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XXe siècle (lots 111-170)
Le Testament d’Orphée. Dactylographie corrigée du scénario. [Avec :] La Belle et la Bête, environ 28 photographies originales et 5 reproductions de photographies.
Lot Closed
June 17, 01:37 PM GMT
Estimate
1,500 - 2,500 EUR
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Description
Cocteau, Jean
Le Testament d’Orphée. Film.
Dactylographie corrigée.
[Vers 1961.]
Environ 80 feuillets in-4 (270 x 210) et un feuillet in-8 d'errata, papier pelure (paginés I-VII et 1-71, 3 feuillets non chiffrés). Dans une chemise en carton, avec annotation allographe "Le Testament d'Orphée corrigé par J. Cocteau double de la copie de l'imprimerie (manque liste des interprètes)".
Dactylographie en vue de l'édition parue aux Éditions du Rocher en 1961.
Environ 56 corrections autographes de Cocteau, au stylo-bille bleu (orthographe, changements de mots, didascalies, etc.). Avec quelques corrections d'un collaborateur, au stylo rouge.
Avant le scénario lui-même (les 71 pages principales), la dactylographie présente une préface, un texte "Pas de symboles", "Le cinématographe considéré comme hypnotyseur", "Le Pêché original", "Phénixologie" (avec dédicace imprimée à Lucien Clergue)". Sans la liste des interprètes.
Après Orphée (1949), adapté de sa tragédie (1925), Cocteau voulait écrire son testament : "je boucle la boucle et si je ne le fais pas c’est une chute mortelle au bout de ma courbe", écrit-il dans une lettre à Gérard Worms (voir lot 128). "Après mon film Orphée, beaucoup de jeunes m'ont demandé pourquoi je laisse le poète Cégeste dans la zone après l'y avoir mis", dit-il ailleurs. Réalisé en 1959 et sorti en 1960, Le Testament d’Orphée sera le dernier film de Cocteau. Se mettant lui-même en scène, le poète meurt et ressuscite, au fil de visions oscillant entre présent et avenir, mythologie et imaginaire, angoisses et fantasmes. Aux côtés de Jean Cocteau, les rôles sont tous interprétés par des proches de l'écrivain et des acteurs célèbres : Jean Marais (Œdipe), Maria Casarès, Édouard Dermit, Pablo Picasso, Jacqueline Roque, Françoise Sagan, Francine Weisweiller, etc.
Cocteau meurt trois ans après avoir réalisé ce "testament" cinématographique.
[Avec :]
La Belle et la Bête. Ensemble d'environ 28 photographies originales et 5 reproductions de photographies du film (formats divers, la plupart in-4 (environ 290 x 240 mm), les autres plus petites)
La plupart annotées au verso par Cocteau : "La bête mourante au bord de l'étang", "Belle se coiffe devant le miroir magique", etc. Indications de mesures et de réduction au verso d'une autre main. Certaines portent la mention "Prod. André Paulvé" et "Photo G.R. Aldo".
Il s'agit probablement de photographies réunies pour La Belle et la Bête, journal d'un film, paru aux Éditions du Rocher en 1958.
"La Belle et la bête sort en salle en 1946 et reçoit le Prix Louis-Delluc. Le film est un immense succès. Au sortir de la Deuxième Guerre mondiale, à contrecourant du cinéma néoréaliste en pleine floraison, Jean Cocteau emprunte les chemins de la féerie pour renouer avec ses obsessions existentielles. Il adapte le conte de Jeanne-Marie Leprince de Beaumont, La Belle et la bête, publié en 1757, mais en le détournant de sa vocation première, qui était d’instruire les enfants en leur montrant que les apparences sont trompeuses. En s’appropriant ce conte qui, dit-il, 'correspond à sa mythologie personnelle', Jean Cocteau crée un climat onirique totalement original et donne libre cours à ses préoccupations intimes. Il confie à l’acteur Jean Marais, l’homme qu’il aime, le triple rôle de la Bête, du Prince et d’Avenant (un personnage qu’il invente), amoureux de Belle et ami de son frère." (site La féérie coctalienne : La Belle et la bête (1945) - La Cinémathèque française).
Pour d'autres manuscrits de Jean Cocteau ou d'Henri Michaux provenant de Gérard Worms, voir lots 124-129 et lot 155.
Gérard Worms (1912-1999), éditeur du livre, ami intime de Cocteau dont il fut l'un des deux exécuteurs testamentaires. Il avait rencontré Cocteau en 1949 par l’intermédiaire de sa sœur Francine Weisweiller. De 1959 à 1966, il dirigea les éditions du Rocher, fondées à Monaco par Charles Orengo en 1943.
Par descendance au propriétaire actuel.
Jean Cocteau décrivit ainsi le projet du Testament d'Orphée : "La zone est un no man's land entre la vie et la mort. Peut-être est-ce le sort des poètes, à n'importe quel âge, de vivre un pied dans la mort et l'autre dans la vie. Vous allez voir Cégeste réapparaître, me faire reproche de l'avoir abandonné dans la zone, et m'y entraîner à son tour. Le nulle part des poètes porte plusieurs noms. Cet habitacle est innombrable. Par exemple, il y a longtemps nous autres poètes que nous sommes dans la lune, et c'est même avec plaisir que nous y accueillerons les touristes, à quelque nation qu'ils appartiennent."