
XXe siècle (lots 111-170)
À la recherche du temps perdu. Éditions originales. Un des rares exemplaires du tirage de tête réimposés sur papier vergé Lafuma. 13 volumes. Reliure de Martin.
Lot Closed
June 17, 01:58 PM GMT
Estimate
15,000 - 20,000 EUR
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Description
Proust, Marcel
À la recherche du temps perdu.
Paris, Gallimard, 1918-1927.
13 volumes au format in-4 Tellière (211 x 163 mm). Maroquin brun, plats ornés de multiples encadrements de filets dorés avec motif de grecque à leur intersection dans les coins, dos à nerfs orné de filets dorés, nom de auteur et titre dorés, doublure de box fauve avec un filet doré et quadruple filet à froid en encadrement, gardes de soie moirée brune à reflets orangés, tranches dorées, couvertures et dos, tranches dorées sur témoins, chemises, étuis bordés (Pierre-Lucien Martin).
Exemplaire de tête réimposé, sur vergé Lafuma.
Dans une parfaite reliure de Pierre-Lucien Martin.
Exemplaire très frais.
Éditions originales, à l'exception de Swann en première édition à la NRF.
L’un des rares et précieux exemplaires du tirage de tête réimposés sur vergé Lafuma. Réservés aux Bibliophiles de la Nouvelle Revue Française, ils ont connu un tirage variant de 108 à 130 exemplaires selon suivant les volumes.
Complet du feuillet d’errata pour les Jeunes filles en fleurs et pour Le Côté de Guermantes.
Parfaite reliure en maroquin d'une grande sobriété, exécutée par Martin.
Ce tirage réimposé était destiné à la Société des Bibliophiles de la NRF, cette " haïssable société de bibliophiles", disait Proust (Corr., XVIII, p. 295), haïssable car ses membres souscrivaient à l’avance aux exemplaires de luxe, sans peut-être même les lire ni les aimer. Les lamentations de Proust à l’égard de ces bibliophiles est récurrente dans sa correspondance : il se plaint souvent de n’avoir pas de "beaux papiers" à disposition pour les envoyer à ses amis : à un ami qui lui demande un "grand papier", il explique : "Malheureusement je crains que ce ne puisse pas être sur beau papier car la N.R.F. me dit que par un contrat spécial et que j’ignorais, une certaine 'Société des bibliophiles' a souscrit une fois pour toutes d’avance à tous les exemplaires de luxe de tous les ouvrages (non pas spécialement de moi) que publie la N.R.F." (Corr., XXI, p. 503). Proust n’avait pas tout à fait tort : les bibliophiles, pour avoir accès aux titres sur grands papiers qu’ils désiraient vraiment, devraient souscrire à un abonnement les contraignant à acheter aussi d’autres titres qui les intéressaient moins, comme en témoigne cette plainte de Boylesve : "Votre éditeur m'a forcé à verser 156 francs pour avoir la première édition de vos livres. Il est cause que je ferai ce que je n'ai jamais fait de ma vie. Je mettrai sur les quais tous les livres qu'il m'enverra, excepté les vôtres".