
Couverture de bloc-notes vierge. Vélin et veau noir avec une incrustation de lapis-lazuli.
Lot Closed
April 29, 12:01 PM GMT
Estimate
2,000 - 3,000 EUR
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Description
Adler, Rose
Couverture de bloc-notes.
[Fin des années 30 ?]
In-12 carré (148 x 163 mm). Box noir, premier plat à décor de vélin en partie supérieure et de veau façon serpent en partie inférieure (simulant une enveloppe fermée) avec petite pièce centrale de lapis-lazuli, intérieur de papier marbré doré (Rose Adler [fin des années 30]).
Précieuse réalisation des années 30 avec incrustation de lapis-lazuli.
Contient un bloc-note vierge de l'époque.
Relieuse, Rose Adler conçut également divers objets, cadres, bloc-notes, éventails, sous-mains, étuis ou boîtes.
Comme le souligne A. Caillé, "la réussite des femmes dans ce domaine [de la reliure] tient de la nature de l'objet, les reliures, comme les cadres ou les boîtes, étant des 'objets intermédiaires', cherchant à envelopper et à mettre en valeur un trésor intérieur, mais pouvant devenir un trésor en eux-mêmes" (p. 109-110).
Pour ce carnet, elle a utilisé le parchemin, l'un de ses matériaux de prédilection, et un élément ancien en lapis-lazuli.
Datant de 1927-1929, la bibliothèque littéraire Jacques Doucet conserve une reliure emblématique de Rose Adler sur les Poèmes de Paul Morand présentant aussi une pièce en lapis-lazuli sur le plat supérieur, "reliure qui sert de modèle à bon nombre œuvres qu'elle crée pour d'autres collectionneurs" (A. Caillé, p. 234 ; nous remercions Mme Alice Caillé de nous avoir donné cette information).
Pour des reliures de Rose Adler, voir lots 82 et 129.
A. Caillé, Au seuil du livre : les reliures de Rose Adler (1922-1959), Thèse de doctorat, 2014, en ligne : Au seuil du livre : les reliures de Rose Adler (1922-1959) - École nationale des chartes.
Œuvre en rapport : Morand, Poèmes, Bibliothèque littéraire Jacques Doucet, F-VIII-25.
Rose Adler (1890- 1959) entra en 1917 à l’UCAD (Union Centrale des Arts Décoratifs) et eut Noulhac comme professeur de dorure. Elle exposa pour la première fois en février-mars 1923 au Pavillon de Marsan à Paris puis en mai-juin au Salon des Artistes Décorateurs au Grand Palais. Elle fut alors remarquée par Jacques Doucet qui lui présenta Pierre Legrain. Commença alors entre eux une étroite collaboration. En 1934, elle devint membre de l’UAM (Union des Artistes Modernes) et très vite sut imposer une nouvelle idée de la reliure, utilisant des peaux souples qu’elle colore et jouant avec les titres des ouvrages : "Autrefois la reliure était sourde, ignorante de ce qu’elle contenait. Comme un troupeau, les livres portaient souvent la marque de leur maître et exaltaient surtout, avec leurs belles armes, la grande maison à laquelle ils appartenaient […] Le relieur moderne est vraiment moderne en ceci : il est au service du texte. Il veut l’entendre, le faire entendre. Il l’épouse, il l’exalte. Pourtant il se refuse à la description, car toute description serait une illustration…", écrit-elle en 1929 dans L'Art International d'aujourd'hui.
Les plus grands collectionneurs firent appel à son art : Jacques Doucet, Jacques André, David David-Weill, Louise Solvay pour n’en citer que quelques-uns. Elle marqua son siècle et est reconnue aujourd’hui parmi les plus grands relieurs de son époque. Rose Adler "grâce à la souplesse et à l'élégance extrême de ses compositions, propose tout autre chose que Pierre Legrain que pourtant elle admire. Le sens de la mélodie qui marque son invention permanente ainsi que son goût profond de la littérature constituent un apport sans prix à l'art de la reliure" (Yves Peyré in Art Deco Bookbindings : The Work of Pierre Legrain and Rose Adler, New York, 2004).