
Calligrammes. 1918. Reliure de Huser pour Jacques Guérin. Édition originale, en tirage de tête sur Japon ancien, avec un poème autographe du poète et un second portrait.
Lot closes
April 29, 12:02 PM GMT
Estimate
30,000 - 50,000 EUR
Current Bid
28,000 EUR
1 Bid
Reserve met
We may charge or debit your saved payment method subject to the terms set out in our Conditions of Business for Buyers.
Read more.Lot Details
Description
Apollinaire, Guillaume
Calligrammes.
Paris, Mercure de France, 1918.
In-8 (227 x 143 mm). Maroquin vert d’eau, bordure de maroquin bordeaux mosaïquée d’étoiles et soulignée d’un listel de maroquin blanc se poursuivant au dos, dos lisse avec le titre en long, encadrement intérieur de maroquin vert d’eau avec filet au palladium, doublure et gardes de soie crème, tranches au palladium sur témoins, couverture et dos, chemise et étui (G. Huser).
Exemplaire Jacques Guérin.
Un des 4 très rares exemplaires de tête sur Japon ancien, avec un poème autographe d'Apollinaire inspiré de Blaise Cendrars et un second portrait d'Apollinaire d’après Picasso.
Édition originale des plus beaux poèmes d’Apollinaire.
Portrait d’Apollinaire par Jaudon, signé à la mine de plomb (portrait au crâne bandé).
Un des 4 de tête sur Japon ancien (n° 3), non signé.
Seuls ces exemplaires de tête contiennent :
Ce poème ouvre "La Tête étoilée", dernière partie de Calligrammes (p. 175 ; Pléiade, p. 296) ; le manuscrit donne aussi les informations suivantes, absentes de l’édition : "Souvenir du Mesnil-les-Hurlus, 1915" :
"Et leurs sourires étaient pâles
Et leurs regards s’étaient brisés
Parmi la neige aux pures pétales
Comme ses mains sur leurs baisers
Tombaient les feuilles automnales.
(Souvenir du Mesnil-les-Hurlus, 1915)
Guillaume Apollinaire".
Ce manuscrit est l’une des quatre versions connues du poème ; il comporte d’importantes variantes par rapport au texte publié (Cl. Debon, p. 324).
Le 19 novembre 1915, Apollinaire explique à Madeleine Pagès que ce poème lui a été inspiré par Blaise Cendrars blessé au front le 6 novembre précédent : "J’ai fait aujourd’hui un poème mélancolique dans le cimetière boche. Je te l’envoie mais cette mélancolie simplement poétique ne nous concerne pas en tristesse puisqu’elle concerne nos baisers et je pensais en le composant au retour du poète blessé et à sa rencontre avec sa femme".
La mention " Souvenir du Mesnil-les-Hurlus, 1915" fait allusion au village à l’est de la Somme, qui fut, en 1915, le théâtre des plus acharnés pour la possession de quelques tranchées.
L’étoile à six branches dessinée en haut du poème est comme une signature du poète amoureux, depuis la zone de front.
Précieuse reliure réalisée pour Jacques Guérin : le bibliophile la commanda à Huser en 1924, ainsi que l'indique une annotation de sa main sur un feuillet blanc : "relié par Huser en 1924 selon mes indications". Son décor étoilé, inspiré des nombreuses références stellaires des poèmes, lui aurait été suggéré par Marie Laurencin, selon le catalogue de sa vente, en 1992.
Calligrammes est le symbole typographique et poétique de l’aventure artistique qui constitua le destin d’Apollinaire. Profondément marqué par les développements du cubisme et du futurisme, Apollinaire abandonna les conventions typographiques traditionnelles et considéra la page comme une toile. Souvent figuratifs, les poèmes-pictogrammes sont parfois abstraits, suggérant bruits, sons et couleurs.
Jacques Guérin (vente VII, 20 mai 1992, n° 21).
G. Apollinaire, Œuvres poétiques complètes, Pléiade, p. 296 (pour le poème).
Cl. Debon, Calligrammes dans tous ses états, Calliopées, 2008.
Le census des exemplaires sur Japon est curieux, puisque le n° 4 n’a jamais été localisé, mais que 2 exemplaires portent le n° 3 (dont le présent exemplaire) : il s’agit peut-être d’une distraction de la part du composteur.
N° 1 : exemplaire Gaffé puis Ortiz-Patino (Sotheby’s, 21 avril 198, n° 8).
N° 2 : exemplaire Eugenia Errazuriz (5 mai 2025, n° 69) ;
N° 3 : exemplaire Jacques Guérin (le présent exemplaire) ;
Autre n° 3 : exemplaire Alexandrine de Rothschild, Louis de Sadeleer puis Pierre Brossette (22 mai 2025, n° 97).