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XIXe siècle ─ lots 47 à 144

Goncourt, Edmond et Jules de

Germinie Lacerteux. Paris, Charpentier, 1864. Édition originale. Exemplaire de Flaubert, avec un envoi.

No reserve

Lot Closed

October 28, 02:26 PM GMT

Estimate

4,000 - 6,000 EUR

Lot Details

Description

Goncourt, Edmond et Jules de

Germinie Lacerteux

Paris, Charpentier, 1864.


In-12 (175 x 105 mm). Demi-veau brun, dos à nerfs, pièces de titre vertes, tranches marbrées (Reliure de l'époque).


Précieux exemplaire de Gustave Flaubert avec envoi.


Édition originale, dont la préface marqua les débuts du naturalisme.

Les frères Goncourt firent avec Germinie Lacerteux "entrer le peuple dans le roman" selon l'expression de Madeleine Ambrière. 

Les Goncourt puisèrent leur inspiration dans la double vie de leur femme de chambre, qu'ils ne découvrir qu'après sa mort.


Bel envoi autographe signé, à l'encre brune sur le faux-titre :

"à Gustave Flaubert

le premier exemplaire

de ses amis

Edmond et Jules".


Très proches, leur rencontre date de janvier 1857 dans les bureaux de L'Artiste. À partir de 1860, ils se voient régulièrement quand Flaubert est à Paris, se retrouvant chaque mois aux dîners Magny organisés dès novembre 1862 par Sainte-Beuve et Gavarni chez le traiteur Magny. Ces dîners réunissaient, entre autres, Flaubert, les Goncourt, Renan, Tourgueniev, George Sand... Les soirées chez la princesse Mathilde à Saint-Gratien sont d'autres occasions de se croiser. Les références à l'auteur de Madame Bovary dans leur Journal sont nombreuses.


À l'occasion de la nouvelle année 1865, les Goncourt lui adressent leurs vœux : "Nous ne voulons pas laisser passer la semaine, sans vous la souhaiter bonne en copie et en tout. Notre roman [Germinie Lacerteux] paraît le 15. Le premier exemplaire mis à la poste sera pour vous". Le 7 janvier 1865, Flaubert leur réclame "cette Virginie [sic] Lacerteux ─ impatiemment attendue. Je la lirai avec appétit". Il reçoit le volume le 15 janvier et le 16 leur écrit une lettre enthousiaste : " Entamé à 10 h 1/2 il était fini à 3. – Je n’ai pas fermé l’œil, après cette lecture. & j’ai mal à l’estomac. Vous serez cause de nombreuses gastrites ! – quel épouvantable bouquin. Si je n’étais pas très souffrant aujourd’hui je vous écrirais longuement pr vous dire tout ce que je pense de Germinie. Laquelle m’excite (p. 52-53) ─ cela est fort, roide, dramatique pathétique & empoignant. [...] Ce que j’admire le plus dans votre ouvrage c’est la gradation des effets. ─ la progression psychologique – cela est atroce d’un bout à l’autre ─ & sublime, par moments, tout simplement. ─ Le dernier morceau (sur le cimetière) rehausse tout ce qui précède & met comme une barre d’or au bas de votre œuvre. La grande question du réalisme n’a jamais été si carrément posée. On peut joliment disputer sur le but de l’art, à propos de votre livre." Le 5 février, il écrira à sa nièce Caroline: "Le livre des bichons excite un dégoût universel, dont ils paraissaient très fiers. En quoi je les approuve".


Dans leur Journal, à la date du 17 janvier , on peut lire : "Notre Germinie Lacerteux a paru hier. Nous sommes honteux d'un certain état nerveux d'émotion. [...] Se dire qu'il est insensé d'avoir peur, qu'une poursuite, même non arrêtée, est une plaisanterie. Se dire encore que le succès nous importe peu, que nous sommes sûrs d'avoir été agrégés et jumelés pour un but et un résultat, que ce que nous faisons, tôt ou tard, sera reconnu ; et pourtant, passer par des découragements, avoir les entrailles inquiètes, c'est la misère de nos natures si fermes dans leurs audaces, dans leur vouloir, dans leur poussée vers le vrai, mais trahies par cette loque en mauvais état qu'est notre corps. "


Les frères Goncourt offriront aussi à leur ami un exemplaire de leur roman sur Hollande, avec cet envoi : "A notre très cher Flaubert, Edmond et Jules de Goncourt. Un des sept sur papier de hollande" (Exposition du centenaire de Gustave Flaubert, Bibliothèque nationale, 1980).

Gustave Flaubert (envoi).


Pierre Bergé (ex-libris ; II, n° 359).

Madeleine Ambrieux, Précis de littérature française du XIXsiècle, Paris, Presses universitaires de France, 1990.


Exposition du centenaire Gustave Flaubert, Bibliothèque nationale, 1980, n° 278-279.