View full screen - View 1 of Lot 10. The Mourning Virgin; Christ Crowned with Thorns | La Vierge en prière ;  Le Christ de douleurs.

Studio of Albrecht Bouts | Atelier d'Albrecht Bouts

The Mourning Virgin; Christ Crowned with Thorns | La Vierge en prière ; Le Christ de douleurs

Auction Closed

June 19, 03:36 PM GMT

Estimate

200,000 - 300,000 EUR

Lot Details

Description

Studio of Albrecht Bouts

Leuven 1450 - 1549

The Mourning Virgin

Christ Crowned with Thorns


A pair, both oil on panel

(I) 38,6 x 29,4 cm ; 15¼ by 11⅝ in. ; (II) 38,4 x 30,1 cm ; 15⅛ by 11⅞ in.


(2)

____________________________________________


Atelier d'Albrecht Bouts

Louvain 1450 - 1549

La Vierge en prière ;

Le Christ de douleurs


Huile sur panneau, une paire

(I) 38,6 x 29,4 cm ; 15¼ by 11⅝ in. ; (II) 38,4 x 30,1 cm ; 15⅛ by 11⅞ in.


(2)

Collection Hector Lucchesi-Palli, prince of Campofranco (1807-1864), Italy;

His wife, Marie-Caroline de Bourbon-Sicile, Duchess of Berry (1798-1870), Venice;

Her sale, paintings from the Gallery of the Palais Vendramin in Venice, Paris, 19 April 1865 and following days, lots 419-420 (as Albert Durer; sold to « Auguyot »);

Collection Jean-Baptiste Auguiot (1799-1874);

His sale, Paris, 1-2 March 1875, lots 32-33 (as Roger van der Weyden);

Where acquired by Jean Dollfus (1823-1911);

His sale, Paris, Galerie Georges Petit, 1-2 April 1912, lots 104-105 (as Quentin Matsys, sold 2.000 frs);

Anonymous sale, Sotheby's, London, 12 April 1978, lot 47;

Anonymous sale, Sotheby's, New York, 7 November 1984, lot 199;

Anonymous sale, Christie's, London, 28 October 1988, lot 217;

Private collection, France.

____________________________________________


Collection Hector Lucchesi-Palli, prince de Campofranco (1807-1864), Italie ;

Son épouse, Marie-Caroline de Bourbon-Sicile, Duchesse de Berry (1798-1870), Venise ;

Sa vente des tableaux composant la galerie du Palais Vendramin à Venise, Paris, 19 avril 1865 et jours suivants, lots 419-420 (comme Albert Durer ; vendus à « Auguyot ») ;

Collection Jean-Baptiste Auguiot (1799-1874) ;

Sa vente, Paris, 1er et 2 mars 1875, lots 32-33 (comme Roger van der Weyden) ;

Où acquis par Jean Dollfus (1823-1911) ;

Sa vente, Paris, Galerie Georges Petit, 1er et 2 avril 1912, lots 104-105 (comme Quentin Matsys, vendus 2.000 frs) ;

Vente anonyme, Sotheby's, Londres, 12 avril 1978, lot 47 ;

Vente anonyme, Sotheby's, New York, 7 novembre 1984, lot 199 ;

Vente anonyme, Christie's, Londres, 28 octobre 1988, lot 217 ;

Collection particulière, France.

V. Henderiks, Albrecht Bouts (1451/55–1549), Brussels 2011, p. 374, no. 55, repr..

____________________________________________


V. Henderiks, Albrecht Bouts (1451/55–1549), Bruxelles, 2011, p. 374, n° 55, repr.

Preserved as a pair and in very fine condition, these two panels were in the Duchesse de Berry’s celebrated collection and are among the best and most finished examples that have so far been identified. They join the restricted group of works by Albrecht Bouts and his workshop, whose most prominent examples are now mostly to be found in important international museums, including the Musée du Louvre, the museum in Ottawa, the Museum of Western Art in Tokyo and the Metropolitan Museum of Art in New York.

 

Linked to the practice of private devotion that developed during the fifteenth century, this famous composition of Christ crowned with thorns against a gold background, associated with a Virgin of Sorrows, was conceived and produced for the first time in the 1450s by Albrecht’s father, Dirk Bouts. The prototype – now lost – was so popular that it was reproduced several times in the master’s workshop and later in that of his son, as is the case here. A version of very high quality, attributed to the workshop of Dirk Bouts, is in the National Gallery, London (inv. nos. NG 711-712). The other known versions of this diptych are thought to be the work of his son Albrecht and his workshop. 

 

While the technique of the two present panels – a little drier than the London examples – seems consistent with Albrecht’s workshop, they are nevertheless of higher quality than other versions, especially in the delicate treatment of the detail – for instance in the complexions of Christ and the Virgin, their hands and the crown of thorns – and in their fine execution, including the subtle transparency of the Virgin’s white veil, which hints at the shape of her forehead underneath.

The underlying drawing, revealed by infra-red reflectography (ill. 1), also testifies to the practices that were usual in Albrecht’s workshop. The linearity and minimal modelling is probably explained by the use of tracing paper in the master’s workshop. The presence of pentimenti, especially in the veil and still more noticeably in the Virgin’s hands, also provides evidence that its execution was very close to the master.

 

It has also been possible to establish the paintings’ history. They were in the famous collection owned by the Duchesse de Berry, who had inherited them from her husband, Principe Lucchesi-Palli. They were sold – described as by Dürer – when the works in their Venetian palazzo were dispersed in 1865. They can then be traced, with their various attributions, in two important nineteenth century collections, the first belonging to Jean-Baptiste Auguiot, administrator of the Louvre, the second owned by Jean Dollfus. With each move, their attribution changed: from Dürer to Van der Weyden, and then to Quentin Metsys.


We are grateful to Madame Valentine Henderiks for her help in writing this notice.

____________________________________________


Restés en paire et parvenus jusqu’à nous dans un très bel état de conservation, ces deux panneaux, qui ont fait partie de la prestigieuse collection de la Duchesse de Berry, font partie des exemplaires les meilleurs et les plus aboutis parmi ceux aujourd’hui répertoriés. Ils viennent rejoindre le groupe restreint des productions d’Albrecht Bouts et de son atelier, dont les plus éminents exemplaires sont aujourd’hui conservés pour la plupart dans les plus grandes institutions muséales internationales, du Louvre au musée d’Ottawa, du Museum of Western Art de Tokyo au Metropolitan Museum de New York.


Liée au développement de la pratique de la dévotion privée au cours du XVe siècle, cette célèbre composition du Christ couronné d’épines sur un fond d’or associé à une Vierge de douleur, a été pensée et réalisée pour la première fois dans les années 1450 par le père d’Albrecht, Dirk Bouts. Le prototype aujourd’hui disparu a connu un tel succès qu’il fut reproduit à plusieurs reprises dans l’atelier du maître et par la suite, dans celui de son fils, comme c’est ici le cas. On en conserve une version de très belle qualité, donnée à l’atelier de Dirk Bouts, à la National Gallery de Londres (inv. nos. NG 711-712). Les autres versions connues de ce diptyque sont considérées comme étant de la main de son fils Albrecht, et de son atelier.

 

Si la technique des deux présents panneaux – un peu plus sèche que dans les exemplaires de Londres – semble correspondre à celle de l’atelier d’Albrecht, ils offrent cependant, si on les compare aux différentes autres versions, une qualité supérieure évidente, notamment par la délicatesse dans le traitement des détails – que ce soit au niveau des carnations du Christ et de la Vierge, de leurs mains, ou de la couronne d’épines… -, ou la finesse de leur exécution, avec la subtile transparence du voile blanc de la Vierge, qui laisse deviner le modelé de son front.

Le dessin sous-jacent, révélé par l’examen par réflectographie infra-rouge (ill. 1), témoigne en outre des pratiques usuelles au sein de l’atelier d’Albrecht Bouts. Linéaire et présentant peu de modelés, il s’explique probablement par l’usage d’un calque au sein de l’atelier du maître. La présence de repentirs, notamment dans le voile et plus encore dans les mains de la Vierge, sont également la preuve d’une exécution au plus proche du maître.

 

L’historique des œuvres a pu lui aussi être précisé. Les tableaux ont fait partie de la célèbre collection de la Duchesse de Berry, qui les tenait de son époux, le prince Lucchesi-Palli. Elles furent vendues – sous le nom de Dürer… – lors de la dispersion des œuvres qui composaient leur palais vénitien, en 1865. On peut ensuite les suivre, et suivre leurs diverses attributions, à travers deux collections importantes du XIXe siècle, celle de Jean-Baptiste Auguiot, administrateur du Louvre, puis de Jean Dollfus. A chaque fois, leur attribution évolua : de Dürer à Van der Weyden, puis de ce dernier à Quentin Metsys…

 

Nous remercions Madame Valentine Henderiks pour son aide dans la rédaction de cette notice.