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XIXe siècle (lots 68-110)

[Famille Bonaparte]

33 lettres au chevalier Angiolini, à A. Crémieux et à divers correspondants, évoquant notamment le mariage de Pauline Bonaparte et le château de Mortefontaine. 1800-1878.

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June 17, 01:08 PM GMT

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Lot Details

Description

[Famille Bonaparte]

33 lettres au chevalier Luigi Angiolini, à Adolphe Crémieux et à divers correspondants.

1800-1878.


Intéressant ensemble émanant de membres de la famille Bonaparte évoquant notamment le mariage de Pauline Bonaparte et le château de Mortefontaine.


Les lettres s'adressent principalement soit au diplomate italien Luigi Angiolini, soit à l'avocat et homme politique Adolphe Crémieux.


Joseph BONAPARTE (1768-1844), roi de Naples puis roi d'Espagne en 1808.

5 lettres autographes signées3 billets autographesune lettre signée et un billet dicté, à Luigi Angioloni. Paris septembre 1800-juin 1804 ; 10 pages in-4 ou in-8, certaines avec souscription, cachets encrés. 

Billets de rendez-vous, à Paris ou à Mortefontaine, notamment au printemps 1803 au moment des négociations pour le mariage de sa sœur Pauline avec le prince Camille Borghèse. Et alors qu’Angiolini est à Dresde : "Je pense toujours que la Toscane mérite la bienveillance et l’intérêt du Gouvernement, surtout lorsqu'elle remettra ses intérêts entre vos mains" [4 vendémiaire IX].

Diplomate et homme politique progressiste, Luigi Angioloni obtint du tribunal de Pietrasanta l’autorisation d’ajouter le patronyme de son épouse au sien. La famille Gherardi-Angiolini, établie près de Seravezza, dans une grande villa, surnommée "Buon Riposo" [Le Bon Repos], reçut très régulièrement les Bonaparte exilés en Italie.


12 lettres autographes signées, deux lettres signées et un billet dicté, à l’homme de loi Crignon de Bonvallet. Paris, Mortefontaine ou Lunéville18 brumaire VII-21 vendémiaire X [8 novembre 1798-13 octobre 1801]. 18 pages in-8 ou in-4, dont 10 avec adresse.

Correspondance relative au château de Mortefontaine, près de Senlis, acheté par Joseph Bonaparte et son épouse Julie, née Clary, en octobre 1798. Où il est question de diverses sommes dues, de l’inscription au registre des adjudications, de l’achat ou de la vente de certains autres biens, du renouvellement de baux, etc. Avec 9 lettres et documents, concernant les héritiers et créanciers du banquier Joseph Duruey, ancien propriétaire de Mortefontaine, guillotiné le 18 mars 1794, dont une annonce pour la vente d’une maison rue d’Errancis (actuelle rue du Rocher), appartenant à Joseph Bonaparte. C’est à Mortefontaine que fut célébré le mariage de Pauline.

2 lettres signées dont une autographe à Adolphe CrémieuxLondres 17 avril 1840 et 21 janvier 1841. Une page in-8, signée "Joseph comte de Survilliers" et 2 pages in-4, signées "Joseph".

À propos d’une invitation, Crémieux se trouvant alors à Londres parce que faisant partie d’une délégation ayant pris la défense de la communauté juive de Damas [dont certains membres avaient été inculpés et condamnés après l’assassinat d’un père Capucin]. La seconde lettre, signée d’une main tremblante, concerne sa santé [il a été victime d’une crise d’apoplexie] et ses difficultés à pouvoir rejoindre l’Italie.


Lucien BONAPARTE (1775-1840).

Billet autographe rédigé à la 3e personne, à Angioloni. Dimanche 3 fructidor [21 août 1803]. Une page in-12, avec souscription.

Il le prie de venir déjeuner avec lui le lendemain. Par la correspondance d’Angiolini, on sait que cet autre frère de Napoléon était également très lié au chevalier et qu’il intervint, notamment dans la rédaction du contrat de mariage entre sa sœur et le prince Borghèse.


Joseph FESCH (1763-1839), oncle maternel des enfants Bonaparte.

Lettre autographe signée au citoyen Bonvallet, Paris 20 pluviose IX (9 février 1801). Demi-page in-8.

À propos d’une ferme, située près de Mortefontaine, que sa sœur [Laetizia Ramolino, Madame Mère] pourrait éventuellement acquérir.


Louis-Napoléon Bonaparte futur NAPOLÉON III (1808-1873).

Lettre autographe signée "Napoléon Louis B" à Adolphe CrémieuxFort de Ham 3 février 1846. Une page in-8.

Il ne suivra ni son conseil ni ceux de certains de ses amis politiques : "je crois avoir fait tout ce que les circonstances et le gouvernement avaient le droit d’exiger de moi et je n’irai pas plus loin". Il va lui faire remettre une copie de sa réponse à Odilon Barrot.

[Avec :] manuscrit autographe d’Adolphe Crémieux signé de son paraphe. Paris 15 décembre 1848. Lettre ouverte au tout nouveau président de la République, lui enjoignant d’être un drapeau de conciliation, non d’exclusion, et de refuser le gouvernement qu’on veut lui imposer. "Ordonnez, ordonnez seul ; ayez le pouvoir, vous avez la force […] Montrez à l’assemblée nationale que votre cœur est à la République et vous verrez par quelle majorité vous y serez entouré, soutenu, applaudi". 


Napoléon (Jérôme), dit PRINCE NAPOLÉON (1822-1891), fils cadet de Jérôme Bonaparte.

2 lettres autographe signées et une lettre signée à Adolphe CrémieuxParis 10 octobre 1858 et s.d. Une page in-8 chacune, une enveloppe.

À son retour d’une mission à Varsovie. "Je vous ai fait envoyer mon discours sur la Pologne et je suis certain que nous sommes d’accord, vous n’êtes pas un renégat, comme ce malheureux M. Billault !!". Il espère le voir avant son départ probable pour la campagne...

[On joint :]

Minute autographe signée d’une réponse de Crémieux à une invitation du prince Napoléon qu’il est contraint de décliner, en raison de ses propres opinions républicaines (Paris 23 juin 1855, 2 p. in-8).


Pierre-Napoléon BONAPARTE, prince Bonaparte (1815-1881), fils de Lucien Bonaparte et de sa seconde épouse, Alexandrine de Bleschamp.

6 lettres autographes signées à Adolphe Crémieux3 juillet 1860-15 février 1878. 20 pages in-8.

Lettres amicales et politiques, dont celle du 4 juin 1863, qui fait état des relations conflictuelles entre Pierre-Napoléon et son cousin, l’empereur Napoléon III, qui lui a ordonné de retirer sa candidature en le menaçant de mesures coercitives ou encore celle du 17 novembre 1868, à propos du rôle de son père, Lucien, au moment de l’abdication et de l’exil forcé de la famille Bonaparte (jointe la minute autographe d’une lettre de Crémieux sur ce même sujet). La dernière lettre est un pathétique appel au secours, affirmant qu’il serait littéralement mort de faim sans le secours de quelques cœurs généreux… 


[On joint :]

Carte in memoriam du prince impérial, tué le 1er juin 1879, illustrée d’une photographie contrecollée d’une prière et d’un poème de Léon de Jouvenel.

Carton d’invitation, vierge, pour le Théâtre de la Cour au palais des Tuileries.

André DUMONT (1764-1838), député de la Somme à la Convention nationale et haut fonctionnaire sous le Premier empire. 2 lettres autographes signées, Amiens 22 avril 1836 à un négociant collectionneur de lettres de conventionnels, et 20 janvier 1838, à une nièce, la félicitant de son heureux accouchement (1 p. in-8 chacune).

Séverin Paul ABBATUCCI [?]. Billet autographe signé à son cher Crémieux (1 p. in-8).

Pour les lettres adressées à Angiolini : Edmondo Gherardi Angiolini, arrière-petit-fils du chevalier Angiolini (cachets encrés). 

Membre d’une influente famille toscane, le chevalier Luigi Angiolini (1750-1821) débuta une carrière diplomatique au début des années 1790. Progressiste, favorable à l’unité italienne et francophile, grand voyageur, il servit longtemps le grand-duc de Toscane, présida un temps l’Assemblée électorale de Seravezza, avant de s’éloigner de la vie politique, s’établissant dans sa villa baptisée "Buon Riposo" où il décéda le 14 juillet 1821.

 

Fernand Beaucour (1921-2005), spécialiste de l'histoire de l'Empire et de la Révolution française.