
Bankoni Horserider, Mali
Auction Closed
June 21, 04:43 PM GMT
Estimate
70,000 - 100,000 EUR
Lot Details
Description
Cavalier, Bankoni, Mali
haut. 64,5 cm ; 25½ in
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Bankoni Horserider, Mali
Height. 64,5 cm ; 25½ in
Collection Joseph Knopfelmacher (1923-2019), New York
Collection Hélène Leloup, Paris, acquis au précédent en 1978
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Joseph Knopfelmacher collection (1923-2019), New York
Hélène Leloup collection, Paris, acquired from the above in 1978
Paris, Galerie Leloup, Terres cuites de la boucle du Niger et alentour, septembre 1986
New York, Metropolitan Museum, Sahel : Art and Empires on the Shores of the Sahara, 30 janvier - 26 octobre 2020
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Paris, Galerie Leloup, Terres cuites de la boucle du Niger et alentour, September 1986
New York, Metropolitan Museum, Sahel: Art and Empires on the Shores of the Sahara, 30 January - 26 October 2020
Leloup, Terres cuites de la boucle du Niger et alentour, 1986, p. 43, n° 73
New York Metropolitan Museum, Sahel: Art and Empires on the Shores of the Sahara, p. 228, n° 130
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Leloup, Terres cuites de la boucle du Niger et alentour, 1986, p. 43, n° 73
New York Metropolitan Museum, Sahel: Art and Empires on the Shores of the Sahara, p. 228, n° 130
Un certificat de datation par thermoluminescence a été délivré le 14 juin 1994 par le laboratoire Alliance Science Art : âge XIe - XIIe siècle.
Le roi sacré Bankoni
Par Bernard de Grunne
Les statues équestres forment une catégorie bien à part dans la statuaire en terre cuite du Mali car elles figurent au nombre des objets les plus grands et les plus spectaculaires de cette région.
Cette étonnante statuette de style Bankoni figure un roi sacré montant à cru sur un quadrupède fabuleux. Le chercheur et anthropologue malien Youssouf Tata Cissé a attribué la paternité des statues en terre cuite de Bankoni, et notamment les figures équestres, à des clans Traoré de la région de Bamako qui deviendront les prêtres-rois (masa) qui se sont installés dans la Bana au sud de Bamako, une région riche de nombreux hypogées[1].
La représentation d’un prêtre-roi sacré au maintien altier, le torse dressé et droit, présente une gestuelle d’une étonnante symétrie. Le bras gauche tendu vers l’avant, sans doute pour tenir les rênes de l’animal, la jambe gauche repliée vers l’arrière qui rappelle le mouvement du bras droit également replié vers l’arrière avec la main posée sur la croupe de l’animal. Ce cavalier royal porte une dague sur son avant-bras gauche, symbole de la puissance guerrière des grands chasseurs.
Il est difficile d’identifier le quadrupède qui semble être un génie fabuleux, espèce de sphinx ou de centaure. Les jambes sont courtes et compactes, la tête est de forme rectangulaire, ornée de deux ou trois cornes manquantes dont on note le départ sur le crâne de sa gueule béante. J’ai publié une autre œuvre étonnante de style Djenné-jeno, d’un « cavalier », personnage barbu assis à califourchon sur un saurien qui fait sans doute allusion à de ces héros fondateurs du mythe Mandé qui commandent aux animaux et ont pu traverser le puissant fleuve Niger grâce à l’aide d’un crocodile[2].
Cette statue équestre est donc un hommage à un noble guerrier dont la monture se transformait en génie-cheval, souvent doté soit d’une tête de vautour ou de serpent selon que le cavalier fut un guerrier valeureux ou un roi irréprochable quant au respect des lois et coutumes du pays.
Le cheval et ses avatars sont associés dans le Mande médiéval à la vitesse, l’élégance, la richesse, et à un statut élevé. Il est synonyme de pouvoir, que celui-ci soit politique, militaire, juridique ou mystique. Les cavaliers sont perçus comme des êtres supérieurs parce qu’ils dominent le monde, physiquement et spirituellement. Le symbolisme lié aux figures équestres peut être rattaché à des événements historiques ainsi qu’à des significations mythiques. Un glissement de sens peut aussi se produire : la célébration d’un être exceptionnel, un roi ou un guerrier, peut mener à une représentation générale de la prééminence généalogique de l’ancêtre fondateur d’une dynastie royale ou d’un clan important.
Une étude minutieuse des premières sources arabes sur l’Afrique de l’Ouest révèle qu’on trouvait des chevaux sellés dans la partie occidentale de l’Afrique de l’Ouest, au Sénégal et dans l’Ouest du Mali, et des chevaux non sellés dans la partie orientale, dans le royaume de Kawkaw et les royaumes mossi. Il est probable que les statues équestres ayant une selle dénotent une influence islamique tandis que les statues sans selle relèvent d’une tradition africaine indigène.
Les fouilles archéologiques ont confirmé la présence de chevaux et leur sacrifice rituel sur de grands tumulus dans le Nord du Mali dès le VIIe siècle après J.-C. En Afrique de l’Ouest, le cheval a toujours été associé à la royauté et au prestige comme en témoigne le récit d’anciens voyageurs arabes. Ceux-ci ont en effet mentionné le fait que les rois du Ghana et du Mali réglaient des affaires juridiques à cheval au milieu de leurs sujets. La statuaire Djenné-jeno et Bankoni comprend un certain nombre de représentations de chevaux, ce qui confirme le rôle central joué par ces animaux dans l’histoire ancienne de toute cette région.
[1] Falgayrettes-Leveau et alii, Chasseurs et guerriers, 1998, p. 90-91
[2] de Grunne, Djenné-Jeno. 1000 ans de sculpture en terre cuite au Mali, 2014, p. 350, n° 254
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A certificate of dating by thermoluminescence was issued on June 14, 1994 by the laboratory Alliance Science Art : age 12th - 16th century.
Equestrian Statuary: A Superb Bankoni Priest-King
By Bernard de Grunne
Equestrian statues are in a class of their own in Malian terracotta statuary as they are among the largest and most spectacular objects in this region of the Sahel.
This astonishing Bankoni style equestrian depicts a sacred king riding bareback on a fabulous quadruped. Malian researcher and anthropologist Youssouf Tata Cissé has attributed the paternity of the Bankoni terracotta statues, and in particular the equestrian figures, to the Traoré clans of the Bamako region who became the priest-kings (masa) who settled in the Bana region south of Bamako, a region rich in hypogeums [1].
The representation of a sacred priest-king with a haughty posture, his torso erect and straight, presents a gesture of astonishing symmetry. The left arm stretched forward, probably to hold the animal's reins, the left leg bent backwards, which recalls the movement of the right arm also bent backwards with the hand resting on the animal's rump. This royal rider carries a dagger on his left forearm, a symbol of the warrior power of the great hunters.
It is difficult to identify the quadruped which seems to be a fabulous genius, a kind of sphinx or centaur. The legs are short and compact, the head is rectangular in shape, decorated with two or three missing horns whose departure on the skull of its gaping mouth can be noted. Compare this figure to another astonishing work in the Djenné-jeno style, of a "rider", a bearded character sitting astride a saurian, which no doubt alludes to the founding heroes of the Mande myth who commanded animals and were able to cross the mighty Niger River with the help of a crocodile[2].
The Leloup equestrian statue is a tribute to a noble warrior whose mount was transformed into a genie-horse, often endowed with the head of a vulture or a snake, depending on whether the rider was a valiant warrior or an irreproachable king when it came to respecting the laws and customs of the country.
The horse and its avatars are associated in medieval Mande with speed, elegance, wealth, and high status. It is synonymous with power, whether political, military, legal or mystical. Horsemen are seen as superior beings because they dominate the world, physically and spiritually. The symbolism associated with equestrian figures can be linked to historical events as well as to mythical meanings. A shift in meaning can also occur: the celebration of an exceptional being, a king or a warrior, can lead to a general representation of the genealogical pre-eminence of the founding ancestor of a royal dynasty or an important clan.
A careful study of early Arabic sources on West Africa reveals that saddled horses were found in the western part of West Africa, in Senegal and western Mali, and unsaddled horses in the eastern part, in the Kawkaw and Mossi kingdoms. It is likely that the saddled equestrian statues indicate an Islamic influence, while the unsaddled statues reflect an indigenous African tradition.
Archaeological excavations have confirmed the presence of horses and their ritual sacrifice on large burial mounds in northern Mali as early as the seventh century A.D. In West Africa, the horse has always been associated with royalty and prestige, as evidenced by the accounts of ancient Arab travelers. Indeed, they mentioned that the kings of Ghana and Mali settled legal matters on horseback among their subjects. The Djenné-jeno and Bankoni statuary includes a number of representations of horses, confirming the central role played by these animals in the ancient history of this entire region.
[1] Falgayrettes-Leveau et alii, Chasseurs et guerriers, 1998, p. 90-91
[2] de Grunne, Djenné-Jeno. 1000 ans de sculpture en terre cuite au Mali, 2014, p. 350, n° 254
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