
De la bibliothèque de la comtesse de Provence
Lettres angloises... Paris, 1766. 13 vol. in-12. Maroquin rouge aux armes de la comtesse de Provence.
Lot Closed
June 25, 01:29 PM GMT
Estimate
3,000 - 5,000 EUR
Lot Details
Description
De la bibliothèque de la comtesse de Provence
[Richardson, Samuel]
Lettres angloises, ou Histoire de Miss Clarisse Harlove. Nouvelle édition, augmentée de l'Eloge de Richardson, des Lettres posthumes & du Testament de Clarisse.
Paris, Les Libraires associés, 1766.
13 volumes in-12 (163 x 95 mm). Maroquin rouge, armes poussées au centre des plats, triple filet doré en encadrement, dos à nerfs orné de fers dorés, pièces de titre et de tomaison de maroquin olive, tranches dorées (Reliure de l’époque).
Quelques rousseurs et feuillets parfois brunis.
L’UN DES ROMANS LES PLUS CÉLÈBRES DU XVIIIe SIÈCLE AUX ARMES DE LA COMTESSE DE PROVENCE.
La traduction de ce second roman de Richardson, qui connut un succès aussi considérable que le premier, Pamela, publié en 1740, est due à l'abbé Prévost. L'Éloge à Richardson est de Diderot.
Portrait et 23 figures hors texte gravées par Duflos d’après celles de l’édition de 1751-1762.
Richardson est considéré comme l'un des écrivains majeurs de l'histoire de la littérature anglaise. "Ô Richardson, Richardson, homme unique à mes yeux ! Tu seras ma lecture dans tous les temps. Forcé par des besoins pressants, si mon ami tombe dans l’indigence, si la médiocrité de ma fortune ne suffit pas pour donner à mes enfants les soins nécessaires à leur éducation, je vendrai mes livres, mais tu me resteras ; tu me resteras sur le même rayon avec Moïse, Homère, Euripide et Sophocle, et je vous lirai tour à tour […]" (p. ix).
Provenance : Marie Joséphine Louise de Savoie, comtesse de Provence (armoiries ; OHR 2549, fer n° 2). – Comte Gregoriy Alexandrovitch Stroganoff (ex-libris armorié portant sa devise "Terram opes patriae sibi nomen"). – Cachet russe sur le titre non identifié.
Référence : Cohen, 891-892 (indique 21 figures). – Quentin Bauchart II, p. 314-330 (non cité).
La bibliothèque de la comtesse de Provence (lots 65 à 97).
Marie Joséphine Louise de Savoie (1753-1810), fille du duc Victor Amédée III, épousa le 14 mai 1771 Louis Stanislas Xavier comte de Provence (futur Louis XVIII), frère cadet de Louis XVI.
"Animée d’un esprit libéral, Louise de Savoie eut son heure de faveur populaire, en défendant au début de la Révolution, ce qu’elle-même appelait, alors, les droits de la nation, et le bruit des explications assez vives qu’elle eut, à ce sujet, avec la reine Marie-Antoinette, lui valut plus d’une fois les applaudissements de la foule" (Quentin Bauchart, II, p. 313-314).
La comtesse de Provence termina sa vie en exil, parcourant l’Allemagne et l’Europe de l’est. Elle mourut en Angleterre en 1810, quelques années avant que son mari ne retrouve le trône.
Cette princesse, qui possédait une bibliothèque à Versailles mais également dans sa résidence de campagne à Montreuil, partageait, avec son époux, le goût des lettres et des arts. Sa bibliothèque comptait plus de 1600 volumes, dispersés pendant la Révolution. Versailles et Fontainebleau se partagèrent les plus importants, d’autres furent vendus ou volés.
Soigneusement reliés en maroquin rouge à ses armes, en pleine ou demi-peau, ses livres témoignent de l’éclectisme de ses goûts : belles-lettres, histoire, géographie, sciences, théologie, musique, etc.
En 1780, la comtesse de Provence avait acheté à Versailles, dans le quartier de Montreuil, un pavillon appartenant au prince de Montbarey. D’autres acquisitions lui permirent ensuite de constituer un vaste domaine de plus de vingt hectares, le Grand Montreuil, où elle aimait se retirer loin des tumultes de la cour. Elle y fit dessiner un parc à l’anglaise ponctué de nombreuses fabriques dont le pavillon de musique, érigé en 1784 par l’architecte Chalgrin.
Les propriétaires de ce pavillon se sont attachés, dès les années 1970, à faire revivre cet élégant bâtiment, unique vestige du Grand Montreuil. Au fil des années, ils ont acquis de nombreux livres provenant de la bibliothèque de la princesse, tentant de reconstituer son environnement familier. Les ouvrages présentés dans cette vente y ont été précieusement conservés jusqu’à aujourd’hui.
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