Bibliothèque littéraire Hubert Heilbronn

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View full screen - View 1 of Lot 242. La Noce massacrée. Paris, 1921. Ex. du dédicataire, Raymond Radiguet, avec envoi. Ex-libris Pierre Bergé.

Cocteau, Jean

La Noce massacrée. Paris, 1921. Ex. du dédicataire, Raymond Radiguet, avec envoi. Ex-libris Pierre Bergé

Auction Closed

May 11, 05:00 PM GMT

Estimate

6,000 - 8,000 EUR

Lot Details

Description

Cocteau, Jean


La Noce massacrée (souvenirs). 1. Visites à Maurice Barrès. Paris, À la Sirène, 1921.


In-12 (180 x 118 mm). Broché. Couverture imprimée et rempliée, chemise et étui demi-chagrin noir modernes. Couverture légèrement tachée.


ÉMOUVANT EXEMPLAIRE DE RAYMOND RADIGUET.


Édition originale, dédiée à Raymond Radiguet.


Jean Cocteau raconte ici deux visites rendues à Maurice Barrès au début de la guerre, les 23 septembre et 6 octobre 1914. Il évoque au cours de sa seconde visite "le cache-cache d'une conversation assez réduite, parce que Barrès ignore tout des jeunes" qui le laissa fort déçu.


Cocteau s'amuse à parodier les Dialogues parisiens. I. Huit jours chez M. Renan de Barrès publiés en 1888. "On a si bassement compris mes visites à Barrès que je brûle les portraits que je comptais réunir sous le titre La Noce massacrée. On me croyait méchant. Est-ce assez bête ! Je me suis servi de l’exemple de Barrès comme d’un projecteur pour éclairer certaines choses. Jeux de mains, jeux de vilains. C’est-à-dire que les jeux deviennent vite jeux de mains lorsque les vilains s’en mêlent. Nous sommes à une triste époque de grandes personnes. On ne sait plus jouer. Je jouais. Je connais trop le tour d’esprit de Barrès pour ne pas savoir qu’il m’approuve." (D’un ordre considéré comme une anarchie, allocution au Collège de France, 1923.)


Précieux exemplaire avec envoi autographe signé, à la suite de la dédicace imprimée : "A Raymond Radiguet

son ami

de toujours

Jean Cocteau", sur le feuillet de dédicace.


La page suivante porte ce texte imprimé : "Mon cher Radiguet. Vos dix-sept ans sont une preuve vivante de ce que j'affirme. Vous avez peu publié encore, mais vos poésies nous rafraîchissent. Nourri dans l'extrême-gauche des lettres, vous la menacez d'une rose, comme d'une bombe. Seul attentat possible contre les fleurs du mal et les machines. Moi, j'ai mis longtemps à chasser l'ange du bizarre. Je salue en vous le premier contradicteur-né de la 'poésie maudite'".


En avril 1921, paraît La Noce massacrée alors que Radiguet travaille avec acharnement au Diable au corps, stimulé par la compagnie de Jean Cocteau, à partir de notes prises en 1919.


Provenance : Raymond Radiguet (envoi). -- Pierre Bergé (I, 11 décembre 2015, n° 157).