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Char, René

Jeanne qu’on brûla verte. PAB, 1956. Véritable édition originale. Exemplaire de Gilbert Lély. Reliure de Georges Leroux.

Lot Closed

June 27, 01:12 PM GMT

Estimate

2,000 - 3,000 EUR

Lot Details

Description

Char, René

Jeanne qu’on brûla verte.

[Alès], PAB, été 1956.

 

In-16 (85 x 80 mm). Box vert opaline orné d’une bande centrale imitant une peau de reptile portant au premier plat le titre en lettres rouges sur une bandelette mosaïquée de maroquin vert, dos titré, étui (Leroux, 1992).

 

Minuscule délicatement relié par Georges Leroux.

 

Véritable édition originale, sans le titre orné, en grand partie détruite.

 

Un des 60 exemplaires sur pur fil du Marais (n° 44), numéroté et paraphé au crayon par PAB, signé à l’encre bleue par René Char (initiales), d'un tirage à 72 exemplaires.

 

Envoi autographe signé de son initiale, à l'encre noire, au titre.

"Pour Gilbert

R".

Ce dédicataire est très probablement son ami Gilbert Lély, poète et biographe du marquis de Sade.

Les Livres réalisés par P. A. Benoit 1942-1971. Montpellier, 1971, n°270.


A. Coron. Le fruit donné. Éphémérides de Pierre André Benoit, 1989.

"Écrit à la demande de Pierre-André Benoit, ce portrait de Jeanne d'Arc brûlée dans la verdeur de sa jeunesse fut adressé à Alès à la fin de juillet 1956. Après avoir écarté le risque d'une publication au calendrier du livre chrétien, où PAB l'entraînait plus ou moins ingénument, Char demanda à celui-ci de l'éditer lui-même. L'impression en était à peine achevée, fin août, quand l'envoi par Georges Braque d'un dessin de titre changea la donne : les plombs conservés furent retirés avec le dessin cliché, la couverture recomposée selon les indications de Char, et les exemplaires de la première édition... brûlés - presque tous" (Antoine Coron, René Char, 2007, p. 132).


Jean-Louis Gabin, dans son texte sur Gilbert Lély (Courant d'ombre, 5, 1998) a relaté comment Lély, Juif traqué par les nazis, fuyant dans le Vaucluse avec ses "deux lourdes valises remplies de livres et de manuscrits, parmi lesquels une édition bilingue du Théâtre de Shakespeare, un exemplaire sur Japon des Métamorphoses, les feuillets dactylographiés de Ma Civilisation..." , trouva refuge grâce à René Char, à Bonnieux, non loin du château du marquis de Sade, à qui Lély devait consacrer une grande partie de sa vie.