
Du XVe au XIXe siècle ─ Lots 1 à 49
Poème autographe signé, paru dans Les Rayons et les Ombres : "Écrit sur le tombeau d'un petit enfant au bord de la mer". Provenance Auguste Vacquerie.
Lot Closed
December 18, 01:34 PM GMT
Estimate
2,000 - 3,000 EUR
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Description
Hugo, Victor
Poème autographe. [Les Rayons et les Ombres. XXXVIII. Écrit sur le tombeau d'un petit enfant au bord de la mer"].
[Vers 1840 ?].
Grand feuillet in-4 (253 x 203 mm à vue). Signé "V.H." à l'encre brune. Cachet à froid de la ville de Bath. Encadrement moderne à baguette d'acajou (380 x 330 mm).
Poème autographe, ayant appartenu à Auguste Vacquerie.
Ce poème de 4 quatrains a paru en 1840 dans le recueil Les Rayons et les Ombres sous le titre "XXXVIII, Écrit sur le tombeau d'un petit enfant au bord de la mer". Il présente une variante par rapport au texte imprimé.
Voir infra pour une retranscription complète.
L'amitié qui liait Victor Hugo et Auguste Vacquerie donne à ce poème "écrit sur le tombeau d'un petit enfant au bord de la mer" une saveur toute particulière : on se souviendra en effet que c'est lors d'un séjour dans la propriété des Vacquerie que Léopoldine et Charles, frère d'Auguste, moururent noyés le 4 septembre 1843, lorsque leur barque chavira dans la Seine peu de temps après leur mariage. Cet accident tragique ne fit que renforcer les liens qui unissaient Auguste Vacquerie à la famille Hugo. Collaborant dès le mois d'août 1848 à l'Événement, journal fondé par les fils Hugo et Paul Meurice, il réalisa pendant ses visites à Marine Terrace, de nombreux portraits photographiques des Hugo. Exécuteur testamentaire du poète, avec Paul Meurice, il s'occupa des éditions posthumes.
Auguste Vacquerie.
Mme André Gaveau, descendante d'Auguste Vacquerie.
"Vieux lierre, frais gazon, herbe, roseaux, corolles ;
Eglise où l'esprit voit le Dieu qu'il rêve ailleurs ;
Mouches qui murmurez d'ineffables paroles
A l'oreille du pâtre assoupi dans les fleurs ;
Vents, flots, hymne orageux, chœur sans fin, voix sans nombre ;
Bois qui faites songer le passant sérieux ;
fruits qui tombez de l'arbre impénétrable et sombre ;
Étoiles qui tombez du ciel mystérieux ;
oiseaux aux cris joyeux, vague aux rumeurs [plaintes dans la version imprimée] profondes ;
froid lézard des vieux murs dans les pierres tapi ;
plaines qui répandez vos souffles sur les ondes ;
Mer où la perle éclot, terre où germe l'épi ;
Nature d'où tout sort, nature où tout retombe,
feuilles, nids, doux rameaux que l'air n'ose effleurer,
Ne faites pas de bruit autour de cette tombe ;
Laissez l'enfant dormir et la mère pleurer.
V. H."