View full screen - View 1 of Lot 168. Masque, Téké / Tsayé, République Démocratique du Congo | Teke / Tsaye mask, Democratic Republic of the Congo.
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Masque, Téké / Tsayé, République Démocratique du Congo | Teke / Tsaye mask, Democratic Republic of the Congo

Masque, Téké / Tsayé, République Démocratique du Congo | Teke / Tsaye mask, Democratic Republic of the Congo

Masque, Téké / Tsayé, République Démocratique du Congo | Teke / Tsaye mask, Democratic Republic of the Congo

Masque, Téké / Tsayé, République Démocratique du Congo

haut. 30 cm; 11 3/4 in


Collection Bernard et Bertrand Bottet, Nice
Christie's, Paris, 15 juin 2002, n° 243
Lance et Roberta Entwistle, Paris / Londres
Collection privée américaine, acquis en 2002
Patton et Freyer, Treasures, 2004, n. p.
Fogel, Nooter Roberts et Thomas, “The Inner Eye: Vision and Transcendence in African Arts” in Tribal Art, n° 84, Eté 2017, p. 91, n° 14
Washington, D.C., The National Museum of African Art, Smithsonian Institution, Treasures, 17 novembre 2004 - 15 août 2005
Los Angeles, The Los Angeles County Museum of Art, The Inner Eye: Vision and Transcendence in African Arts, 26 février - 9 juillet 2017

Les deux fines fentes libérant un espace de vision, le front en surplomb et les orifices qui ponctuent le pourtour du masque - destinés à recevoir un décor de plumes et de fibres végétales - caractérisent la première génération stylistique des masques Téké, dont l'origine remonterait à la deuxième moitié du XIXsiècle. Créations des Téké-Tsaaye (centre-est de la République du Congo), ces masques se distinguent par la modernité de leur forme discoïdale et du décor polychrome abstrait envahissant la surface. Selon Marie-Claire Dupré (« Masque de danse ou cartes géopolitiques ? L’invention de Kidumu chez les Téké Tsayi au XIXe siècle » in Cahiers des Sciences Humaines, n° 26, 1990, p. 447-471), ces motifs complexes constituent autant de dessins ésotériques dont la lecture permettrait d’obtenir « toutes les informations nécessaires sur l’histoire des Téké tsayi ». Agencés symétriquement, ces signes - nés du rêve et de l'usage de racines hallucinogènes - associés à une connaissance secrète "font mémoire du ciel, de la terre […], des migrations tsaayi […], des liens entre les astres, les esprits de la nature et la présence voilée des ancêtres » (Neyt, Fleuve Congo, 2010, p. 69).


Au sein de son corpus ce masque s'affirme comme l'un des très rares exemplaires anciens conservés dans les collections occidentales. Cet archaisme s'impose par l'ancienneté des pigments, par l'usage des percements du pourtours mais surtout par le bourrelet sculpté dans le bois à l'envers du masque qui permettait au danseur de positionner son visage, ce détail ne se retrouve que sur les masques les plus anciens. Enfin, cette oeuvre s'impose par la beauté et la richesse de son décor pictural qui l'apparente très étroitement au masque des Collections du Musée Barbier Mueller (inv. n° 1021-20).