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Provenant d'une collection particulière française

Atelier de Jan de Beer

L'Adoration des Mages

Auction Closed

June 11, 01:34 PM GMT

Estimate

50,000 - 70,000 EUR

Lot Details

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Description

Atelier de Jan de Beer 

Anvers vers 1475 - 1528

L'Adoration des Mages


Huile sur panneau, sans cadre

70,1 x 53,5 cm ; 27⅝ by 21 in.

Collection de Madame Sipière ;

Collection Gustave Chaix d’Est-Ange (1800-1876), Paris ;

Par descendance à son fils, Gustave Chaix d’Est-Ange II (1863-1923) ;

Sa vente, Me Baudoin, Paris, Galerie Charpentier, 11 décembre 1934, lot 20 (comme Ecole anversoise) ;

Où acquis et resté dans la famille de l'actuel propriétaire.

Baron J. du Teil, ‘La collection Chaix d’Est-Ange’, dans Les Arts, juillet 1907, n° 67, p. 5 (repr.) et 12 ;

M.J. Friedländer, ‘Die Antwerpener Manieristen von 1520’, dans Jahrbuch der Preußischen Kunstsammlungen, 1915, vol. 36, p. 78, cat. 25e (comme Group C) ;

D. Ewing, The paintings and drawings of Jan de Beer, Dissertation in the University of Michigan, 1978, vol. 1, p. 174, n° 11 ;

D. Ewing, Jan de Beer : Gothic renewal in Renaissance Antwerp, Turnhout, 2016, p. 184, 306, n° 10.9 (comme d'après Jan de Beer).

La composition reprend celle du panneau central d’un triptyque aujourd’hui disparu, dont les ailes latérales représentaient la Fuite en Egypte et la Nativité, probablement daté des années 1518-1519. D’abord attribué à Lucas de Leyde puis à Henri Met de Bles et enfin à Roger van der Weyden, Friedländer avait suggéré le nom du maître de l’Adoration Von Groote en 1915 et en 1933 et identifié le prototype comme étant le panneau de la collection Johnson, aujourd’hui conservé à Philadelphie (inv. 383) ; il aurait servi selon lui de modèle au triptyque conservé à Munich (Alte Pinakothek, inv. 1431 a-c). En 1978, Dan Ewing propose quant à lui l’existence d’un prototype commun aux œuvres de Philadelphie et de Munich, aujourd’hui disparu, revenant à l’artiste Jan de Beer, et dont la version de Munich serait la plus fidèle.


L’œuvre de Jan de Beer constitue l’une des premières compositions anversoises à avoir été reprise à grande échelle ; à sa suite, des œuvres Pieter Coecke van Aelst connaîtront le même sort : les versions ultérieures étaient alors considérées à l’égal des compositions originales, et vues comme un moyen de diffuser une œuvre au plus grand nombre et de la rendre accessible à davantage de collectionneurs ou des églises.


Dan Ewing répertorie – de manière non exhaustive – une cinquantaine de copies et variantes du triptyque de Munich, distinguant celles reprenant le triptyque complet, celles ne reprenant que le panneau central mais ayant probablement fait partie d’un triptyque à l’origine, et enfin les triptyques complets dont les volets ne correspondent à aucune des compositions connues. Notre Adoration des Mages reprend quant à elle fidèlement la composition de Munich, à l’exception des deux bergers à l’extrême droite. Un examen aux infrarouges de notre panneau révèle néanmoins que ceux-ci étaient présents à l’origine dans le dessin sous-jacent, et probablement recouverts par une restauration relativement ancienne.


Dan Ewing souligne en 2016 (op. cit., p. 189) l’extrême soin apporté à l’équilibre de la composition et au jeu des diagonales et lignes de fuite, atteignant selon lui un degré d’exactitude qu’il ne dépasserait pas ensuite. Il classe d’ailleurs notre version parmi les dix premières itérations de sa liste, en raison d’une part de la fidélité de son dessin avec le panneau central du triptyque de Munich, mais aussi de la proximité de ses détails et de sa palette.


La qualité de notre Adoration des Mages a d’ailleurs su séduire des collectionneurs prestigieux au fil de siècles. Longtemps conservé dans la famille Chaix d’Est-Ange, notre tableau figura dans un article du magazine Les Arts (voir bibliographie) consacré à la collection, aux côtés d’œuvres de Léonard de Vinci, Michel-Ange, Murillo ou encore Van Dyck.