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Pair of putalana Ear ornaments, Marquesas Islands, 19th century | Paire d'ornements d'oreille putalana, XIXe siècle, Îles Marquises

Pair of putalana Ear ornaments, Marquesas Islands, 19th century | Paire d'ornements d'oreille putalana, XIXe siècle, Îles Marquises

Pair of putalana Ear ornaments, Marquesas Islands, 19th century | Paire d'ornements d'oreille putalana, XIXe siècle, Îles Marquises

Pair of putalana Ear ornaments, Marquesas Islands, 19th century

Sperm whale tooth


Haut. Height 5 cm et 3,9 cm ; 2 in and 1½in

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Paire d'ornements d'oreille putalana, Îles Marquises, XIXe siècle

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English private collection

Clarks Auction rooms, Liskaerd Cornwall 

Edric van Vredenburgh Collection, aquired in this auction

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Collection privée anglaise

Clarks Auction rooms, Liskaerd, Cornouailles

Collection Edric van Vredenburgh, acquis lors de cette vente

Paul Gauguin admirait le « sens inouï de la décoration » dont faisaient preuve les Marquisiens, qui parvenaient toujours à conférer à chaque objet, quelle que fût sa forme géométrique, un équilibre et une harmonie parfaits, sans ne « laisser aucun vide choquant ou disparate ». [1] « La base, [poursuivait-il], est le corps humain ou le visage. Le visage surtout. On est étonné de trouver un visage là où l’on croyait à une figure étrange géométrique. Toujours la même chose, et cependant jamais la même chose ».[2]

Chefs-d’œuvre de l’art marquisien, ces ornements d’oreilles cristallisent à merveille les observations du peintre : si le motif représenté – un couple se faisant face accompagné d’une troisième figure – est typique et correspond à l’un des quatre thèmes référencés par Steinen, que l’on retrouve habituellement sur ce type d’objets, les personnages en revanche sont uniques par leur forme et les décorations qui ornent leurs flancs.[3] Steinen nomme ce thème « the loving couple », tout reconnaissant sa difficulté à interpréter cette énigmatique troisième figure, qui semble faire cavalier seul.[4]


D’après les premiers visiteurs européens, les Marquisiens ne portaient ces ornements qu’à de très rares occasion, lors de fêtes et de cérémonies au cours desquelles ils se paraient de leurs plus beaux bijoux, tantôt imposants et massifs, tantôt petits et délicatement ouvragés. Les ornements en ivoire (hakakai), sculptés dans des dents de cétacé – baleine ou cachalot - ou plus rarement des défenses de cochon, étaient portés par les deux sexes. Les dents de baleine figuraient parmi les objets les plus rares et les plus précieux des Marquises. Décrivant les ornements marquisiens, Porter observait ainsi « qu’aucun bijou, aussi précieux soit-il, n’a autant de valeur en Europe et en Amérique, que la dent de baleine en possède ici ».[5] Cependant, ces bijoux devinrent plus abondants au cours du XIXème siècle, lorsque les baleiniers et les marchands de bois de santal acheminèrent des dents de baleine en grande quantité dans ces îles, pour les échanger contre des vivres et des denrées.


Les ornements putalana constituent assurément le plus beau type de bijou marquisien. Selon Handy, ils étaient l’apanage des femmes, et se transmettaient selon une ligne héréditaire féminine.[6] Gérauld Chaulet à la fin du XIXe siècle, assurait pourtant en avoir vu portés par des hommes.[7] Quoi qu’il en soit, ces bijoux ont commencé à figurer dans les collections des musées autour des années 1840. De forme cylindrique, ils consistent en une sorte d’aiguillon sculpté de manière élaborée, qui se projette à l’arrière de l’oreille. Parmi l’ensemble des hakakai, les putalana présentent indéniablement le plus haut degré de raffinement.[8]


[1] Gauguin, P., Avant et après, éd. en fac-similé, Paris, 1923 : p. 73.

[2] Ibid.

[3] Steinen, Karl van den, Die Marquesaner und Ihre Kunst, vol. 2, 1925-1928 : p. 136.

[4] Kjellgren, E, Ivory, C., Adorning the World, Art of the Marquess Islands, 2005 : p.78.

[5] Porter, D., Journal of a Cruise (1815), 1986 : p. 309.

[6] Handy, E. S. C., The Native Culture in the Marquesas, 1923 : p. 289.

[7] Cité par Kjellgren, E. et Ivory, C., dans Adorning the World, Art of the Marquess Islands, 2005 : p.77.

[8] Ibid, p.74-79.