View full screen - View 1 of Lot 146. Le Poète assassiné. 1916. Édition originale avec un envoi à Tzara. Reliure de Brunius..

XXe siècle ─ lots 145 à 228

Apollinaire, Guillaume

Le Poète assassiné. 1916. Édition originale avec un envoi à Tzara. Reliure de Brunius.

No reserve

Lot Closed

October 28, 03:36 PM GMT

Estimate

6,000 - 8,000 EUR

Lot Details

Description

Apollinaire, Guillaume

Le Poète assassiné.

Paris, L'Édition, Bibliothèque des curieux, 1916.


In-12 (181 x 108 mm). Basane olive sur le premier plat et bordeaux sur le second, se rejoignant chacune sur une moitié du dos orné de 2 filets verticaux et à froid, tête dorée, non rogné, couverture et dos (C.[olette] Brunius). Emboîtage moderne de D.-H. Mercher.


Exemplaire de Tristan Tzara avec envoi.

D'une génération de poètes à une autre.


Édition originale.

Couverture illustrée par Cappiello et portrait-frontispice d'Apollinaire par Rouveyre.


Envoi autographe signé, à l'encre brune sur le premier feuillet blanc :

"A Tristan Tzara

très cordial hommage

Guillaume Apollinaire".


Dans une lettre de Zürich du samedi 29 janvier 1916, Tzara le remercie de l'envoi de cet exemplaire : "Je vous remercie de tout cœur pour Le Poète assassiné ; je le trouve merveilleux et d'importance historique, très intense et magnifiquement fantastique. Des critiques et des notices paraîtront ces jours-ci."

Le 14 décembre 1916, Apollinaire écrit à Tzara : "J'aime votre talent depuis longtemps et je l'aime d'autant plus que vous m'avez fait l'honneur de le diriger dans une voie où je vous précède mais ne vous dépasse point [...] Vous seriez bien gentil aussi de vous occuper de faire demander par les libraires suisses mon Poète assassiné que je vais vous adresser et d'en faire parler par les journaux suisses. Mais je n'ai [fait] le service de mon livre à aucun d'eux."


En 1914, Apollinaire s'engage, devient sous-lieutenant dans l'infanterie. Blessé à la tête le 17 mars 1916, trépané le 11 mai, il est démobilisé et à son retour à Paris publie Le Poète assassiné. Cette année 1916 marque son retour sur la scène littéraire après une longue convalescence. Ce recueil de contes et nouvelles pré-surréalistes était déjà prêt avant la déclaration de guerre, et n'a été complété par Apollinaire que de quelques pages se rapportant directement à son expérience des tranchées ("Le Cas du brigadier masqué").

Cette même année, Tzara lance la revue Dada à Zurich dans la continuation du magazine d'art dadaïste Cabaret Voltaire, créée dans la même ville le 31 mai 1916 par l'écrivain allemand Hugo Baal.


Quelques semaines après la mort de son ami survenue le 10 novembre 1918, pendant l'épidémie de grippe espagnole, Tzara publie Mort de Guillaume Apollinaire dans le n° 37-39 de la revue Sic, en janvier-février 1919.

Tzara n'arriva à Paris qu'en 1920, sa relation avec Apollinaire ne fut donc qu'épistolaire. Admirateur du poète, il avait traduit certains poèmes d'Alcools.


La liberté d'écriture d'Apollinaire, son manque de ponctuation parfois, inspira la nouvelle génération de poètes tels que Breton ou Tzara qui reprendront comme dénominatif de leur courant littéraire le mot surréaliste utilisé pour la première fois par Apollinaire en sous-titre d'un de ses textes Les Mamelles de Tirésias : Drame surréaliste.


La relieuse Colette Brunius exerça de 1950 à 1977 rue Princesse à Paris.

Tristan Tzara (envoi).


Daniel Filipacchi (I, 2004, n° 17).


Pierre Bergé (ex-libris ; III, n° 671).

Correspondance générale, éd. V. Martin-Schmets, Champion, t. III, n° E390 (envoi) ; t. V, p. 240, n° 1 ; t. 3, 1916-1918, p. 262, n° 1574.

You May Also Like