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Jan van den Hoecke

Une Sibylle

Les enchères pour ce lot sont terminées

June 13, 01:12 PM GMT

Estimation

12,000 - 18,000 EUR

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Description

Jan van den Hoecke

Anvers 1611 - 1651

Une Sibylle


Huile sur toile

103,8 x 76,5 cm ; 40⅞ by 30⅛ in.

Vente anonyme, Christie's, Londres, 12 décembre 2003, lot 8 (comme Attribué à Gaspar van den Hoecke) ;

Vente anonyme, Christie's, Londres, 23 avril 2004, lot 25 (comme Attribué à Gaspar van den Hoecke) ;

Collection particuière, Italie, 2004-2019 ;

Collection Bernard Descheemaeker - Works of Art, Anvers.

H. Lahrkamp, 1982, p. 112-113 ;

H. Vlieghe, 'Nicht Jan Boeckhorst, sondern Jan van den Hoecke, in Beiträge zum internationalen Colloquium "Jan Boeckhorst - Maler der Rubenszeit" im Westfälischen Landesmuseum Münster, dans Westfalen, LXVIII, 1990, p.166-167 ;

M. Galen, Johann Boeckhorst. Gemälde und Zeichnungen, Hambourg, 2012, p.361-362, ill. p. 364 ;

J. Sanzsalazar, 'Jan van den Hoecke (1611-1651), el pintor de Sibilas: exito, inspiracion y dispersion de una iconografia muy personal", dans Philostrato, Revista de Historia y Arte, janvier 2019, p. 5-32.

Fils de Caspar van den Hoecke, dont il fut l’apprenti, Jan van den Hoecke (1611-1651) fut l’un des principaux assistants de Rubens. Après un séjour de 1635 à 1644 à Rome, où il se rapproche du collectionneur Cassiano dal Pozzo, il devient le peintre de cour de l’empereur Ferdinand III à Vienne, avant de rentrer en 1647, en Flandres, où il enrichit les collections de l’archiduc Léopold Guillaume.


Dans son œuvre, il privilégie les sujets historiques, religieux et allégoriques, développant un style qui évolue vers le classicisme, entre baroque flamand, influences de Van Dyck et de Rubens, et idéalisation italienne. Avec une palette riche et lumineuse, et portant une attention particulière au rendu des chairs et drapés, il réalise notamment une série de Sibylles, longtemps attribuées à d’autres peintres de l’école de Rubens.


La représentation de ces figures prophétiques de l’Antiquité souvent associées à la préfiguration du Christ dans la tradition chrétienne est un thème répandu à Anvers au XVIIe siècle. Apparaissant comme des échos des prophètes de l’Ancien Testament, elles permettent aux artistes de faire converger, dans l’iconographie, l’érudition humaniste, le goût pour l’Antique et des symboles religieux. Elles ornaient ainsi des églises, bibliothèques et cabinets privés.


Comme dans sa Sibylle Agrippina (vers 1630, Düsseldorf, Museum Kunstpalast, M 125) qui tient un fouet et la couronne d’épines – symboles de la Passion du Christ –, notre Sibylle est représentée assise, en buste, drapée dans de riches étoffes, portant elle aussi des attributs et une inscription prophétique. La tête et le regard tournés vers le ciel, semblant tirer sa sagesse du Très-Haut, elle fait de sa main droite un geste de parole, tandis que la gauche tient un livre ouvert, sur lequel est inscrit :

« De excelsis coelorum habitaculo Et nascetur in diebus novissimis de virg[in]e hebraea in cunabulis terr[a]e » (Depuis la demeure élevée des cieux, Il naîtra aux derniers jours d'une Vierge hébraïque, dans les langes de la terre).


Ce vers, tiré du Discordantiae sanctorum doctorum Hieronymi et Augustini. Sibyllarum et Prophetarum de Christo vaticinia par Filippo Barbieri, au XVe siècle, est associé par l’auteur à la Sibylle Hellespontique, nous permettant d’identifier notre sujet. Entre sagesse païenne et révélation chrétienne, elle s’appuie ainsi sur un panier en osier qui peut représenter le berceau évoqué dans le vers mais également celui dans lequel Moïse a été déposé sur le Nil – figure de l’Ancien Testament souvent interprétée comme une préfiguration du Christ dans l’exégèse chrétienne.


Nous connaissons à ce jours trois autres versions de cette Sibylle. La première, qui semble de qualité plus faible, provient des collections du vicomte de Roda. Saisie pendant la guerre civile espagnole, elle n’est connue que par une photographie et porte l’inscription « HELESPOTICA ». La deuxième, sous le nom de Sibylle sans nom, appartient à la série Campbell en Ecosse. La troisième se trouve au musée Tessé au Mans (inv. 10.647).