
XV-XVIIIe siècles (lots 1-67)
Essais. Paris, Jean Richer, 1587. Vélin de l’époque. Rare première édition parisienne. Exemplaire probablement de Julien Le Paulmier, médecin de Montaigne.
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June 17, 12:43 PM GMT
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20,000 - 30,000 EUR
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18,000 EUR
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Description
Montaigne, Michel de
Essais de Messire Michel seigneur de Montaigne, Chevalier de l'Ordre du Roy, & Gentil-homme ordinaire de sa Chambre, Maire & Gouverneur de Bourdeaus. Reveus & augmentez.
Paris, chez Iean Richer, rue Sainct Iean de Latran, a l'Arbre Verdoyant, 1587.
In-12 (142 x 85 mm). Vélin à recouvrements, dos lisse avec titre et nom de l’auteur manuscrit à l’encre (Reliure de l’époque). Emboîtage moderne de maroquin noir à long grain des ateliers Laurenchet.
Signatures : *4 A-Z12 Aa-Xx12, Yy12
4 feuillets (titre, Avis au lecteur et table des chapitres), 1079 feuillets (chiffrés 1-1075) et 2 feuillets blancs, quelques erreurs de pagination sans manque après la page 393.
Rarissime première édition parisienne en vélin de l'époque.
Très précieux exemplaire ayant probablement appartenu à Julien Le Paulmier, médecin qui soigna Montaigne en 1588.
Troisième édition originale, et l’une des quatre publiées du vivant de l’auteur, du plus célèbre texte de la littérature française du XVIe siècle. Revue par l'auteur, elle est une recomposition de la deuxième édition des Essais, publiée à Bordeaux en 1582.
Elle comprend plusieurs corrections et le numéro du chapitre contenant les sonnets d'Étienne de La Boétie a été corrigé de XXVIII en XXVIIII.
Bandeau et lettrines gravés sur bois.
Cette édition, souligne Philippe Desan, "corrige beaucoup de fautes présentes dans les deux premières impressions des Essais. C'est de loin l’édition la moins problématique puisqu'elle corrige la plupart des erreurs produites dans l'atelier de Simon Millanges" (Bibliotheca Desaniana). Le bibliographe explique : "Après une errance de six mois [...] sur les routes de France, Montaigne, de retour chez lui [...] fit de nombreuses additions aux deux premiers livres ─ environ 13 % du texte total. Après une première campagne d'écriture, d'août 1585 à juillet 1586, Montaigne mit en forme ses ajouts aux deux premiers livres entre février et décembre 1587. Cette année 1587 donnait une orientation inespérée aux Essais et Montaigne envisageait maintenant une impression parisienne pour son livre" (Ph. Desan, p. 476).
On rencontre très rarement cette édition en reliure strictement de l'époque. Philippe Desan ajoute : "tous les exemplaires connus dans une reliure de l'époque possèdent une page de titre soit remontée soit en fac-similé" (Bibliotheca Desaniana, p. 40). La page de titre de cet exemplaire appartient bien au premier cahier.
Seuls 8 exemplaires en vélin de l’époque sont à ce jour recensés :
Une importante provenance :
"[…] je garderai entière la dette que j’ai envers monsieur Paumier […]" (lettre de Montaigne à Marguerite Le Paulmier).
L’exemplaire porte, sur le titre, l’ex-libris manuscrit "Paulmier". Il s’agit très vraisemblablement de Julien Le Paulmier (1520-1588) ou peut-être de sa femme, née Marguerite (ou Catherine ?) de Chaumont.
Médecin protestant, originaire de Caen et auteur de plusieurs livres médicaux, Julien Le Paulmier (ou Paulmier) exerce à Paris ainsi qu’à la cour. Il prodigue ses soins à Charles IX qu’il accompagne lors des sièges de Saint-Lô et de Domfront en 1574 et suit le duc d’Anjou dans sa campagne aux Pays-Bas. Attaché au maréchal de Matignon, il est alors présenté à Henri III qui le nomme son médecin ordinaire et conseiller.
"En mars ou avril 1588, lors de son séjour à Paris, Montaigne le consulte pour une grave maladie dont on ne connaît pas les détails. Dans la même année, Montaigne adresse une lettre-dédicace à Madame Le Paulmier, par laquelle il lui offre la nouvelle édition de ses Essais (1588)" (Ph. Desan, Dictionnaire Montaigne, p. 1074). Il y exprime également sa profonde gratitude envers le médecin.
Cette lettre, aujourd’hui conservée à la bibliothèque universitaire de Leyde, est publiée pour la première fois dans l’édition des Essais donnée par Coste en 1724 (Voir Kees Meerhoff et Paul J. Smith, "La lettre à Mlle Le Paulmier retrouvée", in Montaigne and the Low Countries (1580-1700), p. 305-327) : "Mademoiselle, mes amis sçavent que dès l’heure que je vous eus vue, je vous destinai un de mes livres, car je sentis que vous leur aviez fait beaucoup d’honneur, mais la courtoisie de monsieur Paulmier m’oste le moyen de vous le donner, m’ayant obligé depuis à beaucoup plus que ne vaut mon livre. Vous l’accepterez, s’il vous plaît, comme étant vôtre avant que je le dusse et me ferez cette grâce de l’aimer ou pour l’amour de lui ou pour l’amour de moi, et je garderai entière la dette que j’ai envers monsieur Paumier pour m’en revancher si je puis d’ailleurs, par quelque service".
Julien Le Paulmier ? (ex-libris manuscrit à l’encre sur le titre).
Bibliotheca Desaniana, n° 16.
Ph. Desan, Dictionnaire Montaigne, Paris, Garnier, 2018, p. 1074.
K. Meerhoff et P. J. Smith, "La lettre à Mlle Le Paulmier retrouvée", in Montaigne and the Low Countries (1580-1700), P P. J. Smith & Karl A. E. Enenkel, Leyden, 2007, p. 305-327.
R. Baladié, "Une lettre de Montaigne retrouvée en milieu protestant au XVIIIe siècle", Revue d’histoire littéraire de France, n° 87, 1987, p. 979-993.
Sayce & Maskell 3.
Tchemerzine, IV, 872 ("De la plus grande rareté").