View full screen - View 1 of Lot 35. A royal Savonnerie carpet fragment, Duvivier workshop at Chaillot manufacture, Louis XV, circa 1750 | Tapis royal au point de la Savonnerie, atelier de Duvivier à la manufacture de Chaillot, d'époque Louis XV, vers 1750.
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A royal Savonnerie carpet fragment, Duvivier workshop at Chaillot manufacture, Louis XV, circa 1750 | Tapis royal au point de la Savonnerie, atelier de Duvivier à la manufacture de Chaillot, d'époque Louis XV, vers 1750

Estimate:

150,000 - 250,000 EUR

A royal Savonnerie carpet fragment, Duvivier workshop at Chaillot manufacture, Louis XV, circa 1750 | Tapis royal au point de la Savonnerie, atelier de Duvivier à la manufacture de Chaillot, d'époque Louis XV, vers 1750

A royal Savonnerie carpet fragment, Duvivier workshop at Chaillot manufacture, Louis XV, circa 1750 | Tapis royal au point de la Savonnerie, atelier de Duvivier à la manufacture de Chaillot, d'époque Louis XV, vers 1750

Estimate:

150,000 - 250,000 EUR

A royal Savonnerie carpet fragment, Duvivier workshop at Chaillot manufacture, Louis XV, circa 1750


after a design of Pierre-Josse Perrot initialy realised for Louis XV's dining room in Trianon, centered with a large rosette interspersed with fleurs-de-lys et blue cabochons, decorated with red and blue acanthus scrolls, flower garlands and blue medaillons with the interlaced L royal cypher on blue background framed with palms; (reduced in size, rewoven areas and repairs)


460 x 356 cm approx. ; 15 ft 1 in x 11 ft 8 in approx.

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Tapis royal au point de la Savonnerie, atelier de Duvivier à la manufacture de Chaillot, d'époque Louis XV, vers 1750


d'après un carton de Pierre-Josse Perrot réalisé initialement pour la salle à manger de Louis XV à Trianon, le tournesol central entouré de fleurs de lys avec deux cartouches ornés de L entrelacés, rinceaux et guirlandes de fleurs sur fond ivoire ; (il s'agit d'un fragment de l'un des sept tapis tissés entre 1745 et 1752)

It is the central part of a bigger Royal carpet ( the out borders have been cut). The colors are quite fresh with contrasts. There are some wear with floating tears around the central cartouche particularly in the area between one entrelaced L motif and the central oval. There are 3 areas which have been rewoven probably in the late 19th cent as the colors are now slightly faded. They are visible on the main image :

-on top, left of the entrelaced L

-at the bottom, in the middle below the entrelaced L

-on the right side , low part.

Nevertheless it remains attractive with a fine design and fresh colors.


"In response to your inquiry, we are pleased to provide you with a general report of the condition of the property described above. Since we are not professional conservators or restorers, we urge you to consult with a restorer or conservator of your choice who will be better able to provide a detailed, professional report. Prospective buyers should inspect each lot to satisfy themselves as to condition and must understand that any statement made by Sotheby's is merely a subjective, qualified opinion. Prospective buyers should also refer to any Important Notices regarding this sale, which are printed in the Sale Catalogue. NOTWITHSTANDING THIS REPORT OR ANY DISCUSSIONS CONCERNING A LOT, ALL LOTS ARE OFFERED AND SOLD AS IS" IN ACCORDANCE WITH THE CONDITIONS OF BUSINESS PRINTED IN THE SALE CATALOGUE."

Très certainement tissé pour l'usage du roi Louis XV entre 1745 et 1752

Vente Sotheby's, New York, le 7 décembre 1991, lot 139

Almost certainly created for King Louis XV between 1745-1752. This carpet was woven in Duvivier's workshop at the royal Savonnerie manufactory, based on a cartoon by Pierre-Josse Perrot. This name first appeared in the Gobelins ledgers as a painter before being affiliated with the royal Savonnerie manufactory. Pierre-Josse Perrot worked in the factory between 1725 and 1750 where he appeared to have been responsible for most of the models created during the first half of Louis XV’s reign. He led the initiative of prototypes and often was the director of the modelli which can still be perused in the manufacturer’s archives and the Duvivier collection.

Some of his cartoons are still in existence, which illustrate a perfect mastery of Rococo art with subtle movements and tangles of “natural” acanthus scrolls, shells, flowers, and fruits. Perrot, unlike his predecessors such as Charles Le Brun who often used war trophies in homage and reference to Louis XIV’s bellicose temperament, favored drawings expressing a more Baroque sensibility. His Rococo compositions were employed by the factory until the French Revolution and his accomplished style is beautifully demonstrated by the carpet we present.

The cartouches adorning the carpets made by Perrot for Louis XV always take on the royal attributes. This is the case here where we behold the fleur-de-lis and intertwined L’s, like the one kept in the Rothschild collections at Waddesdon Manor (cf. P. Verlet, The James A. de Rothschild Collection at Waddesdon Manor, The Savonnerie, London, 1982, pp. 272-281, cat. 10).

This carpet was part of a series of twenty-three examples woven between 1745 and 1790, the first of which, executed in 1745, was delivered in 1750 for the King's dining room at the Grand Trianon. During this period, Perrot changed his cartoon four times, mainly varying the number of fleur-de-lys and L’s intertwined in the compositions. Based on these successive modifications, P. Verlet distinguishes four categories among the carpets produced.

However, the entrelaced L appear on at least five carpets woven and later delivered between 1750 and 1759 for royal residences, namely the Grand Trianon (mentioned above), Choisy (two copies), Fontainebleau, and Saint-Hubert and a 6th was offered by the king Louis XV to the princess of Sweden, it still belongs to the royal Swedish collections (HGK 473).

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Ce tapis a été tissé à la manufacture royale de la Savonnerie, dans le nord-ouest de Paris (fig.1), sur un carton de Pierre-Josse Perrot. Ce nom apparait au départ dans les registres des Gobelins en tant que peintre avant d'être rattaché à celui de la manufacture royale de la Savonnerie. Pierre-Josse Perrot a travaillé à la manufacture entre 1725 et 1750 où il semble avoir été responsable de la plupart des modèles créés pendant la première partie du règne de Louis XV. Il était à l'initiative des modèles et souvent le réalisateur des modelli que l'on peut encore voir dans les archives de la manufacture et le fonds Duvivier. Certains de ses cartons nous sont parvenus, ils illustrent une maîtrise parfaite de l'art rocaille avec de subtils mouvements et enchevêtrements de rinceaux d'acanthe, coquilles, fleurs et fruits "au naturel" (fig. 2). Ses compositions rocailles ont été suivies à la manufacture jusqu'à la Révolution et son style abouti est magnifiquement illustré par le tapis que nous présentons. La présence d’attributs royaux comme c'est le cas ici avec les L entrelacés et les fleurs de lys visibles sur le tapis non réduit conservé dans les collections James A. de Rothschild à Waddesdon Manor dans le Buckinghamshire (fig.3) plaide pour une destination royale. Les compositions qui ne reprennent pas les attributs royaux étaient destinés à des commanditaires qui n'appartenaient pas à la famille royale, ou utilisé comme cadeau diplomatique aux puissances étrangères. Deux tapis certainement de ce modèle sont conservés dans les collections royales suédoises (HGK. 472 et 473), ils furent respectivement offerts par Louis XV et Louis XVI à la famille royale suédoise. Perrot, à la différence de ses prédécesseurs comme Charles Le Brun qui utilisait en grand nombre les trophées guerriers en hommage et référence au tempérament belliqueux de Louis XIV, a privilégié des dessins emprunts d'une sensibilité plus baroque.

D'après les éléments réunis par Pierre Verlet, il a été tissé 23 tapis, avec des variantes entre 1745 et 1790. Par déduction et avec beaucoup de prudence notre tapis pourrait correspondre à l'un des sept tapis tissés entre entre 1745 et 1752 sur lesquels les L entrelacés sont présents avant que le carton ne soit remanié plusieurs fois, et disparaisssent -ou ne sont pas décrits dans les détails des commandes- sauf sur un tissage de 1757-1758 pour le château de Saint-Hubert, avec deux L entrelacés sur les longs côtés alors que sur le notre ils apparaissent sur les côtés courts si on se base sur l'ovale du cartouche central pour extrapoler l'homothétie ; on écarterait ainsi la production postérieure à 1752.

Le premier tissé en 1745 était destiné à la salle à manger du Grand Trianon, un autre en 1746 pour Choisy, le 3eme en 1747 fut offert à la princesse de Suède, il appartient toujours aux collection (inv. HGK 473), un autre tissé en 1748 était encore destiné à Choisy, ceux tissés en 17449 et 1750 furent destinés à madame de Pompadour et à son frère le marquis de Marigny, enfin le 7eme tissé en 1751 rejoignit le château de Fontainebleau