie Roslin d'Ivry, who died in 1785, and whose widow was guillotined in 1794. During the Terror, the Hénonville estate was sequestered. The son of Jean-Marie Roslin d'Ivry, Jean-Baptiste Roslin d'Ivry (1775-1839), managed to regain possession and was made a Baron of the Empire in 1809. His son Léopold Roslin d'Ivry (1801-1883) lived on the estate until his death, after which the furniture was sold. His son-in-law, the Duc de Fezensac, bought several important pieces at the sale, including this desk.
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Le goût pour la porcelaine bleu céleste au XVIIIe siècle
Avec ou sans monture, ce type de porcelaine bleu céleste a été particulièrement recherché pendant tout le XVIIIe siècle. La reine Marie-Antoinette possédait plusieurs pièces qu’elle a confiés au marchand-mercier Dominique Daguerre -qui en était très vraisemblablement le fournisseur- après son départ de Versailles en octobre 1789. Ils furent ensuite attribués au Louvre par la commission des arts après la mort de la reine en 1793, où ils sont toujours conservés.
Présents dans les cabinets des amateurs de porcelaines ces objets attisaient aussi la convoitise des marchands-merciers qui les transformaient en objets de luxe.
Charles-François Julliot, célèbre marchand commente en 1767 l’attrait procuré par les porcelaines : « Les porcelaines anciennes …ornent avec un ton de noblesse, aussi remarquable par la singularité des formes, que par la beauté du grenu de la pâte, le tact flou & séduisant des couleurs ce qui leur a maintenu la préférence chez ceux qui ont encore aujourd’hui le goût du vrai beau ». Le « tact flou » est défini dans une note par « On entend par tact flou, une certaine sensation que les Connaisseurs ressentent à la vue des Porcelaines ». C’est d’ailleurs le nom de Julliot qui apparait régulièrement comme acheteur pour la porcelaine bleu céleste dans les catalogues de vente annotés.
Certaines pièces montées, comme c’est le cas ici, naissent de la créativité et de l’imagination du marchand-mercier qui utilise et transforme des matériaux rares et précieux avec l’aide des artisans des différentes corporations pour créer l’émerveillement et séduire une clientèle avide de nouveauté. Il choisit la porcelaine en privilégiant les formes et les couleurs spectaculaires, la fait couper, dessine et collabore avec les bronziers pour adapter une monture reflétant le goût du moment pour finalement donner naissance à un objet encore plus désirable. A la fois intermédiaires, conseils, fournisseurs et bien sûr commerçants, ils participèrent à l’essor de l’art du bronze doré et à la grande vogue des objets montés.
La famille des barons Roslin d'Ivry est connue pour l’importance de ses collections d’œuvres d’art et de peintures conservés dans son château d’Hénonville dans l’Oise. L’intérieur est orné de toiles de François Boucher comme Les Lavandières conservé au Metropolitan Museum of Art de New York. Jean-Baptiste Roslin d'Ivry meurt en 1790, après son fils, Jean-Marie Roslin d'Ivry, mort en 1785, dont la veuve est guillotinée en 1794. Pendant la Terreur, le domaine d'Hénonville est séquestré. Le fils de Jean-Marie Roslin d'Ivry, Jean-Baptiste Roslin d'Ivry (1775-1839), parvient à en reprendre possession et sera fait en 1809 baron de l'Empire. Son fils Léopold Roslin d'Ivry (1801-1883) habite le domaine jusqu'à sa mort, après laquelle le mobilier en est vendu. Son beau fils le duc de Fezensac racheta à la vente plusieurs pièces importantes dont ce bureau.
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