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XXe siècle (lots 51 à 142)

[Internationale lettriste] ─ Guy Debord

La belle Jeunesse. [1953 ?]. Tapuscrit corrigé, avec envoi. [Joint :] 12 documents de l'I.L. etc.

Lot Closed

March 1, 02:35 PM GMT

Estimate

1,500 - 2,000 EUR

Lot Details

Description

XXe siècle (lots 51 à 142)


[Internationale lettriste] ─ Guy Debord

La belle Jeunesse.

Scénario inédit.

[Fin 1952-début 1953].


8 p. in-4 (272 x 210 mm), agrafées, dactylographiées sur papier pelure vergé. Signature autographe à la fin "GE Debord". Au coin supérieur gauche, le nom "Pour Claude Eric", dactylographié, est barré.


Inédit. Une redécouverte : le script du film de Debord.


Corrigé, avec envoi de Debord à son collaborateur.


Avec un ensemble de documents sur l'Internationale lettriste et l'Internationale situationniste.


Après son premier film Hurlements en faveur de Sade 1952, film dépourvu d'images et constitué uniquement de la bande-son ─ l'écran diffusait une image blanche ─ Guy Debord prévoyait en 1953 de réaliser un nouveau film intitulé La Belle jeunesse ; selon l’I.S. d’août 1953, Gaëtan Langlais aurait collaboré à ce scénario ("Allez-y voir vous-mêmes", Internationale lettriste, août 1953, n° 3).


Le texte de ce scénario était jusqu'à présent inconnu ; on se demandait même s'il avait jamais existé, en dehors de l'annonce du film dans l'I.S. E. Brun suppose que le titre "laisse à penser qu'il voulait y mettre en scène les comportements ‘irréguliers’ de ses premiers amis du ‘Quartier’." En fait, il s'agit plutôt d'un texte sur la jeunesse qui passe, confronté à l'actualité d'un monde qui bouge, et la trace que ces jeunes peuvent laisser. La thématique sera reprise dans La Société du spectacle : "Comme elle est belle, la jeunesse — qui s'en va si vite".


Envoi autographe signé de Guy Debord à Gaëtan Langlais :

"Pour Gaëtan M. Langlais

parceque [sic] le jour est rapide

bien qu’on nous prétende le contraire.

Guy

Très amicalement".


Avec une cinquantaine de corrections autographes.


Le texte présente des répliques que devaient lire Debord (G.E.), Jean-Michel Mension (J.M.), Gil J. Wolman (GIL) et F. (?) ; y sont mentionnés une chanson de gardes suisses de 1798, la disparition d'une fillette à Dunkerque, un homme mort ayant avalé, suite à un pari, "d'un seul trait un litre d'alcool", la maison des Enfants terribles de Cocteau, la destruction d'un convoi de camions au Viet-Nam, etc. On ne sait si, comme pour Hurlements en faveur de Sade, les voix lisaient le texte sans expression, sans bruitage, alors que l'écran diffusait une image blanche (voir G. Debord, Œuvres, p. 72-73).


Rien ne se perd, tout se transforme pour Debord : en 1959, il réemploiera certains phrases du présent scénario dans son film Le passage de quelques personnes à travers une assez courte unité de temps (Œuvres, Quarto, p. 480).


Les inédits de cette importance de Guy Debord sont rarissimes.


Extrait : "Nous allons toujours vers d'autres illusions, sans manifester une trop grande amertume pour celles que nous abandonnons. Nous jouons une intrigue essouflée, sans spectateurs et finalement sans acteurs. [...] Nous avons brûlé la vie à grandes journées, dans une atmosphère de fin du monde. [...] Nous jouons nos jeux défendus mais nous sommes en leur pouvoir. Tu témoignes, contre tous les policiers du temps perdu, que le plaisir était ton âge. [...] Tu sais, tout cela va finir. Nous allons vieillir et nous oublier. Les participants et les témoins de nos aventures sont presque toujours absents. Les inconnus se rejoignent dans l'indifférence. Comment pourrait-on nous comprendre ? Quel critique jugera ce chef-d'œuvre que nous voulions faire rien qu'en vivant ? Mais l'art, qui est toujours abtsrait, n'était pas mis en cause. Rien que le désir, et le froid, la soif et les carresses, et les voyages qui se ressemblent. [...] Voila les traces de notre passage sur TERRE."


[On joint :]

Un ensemble de 12 tracts, documents, invitations, etc. sur l’Internationale lettriste et sur le Lettrisme ; par ordre chronologique :


Traité de bave et d'éternité. [1951].

Un feuillet. Annonce de la sortie du film d'Isidore Isou, qui fit scandale à Cannes et reçut le prix des Spectateurs d'Avant-Garde. Au verso, texte "Le cinéma en crève", présentant le film d’Isou comme le "film le plus révoltant de l’histoire du cinéma", qui fut "saboté par le mutisme et l’imbécilité d’une critique de ratés".


La nuit au cinéma. [Juin 1952.].

Tract (1 f. in-4, imprimé en noir au recto) publié par l’Internationale lettriste à l’occasion de la première projection intégrale du film de Guy Debord Hurlements en faveur de Sade, le 13 octobre 1952. Il annonce les films de : Isou, Gil J Wolman, Guy Debord, Jean Louis Brau et Serge Berna.


L’Internationale lettriste, n° 2 : "Manifeste". [Février 1953].

1 feuillet in-4 ronéotypé recto/verso avec tampon encreur rouge "Internationale Lettriste" sur chaque page.

Second numéro de l’Internationale lettriste, signé par S. Abouaf, S. Berna, P.J. Berlé, J.L. Brau, M. Dahou, G.E. Debord, Linda, F. Lejare, J.M. Mension, E. Papai, G. J Wolman.


Touchez pas aux lettristes. [Avril 1953].

Tract ronéotypé, 1 p. in-4. Signé par Gaëtan Langlais, Brau, Fadou, Debord, Leibé, Mension, Wolman.

Le lettriste Pierre-Joël Berlé, qui s'était promené de nuit dans les catacombes, avait été arrêté à leur sortie rue Notre-Dame-des-Champs. Il fut condamné à une peine de prison pour vagabondage et vol de plomb, avant d’être acquitté en appel. Parmi les signataires, figure Gaëtan Langlais, fraîchement intégré au groupe.


Hurlements en faveur de Sade. Prolégomènes à tout cinéma futur. [1952].

10 p. in-4, agrafées.

Dactylographie d'un texte publié dans l’unique numéro de la revue Ion (23 avril 1952), consacré au cinéma.


Finis les pieds plats. [29 octobre 1952].

Tract ronéotypé, 1 f. in-4, imprimé au recto.

Premier tract publié par l’Internationale lettriste, marquant une rupture avec Isidore Isou. Il est dirigé contre Charlie Chaplin, lors de sa venue en France. Signé par S. Berna, J.-L. Brau, G.-E. Debord, G. J Wolman.


Avant la guerre. 66 métagraphies influentielles. [Juin 1954].

Affichette (1 p. in-4).

Annonce de la première exposition internationale lettriste de métagraphies influentielles organisée par Gil J Wolman à la galerie du Passage. Y furent exposées 66 métagraphies influentielles de André-Franck Conord, Mohamed Dahou, Guy-Ernest Debord, Jacques Fillon, Gilles Ivain (Ivan Chtcheglov), Patrick Staram, Gil J Wolman. Cette exposition n’eut pas de catalogue.


Ça commence bien !... et ça finit mal. [Paris, 7 octobre 1954].

1 feuillet in-4, beige au recto, vert au verso. Tract signé par Michèle Bernstein, André Breton, André-Franck Conord, Mohamed Dahou, Guy-Ernest Debord, Simon Hantaï, etc. "cette mise au point a été publiée le 7 octobre 1954 au verso d’un tract surréaliste que l’Internationale lettriste avait accepté de contresigner en septembre".


[Arrestation de Pierre-Joël Berlé]. [Coupures de presse, (1953-1954), contrecollées sur 2 pages in-4, par Gaëtan Langlais ; celles de 1953 sont relatives à l’arrestation de Pierre-Joël Berlé à sa sortie des catacombes (France Soir, Combat, Le Canard enchaîné).


Première exposition collective de Isou, Pomerand, Lemaître du groupe Lettriste et Hypergraphique. Galerie Prismes, du 22 décembre 1955 au 30 janvier 1956.

Carton d'invitation.


Les peintres lettristes. L’école du signe de 1946 aspects 1961. Paris, Galerie Weiller du 29 septembre au 28 octobre [1961].

Carton d’invitation pour l’exposition à la Galerie Weiller, qui fut l’une des premières à défendre les artistes lettristes. Cette exposition présentait des œuvres de Isou, Lemaître, Pomerand, Spacagna et Wolman.

Gaëtan Langlais, membre du Lettrisme international en 1953-1954 (voir lots 91 et 92).

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