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Property from an Important Brazilian Collection I Provenant d'une Importante Collection Brésilienne

Friedensreich Hundertwasser

La vallée bleu-verte dangereuse aux avions ultrason

Lot Closed

December 5, 01:26 PM GMT

Estimate

150,000 - 200,000 EUR

Lot Details

Description

Property from an Important Brazilian Collection

Friedensreich Hundertwasser

1928 - 2000

La vallée bleu-verte dangereuse aux avions ultrason


signed, dated 1956 and inscribed (on the reverse)

oil extended with chalk on canvas

157 x 118 cm; 61¾ x 46½ in.

Executed in 1956. 


This work is recorded on The Hundertwasser non-profit foundation website under the no. 247. 

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Provenant d'une Importante Collection Brésilienne

Friedensreich Hundertwasser

1928 - 2000

La vallée bleu-verte dangereuse aux avions ultrason


signé, daté 1956 et inscrit (au dos)

huile et craie sur toile

157 x 118 cm ; 61¾ x 46½ in.

Exécuté en 1956.


Cette œuvre est répertoriée sur le site de The Hundertwasser Non-Profit Foundation sous le no. 247. 

Studio Paul Facchetti, Paris

Francisco Matarazzo Sobrinho, São Paulo

Maria Martins, Brazil (acquired from the above)

Thence by descent to the present owner

Amsterdam, Stedelijk Museum; Eindhoven, Stedelijk Van Abbe Museum, Kunst uit oostenrijk, 16 November 1956 - 26 January 1957, no. 117

Kunstmuseum St. Gallen, 1957

Staatliches Kunstmuseum, Baden-Baden, 1959

Sao Paulo, Bienal do Museu de Arte Moderna, 1959, no. 21

Hannover, Kestner-Gesellschaft, Hundertwasser, 25 March - 3 May 1964, p. 141, no. 247 (titled La Vallée Verte de Bleue Dangereuse Aux Avions Ultra Son)

Andrea Christa Fürst, Hundertwasser 1928-2000, Catalogue Raisonné, Cologne, 2002, Vol. II, pp. 307-308, illustrated


New visions are true transgangetic winds that will clean and heal us. I hope you understand, the valley green of blue Asian or not, so dangerous for ultra-sound planes. It's wonderful.” (Written on April 13, 1956, for the exhibition at Galerie Paul Facchetti, Paris)


Friedenreich Hundertwasser's words about this painting were, to say the least, sibylline. A painter committed to the cause of nature, through numerous manifestos and speeches for which the years 1956 and 1957 were particularly prolific, here he is creating a valley hostile to ultrasonic, or should we say supersonic, aircraft (when the limit of the sound “wall” had just been crossed a few years ago)?


A painting with purifying virtues like the sacred waters of the Ganges - these are the powers of truly new visions, in any case, for a man who had initiated his first spirals three years earlier. They rise (or fall) in bluish volutes like vapors chasing those terrible iron birds, symbols of a technological modernity the artist abhorred, piercing this gray background ordered by vertical and horizontal lines.


Of this work he also said: “Finding a name is a gradual process, analogous to creating a picture. It is a unique confluence of poetry and painting. The name of a picture must never express what can be seen in the picture as it is,but should be a continuation of the picture with other means. [...] These are layers of consciousness that have to be turned like pages in order to look at such a picture […] At any rate, in coming up with a name, a similar mechanism is brought to bear as in the intuitive creation of the picture.” Hundertwasser 1928-2000, Catalogue Raisonné, Vol. 2, Taschen, Cologne, 2002, p. 308


Born in Vienna, the cradle of psychoanalysis, his paintings can be “peeled back” in the same way as the veils covering our unconscious are lifted one by one. Hundertwasser's spirals, formed by his irregular lines, settle on the canvas like deposits of organic matter on the ground, or the rings of a tree trunk, gradually enclosing the impurities he transfigures, using a wide variety of materials. The name, then, is no longer to be considered in terms of the fixed aspect of our incomprehension, but rather through the obsessive motif of the spiral, which grows concentrically like a plant, where we recognize here and there the woody rings and cell membranes to multiply its meanings. Whether centripetal, becoming the site of a regression towards a center, a matrix, or centrifugal in the expansion of a deep self towards the world, it is a song of unison with nature, echoing up the valley to reach the peaks that enclose it, cheerful pictorial modulations of a cheerful yodel. Then, one day, Hundertwasser's vision, like the voices of those left in the hollows of the mountains, will be heard by those who too quickly fly over them.

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 « Les nouvelles visions sont de véritables vents transgéniques qui vont nous nettoyer et nous guérir. J'espère que vous comprenez, la vallée verte du bleu asiatique ou non, si dangereuse pour les avions à ultra-sons. C'est merveilleux. » (Ecrit le 13 avril 1956, pour l'exposition à la Galerie Paul Facchetti, Paris)


Ainsi s’exprimait en des termes pour le moins sibyllins Friedenreich Hundertwasser quant à ce tableau. Peintre engagé en faveur de la nature, à travers de nombreux manifestes et discours pour lesquels les années 1956 et 1957 furent particulièrement prolifiques, le voici qu’il crée une vallée hostile aux avions ultrason, ou devrions-nous lire supersoniques (alors que la limite du « mur » du son venait d’être franchie il y a quelques années à peine) ?


Une peinture aux vertus purificatrices telle les eaux sacrées du Gange, voilà les pouvoirs qu’ont en tout cas les visions véritablement nouvelles, lui qui avait initié ses premières spirales trois ans plus tôt. Elles s’élèvent donc (ou se déposent) en volutes bleutées comme des vapeurs chassant ces terribles oiseaux de fer, symboles d’une modernité technologique que l’artiste abhorrait, perçant ce fond gris ordonnancé par des lignes verticales et horizontales. 


De cette oeuvre il disait également : « Trouver un nom est un processus graduel, analogue à la création d'un tableau. C'est un mélange unique de poésie et de peinture. Le nom d'un tableau ne doit jamais exprimer ce que l'on peut voir dans le tableau tel qu'il est, mais doit être une continuation du tableau avec d'autres moyens. [...] Ce sont des couches de conscience qu'il faut tourner comme des pages pour regarder un tel tableau [...] Quoi qu'il en soit, pour trouver un nom, un mécanisme similaire à celui de la création intuitive du tableau est mis en œuvre. » Hundertwasser 1928-2000, Catalogue Raisonné, Vol. 2, Taschen, Cologne, 2002, p. 308


Né à Vienne, berceau de la psychanalyse, il s’agit peut-être d’ « éplucher » ses tableaux comme l’on lèverait un à un les voiles qui recouvrent notre inconscient. Ainsi des spirales d’Hundertwasser, formées de leurs lignes irrégulières, se sédimentent sur la toile comme les dépôts de matière organique sur le sol ou les cernes d’un tronc enserrant peu à peu les impuretés qu’il transfigure, à l’aide d’une grande diversité de matériaux. Le nom n’est plus donc plus à considérer sous cet aspect figé de notre incompréhension mais au contraire par le biais du motif obsessionnel de la spirale, qui croît de manière concentrique tel un végétal où l’on reconnait ici et là les anneaux ligneux et les membranes cellulaires pour en multiplier les significations. Qu’elle soit centripète, devenant le lieu d’une régression vers un centre, une matrice ou centrifuge dans l’expansion d’un moi profond vers le monde ; elle est un chant d’unisson avec la nature, dont l’écho monte le long de la vallée pour atteindre les cimes qui l’enserrent, allègres modulations picturales d’un gai yodel. Alors un jour la vision d’Hundertwasser tout comme les voix de ceux restés au creux des montagnes seront entendues par les personnes qui trop rapidement les survolent.