
Lot Closed
November 19, 02:38 PM GMT
Estimate
25,000 - 40,000 EUR
Lot Details
Description
A Louis XVI gilt-bronze mahogany bureau à cylindre, by David Roentgen
opening with eight drawers and one roll-top discovering a black leather top and nine compartments, based on four tapered legs. Stamped R.ROENTGEN under the roll-top.
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Bureau à cylindre en acajou et bronze doré d'époque Louis XVI, par David Roentgen
ouvrant par huit tiroirs et un cylindre découvrant un plateau gainé de cuir noir et neuf compartiments, montants à cannelures terminés par quatre pieds fuselés, ornementation en laiton doré. Estampillé "D.ROENTGEN" sous le cylindre.
Haut. 129 cm, larg. 127 cm, prof. 70 cm; height 50¾ in; width 50 in; prof 27½ in
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Sotheby's sale, London, 5th July 2006, lot 173, sold 57 600 £ buyers premium included.
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Vente Sotheby's, Londres, 5 juillet 2006, lot 173, adjugé 57 600 £ buyers premium compris.
Yannick BAPT, « David Roentgen ambassadeur européen », Drouot 2000, l’art et les enchères en France, Paris, Compagnie des commissaires-priseurs de Paris, 2000, pp. 216-219.
Christian BAULEZ, « David Roentgen et François Rémond », L’Estampille-l’Objet d’art, no 305, septembre 1996, pp. 96-118.
Josef Maria GREBER, Abraham und David Roentgen, Möbel für Europa, Starnberg, Josef Keller Verlag, 1980, tomes 1 et 2.
Pierre KJELLBERG, Le Mobilier français du XVIIIe siècle, Dictionnaire des ébénistes et des menuisiers, Paris, Les Éditions de l’amateur, 1989.
Jean NICOLAY, L’art et la manière des maîtres ébénistes français au XVIIIe siècle, Paris, Éditions Pygmalion, 1986.
Alexandre PRADERE, Les ébénistes français de Louis XIV à la Révolution, Paris, Chêne, 1989.
Pierre RAMOND, Chefs-d’oeuvre des marqueteurs, T. III Marqueteurs d’exception, Paris, Editions H. Vial, 1999.
François de SALVERTE, Les Ébénistes du XVIIIe siècle, leurs œuvres et leurs marques, Paris, F. de Nobele, 1985.
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Yannick BAPT, « David Roentgen ambassadeur européen », Drouot 2000, l’art et les enchères en France, Paris, Compagnie des commissaires-priseurs de Paris, 2000, pp. 216-219.
Christian BAULEZ, « David Roentgen et François Rémond », L’Estampille-l’Objet d’art, no 305, septembre 1996, pp. 96-118.
Josef Maria GREBER, Abraham und David Roentgen, Möbel für Europa, Starnberg, Josef Keller Verlag, 1980, tomes 1 et 2.
Pierre KJELLBERG, Le Mobilier français du XVIIIe siècle, Dictionnaire des ébénistes et des menuisiers, Paris, Les Éditions de l’amateur, 1989.
Jean NICOLAY, L’art et la manière des maîtres ébénistes français au XVIIIe siècle, Paris, Éditions Pygmalion, 1986.
Alexandre PRADERE, Les ébénistes français de Louis XIV à la Révolution, Paris, Chêne, 1989.
Pierre RAMOND, Chefs-d’oeuvre des marqueteurs, T. III Marqueteurs d’exception, Paris, Editions H. Vial, 1999.
François de SALVERTE, Les Ébénistes du XVIIIe siècle, leurs œuvres et leurs marques, Paris, F. de Nobele, 1985.
David Roentgen (1743-1807) received Master in 1780.
Son of cabinetmaker Abraham Roentgen (1711-1793), himself a renowned cabinet maker and supplier to many German principalities, their workshops were located in Neuwied, Rhineland. A brilliant cabinetmaker and mechanic, David Roentgen was also a shrewd businessman. Very quickly, he had the ambition to sell his furniture in Paris. He went there for the first time in 1774, where he obtained a commission from Prince Charles-Alexander of Lorraine, Governor of the Netherlands and uncle of Marie-Antoinette. In 1779, he returned to Paris accompanied by a large number of pieces of furniture of his own making. These were very successful, especially with the royal family: Roentgen sold to Louis XVI a "tomb secretary" provided with a clock and a set of flute and tympanum, similar to those he had made for Charles-Alexander of Lorraine and for the King of Prussia Frederick William II. This secretary cost the crown 96,000 pounds, which, according to historian Alexandre Pradère, made it the most expensive piece of furniture of the 18th century. The asking price was justified by particularly ingenious mechanisms, as well as by the high degree of perfection of the marquetry paintings.
Based in Paris, while retaining his workshops in Neuwied, Roentgen was subject to the obligation to stamp his works. It is therefore surprising to find very little furniture bearing his stamp. Building on his Parisian successes, Roentgen turned to Europe's second most powerful kingdom, Russia. So in 1783, thanks to a letter of recommendation from Grimm, who described him as "the best cabinetmaker-mechanic of the century," Roentgen introduced himself to Catherine the Great. This was the beginning of a vast series of orders for sumptuous mahogany furniture that he delivered to both the Empress and Russian aristocrats close to her. In this effervescence, a school inspired by the master's work was founded in St. Petersburg, under the direction of one of its former workers, Christian Meyer.
Roentgen's production is rarely signed, his stamps appearing in very different ways. Some pieces of furniture bear a signature engraved at the bottom of an inlaid panel. Others have its monogram DR or even a 4 (fourth letter of the alphabet) surmounting an R. Others are provided with a stamp in full letters, whose text and typography vary, as JM Greber points out. : "Neuwied Roentgen", in cursive, "DAVID", "ROENTGEN FECIT A NEUWIED" or even "D. ROENTGEN" (similar to that of our furniture and also raised on a cylinder desk), all three in capitals. The latter seems even rarer. In fact, in 1989, Alexandre Pradère wondered: "It is astonishing to find currently only one piece of furniture with the D. Roentgen stamp. For his part, J. M. Greber says he has never encountered a Roentgen stamp with the "JME", another mystery.
Another model is conserved at the Versailles castle, probably ordered by the King Louis XVI in 1781.
Two another models has been sold by Sotheby's in London, 5 July 2006, lot 173, and 4 July 2018, lot 23.
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David Roentgen (1743-1807) reçu Maître en 1780.
Fils de l’ébéniste d’Abraham Roentgen (1711-1793), lui-même ébéniste de renom et fournisseur de nombreuses principautés allemandes, leurs ateliers se situaient à Neuwied, en Rhénanie. Brillant ébéniste-mécanicien, David Roentgen était aussi un homme d’affaires avisé. Très vite, il eut l’ambition de vendre ses meubles à Paris. Il s’y rendit une première fois en 1774, où il obtint une commande du prince Charles-Alexandre de Lorraine, gouverneur des Pays-Bas et oncle de Marie-Antoinette. En 1779, il retourne à Paris accompagné d’un grand nombre de meubles de sa fabrication. Ces derniers remportèrent un vif succès, notamment auprès de la famille royale : Roentgen vendit à Louis XVI un « secrétaire en tombeau » pourvu d’une pendule et d’un jeu de flûte et de tympanon, semblable à ceux qu’il avait réalisés pour Charles-Alexandre de Lorraine et pour le roi de Prusse Frédéric-Guillaume II. Ce secrétaire coûta à la couronne 96 000 livres, ce qui, d’après l’historien Alexandre Pradère, en fit le meuble le plus onéreux du XVIIIème siècle. Le prix demandé se justifiait par des mécanismes particulièrement ingénieux, ainsi que par le haut degré de perfection des tableaux de marqueterie.
Installé à Paris, tout en conservant ses ateliers à Neuwied, Roentgen était soumis à l’obligation d’estampiller ses ouvrages. Il est donc surprenant de ne rencontrer que très peu de meubles portant son estampille. Fort de ses succès parisiens, Roentgen se tourna vers le second royaume le plus puissant d’Europe, la Russie. C’est ainsi qu’en 1783, grâce à une lettre de recommandation rédigée par Grimm, qui le décrivait comme « le meilleur ébéniste-mécanicien du siècle », Roentgen s’introduisit auprès de la Grande Catherine. Ce fut le début d’une vaste série de commandes de somptueux meubles d’acajou qu’il livra tant à l’impératrice qu’aux aristocrates russes proches de cette dernière. Dans cette effervescence, une école s'inspirant du travail du maître fut crée à St-Petersbourg, sous la direction de l’un de ses anciens ouvriers, Christian Meyer.
La production de Roentgen est rarement signée, ses estampilles se présentant de manières très diverses. Certains meubles portent une signature gravée en bas d’un panneau marqueté. D’autres comportent son monogramme DR ou encore un 4 (quatrième lettre de l’alphabet) surmontant un R. D’autres sont pourvus d’une estampille en toutes lettres, dont, comme le souligne J. M. Greber, le texte et la typographie varient : « Neuwied Roentgen », en cursives, « DAVID », « ROENTGEN FECIT A NEUWIED » ou encore « D. ROENTGEN » (semblable à celle de notre meuble et aussi relevée sur un bureau à cylindre), toutes trois en capitales. Cette dernière semble plus rare encore. En effet, en 1989, Alexandre Pradère s’interroge : « Il est étonnant de ne rencontrer actuellement qu’un seul meuble avec l’estampille D. Roentgen. » De son coté, J. M. Greber précise qu’il n’a encore jamais rencontré d’estampille de Roentgen accompagnée du « JME », un autre mystère.
Un exemplaire similaire est conservé au château de Versailles, probablement commandé par Louis XVI en 1781.
Deux exemplaires similaires ont été vendus par Sotheby's Londres, le 5 juillet 2006, lot 173, et le 4 juillet 2018, lot 23