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XIXe siècle ─ lots 47 à 144

Mistral, Frédéric

Mirèio. Avignon, 1859. Le premier livre de Mistral, offert à Louise Colet, avec un envoi en provençal.

No reserve

Lot Closed

October 28, 02:43 PM GMT

Estimate

1,800 - 2,000 EUR

Lot Details

Description

Mistral, Frédéric

Mirèio. Pouèmo prouvençau. [...] (avec la traduction littérale en regard.)

Avignon, J. Roumanille, 1859.

 

In-8 (220 x 134 mm). Demi-vélin peint gris foncé, dos à nerfs orné de filets et pointillés dorés, monogramme doré en pied du dos (Reliure postérieure).

 

Une œuvre emblématique de la culture provençale, offerte à Louise Colet.

 

Édition originale.

Premier livre publié par Mistral ─ et qui lui vaudra de recevoir le prix Nobel en 1904 ─ ce poème épique en douze chants sur les amours contrariées de Mireille et de Vincent est accompagné in fine, de deux mélodies provençales avec musique notée.

 

Envoi autographe signé en provençal, à l’encre noire sur le faux-titre :

"À Madamo Louïso Colet

à vous que sias de Crau, bello damo, iéu manda

un libre de la Crau...

se lou noum de Mouriés, lou Rose et lou Mistrau

vous podon faire gau,

ilustro mouriesenco, es tout ce que demande.

F. Mistral".

[À Madame Louise Colet / à vous qui êtes de Crau, belle dame je vous envoie / un livre de la Crau… / C’est le nom de Mouriés, le Rhône et le Mistral / qui peuvent vous faire envie, / illustre dame de Mouriés, c’est tout ce que je demande"]

 

Née à Aix-en-Provence en 1810, muse de nombre d’artistes et hommes de lettres, Louise Colet avait quitté la Provence et Mouriès ─ où elle s’était mariée ─ en 1835, mais y revenait régulièrement pour rendre visite à sa famille. En 1859, se rendant en Italie et s’étant s’arrêtée à Arles, elle rencontra Frédéric Mistral, de vingt ans son cadet, et lui proposa de l’accompagner dans son voyage. Mistral déclina l’invitation, craignant les commérages, ce qu’il écrivit à son ami, Alexandre Dumas, le 27 octobre 1959 : "Madame Colet fut très aimable. Elle venait de passer trois semaines chez Victor Hugo et m’en apportait une excellente lettre. Voulié, coume que vague, me mena en Italio. Ai pas vougu car aurian fa parla li gènt [J’aurai aimé, bien sûr aller en Italie, mais je ne l’ai pas fait, les gens auraient jasés]. Pourtant, ne vous faites pas d’illusion, en tout bien, tout honneur". Quelque temps plus tard, Dumas évoquait cette "occasion" manquée : "Sans lui [un poème de Mistral] je vous croirais avec la mère Colet qui est allé faire une demi-douzaine de Garibaldiens dont vous auriez pu être le père, putatif, si vous l’aviez voulu, mon beau ! Vous manquez toutes les occasions. J’en sais de belles sur son compte, il paraît qu’elle fait... des quatre pieds" (lettre à Mistral, 27 avril 1861).

 

Exemplaire enrichi de :

Carte de visite imprimée au nom de Mistral, Dov Felibrige [Maître du Félibrige], à la devise illustrée "Lou souléu me fas cantas" (contrecollée sur un feuillet de garde).

 

 

Louise Colet (envoi).


Chiffre doré "B" coupé par un arbre [un "I"?], en pied du dos.


Renaud Gillet (ex-libris ; Sotheby's, Londres, 1999, n° 28).

 

Pierre Bergé (ex-libris ; II, n° 482).

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