
La Bataille des Pyramides
Auction Closed
June 25, 05:03 PM GMT
Estimate
80,000 - 120,000 EUR
Lot Details
Description
François-André Vincent
Paris 1746 - 1816
La Bataille des Pyramides
Plume et encre noire, lavis sepia sur traces de pierre noire et mis au carreau
Signé, localisé et daté en bas à droite sur le support du canon Vincent / Paris 1810
465 x 847 mm
Collection de l'artiste ;
Son inventaire après décès ;
Sa vente après décès, Paris, 17-19 octobre 1816, lot 61 ;
Descendance de François Griois, beau-frère de l'artiste ;
Collection particulière, Gisors, dans les années 1970 ;
Vente anonyme, Me Grandin, Paris, Hôtel Drouot, 13 février 1981, sans numéro ;
M. W. Brady, New York, en 1984 ;
Vente anonyme, Sotheby's, Paris, 27 juin 2002, lot 110 ;
Où acquis par l'actuel propriétaire.
Napoleon: An Intimate Portrait. A travelling exhibition from the Russell Etling Company featuring the Collection of Pierre-Jean Chalençon, Catalogue by Pierre-Jean Chalençon, Brett Topping and Russell Hull Etling, Russell Etling Company, 2005-2011, p. 18 ;
Versailles, Les Guerres de Napoléon. Louis François Lejeune, général et peintre, février-mars 2012, n° 83 ;
Rueil-Malmaison, Napoléon, la passion d'un collectionneur, collection Chalençon, septembre-novembre 2012 (sans catalogue).
New York French Drawings', in The Burlington Magazine, CXXVI, août 1984, p. 523-524, fig. 46 ;
J. Foucart et M. Laclotte, Nouvelles acquisitions du Département des Peintures (1983-1986), Paris, 1987, p. 142 ;
J.-P. Cuzin, 'Un bel échec : La Bataille des Pyramides de François-André Vincent', dans Mélanges offerts à Pierre Arizzoli-Clémentel, Versailles, 2009, p. 102-105, fig. 7, note 26;
J.-P. Cuzin, François-André Vincent 1746-1816 entre Fragonard et David, Paris, 2013, p. 502, n° 666 D ;
P.-J. Chalençon, Napoléon. La collection, Paris, 2019, p. 18-21 (comme commande de Napoléon pour le Château de Grosbois).
A la demande du maréchal Berthier qui aménageait une galerie des batailles dans son château de Grosbois, près de Boissy-Saint-Léger, François-André Vincent exécuta entre 1809 et 1810 une Bataille des Pyramides, bataille à laquelle Berthier avait participé. Cette grande toile (185 x 340 cm) glorifie l’armée française qui, sous le commandement de Bonaparte, écrasa les Mameluks, ouvrant ainsi la route du Caire où elle entra le 24 juillet 1798.
Le grand dessin présenté ici est identique au tableau. Il s’agit donc presque certainement d’une reprise et non d’un projet, ce que confirme l’absence de toute variante. L’artiste a conservé ce dessin jusqu’à sa mort, probablement pour garder le souvenir de la longue et éprouvante histoire de sa Bataille des Pyramides (cf. Jean-Pierre Cuzin, op. cit., p. 502).
La composition du dessin est dynamique tout en restant structurée et aérée. La plume saisit avec fougue les Mameluks à gauche, se repliant en désordre tandis qu’à droite l’armée française, dirigée par Bonaparte, avance en rangs serrés. En choisissant une mise en page lisible, en évitant le choc des combattants et la confusion qui s’ensuit, Vincent se rappelait certainement les insurmontables difficultés qu’il rencontra lors de l’élaboration de l’immense toile de même sujet (environ 9 mètres de long) qui lui fut commandée en 1800. Elle fut « la grande entreprise, et le grand échec de la fin de la carrière de Vincent qui ne put (la) mener à bien » (cf. Jean-Pierre Cuzin, op. cit., p. 494).
D’importants travaux préparatoires existent (dessins et toiles), qui montrent l’énergie déployée par le peintre pour venir à bout de ce projet titanesque. Ils sont conservés pour la plupart dans des musées. Quant à la toile inachevée, très endommagée aujourd’hui, elle se trouve à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris.
Artiste original, magnifique dessinateur et excellent portraitiste, François-André Vincent tient une place très importante dans la peinture française de la fin du XVIIIe siècle, quoique son talent ait souvent été occulté par celui de son contemporain et rival David. Il fut l’un des promoteurs des sujets empruntés à l’Antiquité, comme à ceux mettant en scène l’Histoire de France.