
Vente aux enchères clôturée
June 25, 05:03 PM GMT
Estimation
40,000 - 60,000 EUR
Description du lot
Description
deuxième grandeur, d'après un modèle de Antoine-Denis Chaudet, portant une draperie épinglée à l'épaule, orné d'une couronne de laurier, sur une base en marbre bleu turquin portant l'initiale "N" dans une couronne de laurier en bronze doré, tampon de la manufacture de SÈVRES au dos, marques en creux A.B./A.B. 31. dec.dz. n°.2 (pour Alexandre Brongniart/Alexandre Brachard, 31 décembre 1812, no. 2)
Haut. 36,5 cm ; Height 14 3/8 in.
Haut. avec socle 45 cm ; Height with base 17 3/4 in.
Larg. 31 cm; Width 12 1/4 in.
Le buste de Napoléon est créé à Sèvres en 1811, et reflète la capacité de la manufacture pour s'adapter très rapidement aux changements politiques et aux messages diplomatiques de son principal commanditaire et mécène. Ce buste est réalisé d'après un modèle entier de Napoléon Premier en législateur, exécuté par le sculpeur Antoine-Denis Chaudet (1763-1810) en 1804 pour l'entrée du Corps Législatif à Paris d'où il sera retiré en 1815 pour être offert par Louis XVIII à Frederick William III, roi de Prusse. Un autre exemplaire de ce modèle, d'après Chaudet, réalisé par les ateliers de Carrare sous la direction de Bartolini est conservé au château de Compiègne (inv. C.31.D.9).
Chaudet a déjà fourni à Alexandre Brongniart, directeur de la manufacture, des modèles de bustes en hermès en 1804, sur des bases carrées avec le nom "Napoléon" inscrit sur le devant et réalisé en deux tailles dès 1805. Le modèle le plus ancien a servi de portrait officiel de l'Empereur pendant tout son règne et les versions en biscuit de Sèvres étaient livrées à travers tout le royaume, et pouvaient également être des cadeaux diplomatiques. Notre buste, de deuxième grandeur, est une version plus "romaine" réalisée par Chaudet. Dans son article Marcel Gastineau (1934) paru dans le Bulletin de la Société de l’Histoire de l’Art Français, 1934 , pp. 159-168, note que le nouveau buste de Napoléon était préparé à la manufacture en août 1810 probablement sous la direction d'Alexandre Brongniart père. Réalisé d'après les modèles de Chaudet, le nouveau modèle diffère par son adjonction des épaules, d'une couronne de laurier et d'une draperie. Dès 1811 les premiers exemplaires sont produits, tout d'abord dans la deuxième grandeur, plus petite, en avril 1811 puis en "grandeur nature" en juin de la même année. Les archives de la manufacture conservent un document de Brongniart lui-même expliquant que ce buste est un pendant de celui de l'Impératrice Marie-Louise produit en décembre 1811, d'après une commande de Brongniart à Bosio "un buste en biscuit de sa majesté Impériale, l'Impératrice [...], de taille plus grande que nature et réalisée pour faire un pendant avec le buste de l'Empereur réalisé par Chaudet".
L'introduction de ce nouveau modèle imposant, stylistiquement si proche des modèles romains des bustes de César, reflète le souhait de Napoléon d'utiliser la porcelaine de Sèvres comme un outil de propagande, pour promouvoir l'image impériale du conquérant, aussi bien dans le pays que dans toute l'Europe et pour rappeler aux souverains étrangers, à qui il pouvait offrir ces bustes, son souhait de dominination du continent.
Notre buste, de la deuxième grandeur, devait probablement reposer sur une base portant les initiales en bronze doré de l'Empereur sur le devant. Dans son article de 1934, Gastineau relate que seuls dix-neuf exemples de ce buste de deuxième grandeur sont mentionnés dans les archives de la manufacture entre 1811 et la chute de l'Empire. Cependant, la rareté de ce modèle suggère également que la plupart des bustes ont été détruits en 1814 lors du premier exil de Napoléon sur l'île d'Elbe. Seulement six bustes de première grandeur ont quitté les ateliers de Sèvres entre 1811 et 1814, probablement du à la difficulté de réalisation d'un si grand modèle, dont l'un est conservé au musée du Louvre (inv. OA 10420).